A deux jours du coup d'envoi des JO d'été, le Comité international olympique a finalement attribué les JO d'hiver de 2030 aux Alpes françaises, mais sous conditions.
[Article publié le mercredi 24 juillet 2024 à 10h43 et mis à jour à 12h57] Bonne nouvelle pour la France. Le Comité international olympique (CIO) a attribué ce mercredi « sous conditions » les JO d'hiver de 2030 aux Alpes françaises. Ce sera une deuxième édition olympique en six ans pour le pays après les Jeux d'été qui s'ouvrent ce vendredi à Paris.
Seule en lice depuis qu'elle a supplanté en novembre dernier la Suède et la Suisse, la France « organisera les 26e Jeux d'hiver » sous réserve de fournir les garanties financières de l'Etat et des régions, a annoncé le président du CIO Thomas Bach, sans détailler le résultat du scrutin. Alors que l'actuel gouvernement est chargé des « affaires courantes », le futur Premier ministre devra fournir au CIO la garantie de l'Etat « avant le 1er octobre », a-t-il précisé. Cette garantie devra être ratifiée par le Parlement « au plus tard le 1er mars ».
Emmanuel Macron, venu en personne à la présentation de la candidature française devant le Comité international olympique (CIO) à Paris, confiait la veille espérer que la France remporte cette attribution.
«Ce serait formidable pour nos Alpes et ce serait formidable pour inventer aussi le modèle de Jeux d'hiver de demain qui doit être plus durable, qui doit s'adapter aux changements climatiques», a-t-il ainsi déclaré sur France 2, France Inter et Franceinfo.
Il n'a pas tardé à se féliciter sur le réseau social X (ex-Twitter) de ce dénouement : « Merci au CIO pour sa confiance en notre pays et sa montagne », a-t-il notamment écrit.
Mais alors que le pays fait face à une instabilité politique, le président a voulu rassurer en précisant aux membres du CIO qu'il demanderait au prochain Premier ministre d'assurer la « garantie » financière de l'Etat jusqu'ici manquante en raison de la crise politique.
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«Je confirme mon engagement et mon engagement total et l'engagement total de la nation française», a-t-il dit en anglais, ajoutant qu'il allait «demander au prochain Premier ministre non seulement d'inclure cette garantie mais aussi de promulguer une loi olympique».
L'instance a voté dans la foulée de son intervention. En effet, la dissolution surprise est venue percuter de plein fouet le dossier et l'absence de majorité claire issue des législatives n'a rien arrangé : faute de gouvernement de plein exercice, la garantie financière qui doit compléter le dossier du CIO et doit émaner du Premier ministre n'a pas pu être apportée par la France.
Le président du CIO, Thomas Bach, avait prévenu mardi soir qu'il ne pourrait y avoir, comme initialement prévu il y a quelques semaines, de vote inconditionnel « sans garantie confirmée ». Et le vice-président du CIO, John Coates, a également prévenu ce mercredi que le CIO ne signerait « pas le contrat de ville hôte jusqu'à ce que les garanties soient reçues ».
Le CIO attribue les JO d'hiver de 2034 à Salt Lake City
Pour 2034, ce sera ensuite au tour de la ville de Salt Lake City aux Etats-Unis d'accueillir les JO d'hiver, six ans après ceux de Los Angeles en 2028. La désignation de la capitale de l'Utah, déjà hôte des JO-2002 et qui dispose de toutes les infrastructures, ne faisait aucun doute depuis que le CIO l'a retenue en novembre dernier pour entrer en « dialogue ciblé ». Elle a été validée par 83 voix, contre 6 votes négatifs et 6 abstentions.
«Nous sommes prêts, tout est en place», a d'ailleurs assuré le patron de la candidature, Fraser Bullock, face aux membres du CIO réunis à Paris pour leur 142e session.
Mais une ombre s'est installée entre le monde olympique et les Etats-Unis, s'invitant dans les débats mercredi et jusque dans le nouveau contrat de ville-hôte : l'affaire des 23 nageurs chinois contrôlés positifs en 2021 sans être sanctionnés. Fait sans précédent, le CIO a introduit dans l'accord avec Salt Lake City une clause d'annulation « au cas où l'autorité suprême de l'Agence mondiale antidopage n'est pas pleinement respectée », a expliqué John Coates, vice-président de l'instance olympique.
L'ouverture par la justice américaine d'une enquête pénale sur la gestion de ce dossier par l'Agence mondiale antidopage (AMA) alarme l'instance basée à Lausanne et les fédérations internationales, redoutant que les Etats-Unis ne s'érigent en nouveau gendarme de l'antidopage au nom de la loi Rodchenkov, par laquelle ils s'attribuent une compétence extraterritoriale.
Les futurs organisateurs et le comité olympique américain (USOPC) sont même priés « de s'engager dans les discussions qui doivent être tenues avec diverses autorités aux Etats-Unis » - en clair de faire pression sur le patron de l'antidopage américain Travis Tygart et le gouvernement - « pour que celles-ci respectent pleinement l'autorité de l'AMA », a ajouté John Coates.
Tour à tour, Fraser Bullock et le président de l'USOPC Gene Sykes, qui doit être élu au CIO mercredi après-midi, ont multiplié les assurances de leur soutien au rôle de l'AMA « comme autorité ultime de l'antidopage ». « Vous nous aurez à vos côtés dans la recherche d'une solution à ce problème », leur a lancé Thomas Bach, le président du CIO.