Depuis le 1er octobre, Claude Onesta n'est plus le manager de la haute performance de l'Agence nationale du sport (ANS) mais la transition avec son successeur, Yann Cucherat, sera actée jeudi lors du conseil d'administration. Avec une enveloppe « stabilisée » à 108,5 millions d'euros. « On s'est battus pour ça mais on s'en sort bien », indique Yann Cucherat, qui compare ce montant à « deux mois de budget du PSG pour alimenter 67 fédérations » et pousse désormais pour une rallonge Alpes 2030. Malgré le contexte d'économies budgétaires, il perçoit des « signaux positifs » auprès de ses interlocuteurs.
Créée en 2019 avec pour objectif de faire entrer la France dans le top 5 olympique et le top 8 paralympique, l'ANS a été « légitimée » par les résultats de Paris 2024, « un accélérateur, pas une fin en soi ». Elle entre dans sa « deuxième vie » et « une autre temporalité » avec Milan 2026, Los Angeles 2028 ou Brisbane 2032 à l'horizon. « On ne va pas tout bousculer mais améliorer et embarquer plus de monde, annonce l'ancien gymnaste, qui compte affiner le suivi individualisé des athlètes prioritaires et le plan coach. Nous ne sommes pas une agence qui distribue de l'argent mais qui accompagne des projets. »
Yann Cucherat veut lui-même se faire challenger sur sa stratégie. Il a ainsi sondé de nombreux athlètes, dont certains en activité, afin qu'ils intègrent une cellule à ses côtés. Une sorte de commission d'experts qui se réunira deux ou trois fois par an pour apporter un regard aiguisé sur les grandes orientations, et à qui des missions pourront éventuellement être confiées. Marie-José Pérec, Stéphane Diagana, Mélina Robert-Michon, Jean-Philippe Gatien, Élodie Clouvel, Gévrise Émane ou encore Sarah Ourahmoune ont dit oui. « Ce ne sont pas des noms pour faire joli mais pour avoir un avis dans un enjeu de performance. Une médaille donne envie aux jeunes de pratiquer et met un pays à l'unisson. »