La chronique de Pauline Delassus. La justice avec Adèle Haenel
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Quand Adèle Haenel a crié « La honte ! » à la victoire de Roman Polanski aux Césars, lorsqu'elle a annoncé arrêter le cinéma « pour dénoncer la complaisance généralisée du métier vis-à-vis des agresseurs sexuels » et se consacrer à une lutte d'extrême gauche, les réactions d'éditorialistes et d'internautes - femmes et hommes - furent aussi cruelles que misogynes. « Pathétique », « grotesque », « bourgeoise culpabilisée », « consternante », « sous emprise », « visage tordu de haine », « simpliste », peut-on lire à son sujet dans des publications des deux dernières années.
La plainte pour agressions sexuelles sur mineure déposée par la comédienne contre le réalisateur Christophe Ruggia, comme sa description précise des faits allégués sur le site Mediapart, s'en sont trouvées amoindries, sa parole discréditée. En moquant ses élans d'activiste radicale et son lyrisme militant, les commentateurs ont oublié l'essentiel : le rôle précurseur qu'Adèle Haenel a joué dans le MeToo français et la gravité des accusations qu'elle porte. Jusqu'à ce 9 décembre.
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Lundi, au tribunal de Paris, la justice a montré à quel point elle est une alliée du féminisme et du combat contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Les déclarations circonstanciées de la plaignante, ses confidences à plusieurs personnes au fil des années, la défense bancale du mis en cause, les récits de plusieurs témoins clés appelés à la barre ont permis de comprendre les raisons de la colère d'Adèle Haenel, sa détermination autant que sa détresse.
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