Symbole de liesse lors des JO, le quartier touristique du 18e arrondissement de Paris est un bouquet final spectaculaire du Tour de France.À l'heure de la première des trois ascensions de la côte de la butte Montmartre, vers 18h 30, Bilal Aouffen aura terminé son travail du jour loin de là, à Spa-Francorchamps, au Grand Prix de Belgique de formule 1. Le photographe canadien s'est fait connaître pendant les Jeux olympiques grâce à une image spectaculaire de la rue Lepic prise pendant la course en ligne masculine. Un instantané vite comparé à une toile du peintre impressionniste Claude Monet.
Pour cette épreuve, le pigiste employé par le comité d'organisation cherchait un point de vue en hauteur. Au culot, il s'était fait ouvrir la porte d'un appartement situé au premier étage d'un immeuble, au-dessus d'un restaurant. Trois fenêtres couvraient le virage et le début de la montée. À chaque passage, il se déplaçait. De la fenêtre du milieu, il a pris le cliché qui a « changé [sa] carrière ». Mais pas que.
Le photographe en est persuadé : son image, citée par Emmanuel Macron comme l'une des trois plus marquantes de l'année, « a convaincu les organisateurs du Tour de France de revenir à Montmartre ». En partie grâce à lui, l'engouement et l'énergie du quartier ont imprimé les rétines. « Sans les Jeux, il est probable que personne n'aurait pensé à inclure ces rues dans le tracé de l'ultime étape », pense Eric Lejoindre, maire socialiste du 18e arrondissement, qui n'a pas oublié la « magnifique » photo.
Entre l'équipe municipale d'Anne Hidalgo, les élus locaux et les organisateurs de la Grande Boucle, les premiers échanges ont eu lieu à l'automne. Un long travail technique a été nécessaire pour dessiner et sécuriser le parcours, qui emprunte des rues et des places parmi les plus visitées et étroites de la capitale. Un casse-tête jusqu'à l'officialisation tardive, le 13 mai. L'élu, plus impatient qu'inquiet, s'attend à un moment « historique ».