Largué à 2 800 kilomètres du concurrent le plus proche, le Hongrois Szabolcs Weöres souffre de la situation. Qui n’est pas sans danger…Szabolcs Weöres rêvait d'exploit solitaire, mais n'en demandait pas tant. Sur la route du Vendée Globe, le Hongrois de 51 ans pointe à 1 500 milles (2 800 kilomètres) de son concurrent le plus proche, le Chinois Jingkun Xu, et à 5 200 milles (9 700 kilomètres) du leader, Charlie Dalin. Au rythme où il navigue (7 nœuds de moyenne), « Szabi » sait qu'il n'est pas près de croiser une autre quille que la sienne.
La cartographie de la course montre son monocoque (New Europe) à la traîne, comme oublié des autres, même de la flotte de retardataires qui se tiennent chaud en meute. Tous savent qu'ils pourront agiter un fumigène vers un voisin en cas de pépin. Le peloton et les leaders aussi. Pas lui. Le novice du tour du monde en solitaire affrontera seul les tumultes, dont ceux, terrifiants, du Grand Sud.
Ce père de trois enfants n'en est pas là. Sa voix nous parvient depuis le (grand) large des côtes de l'Angola. Claire et posée. Derrière, on entend la mer. Les voiles qui claquent au vent. « Je suis assez relax, souffle-t-il. Le temps est calme, tout va bien à bord. » Si la beauté du Vendée continue de le frapper, Szabi n'est pas du genre à faire semblant. Assez vite, sa solitude perce : « Ce qui est très dur à vivre, c'est cet écart si important avec le reste de la flotte. Je ne m'y attendais vraiment pas. »
Moins d'une semaine après le départ, des vagues de 4 mètres ont couché son bateau. Sa grand-voile a été déchirée, laissant apparaître un trou de la taille d'un grand hublot. Son petit gennaker aussi. Impossible de raccommoder avec ce vent. Szabolcs Weöres a jeté l'ancre le 17 novembre près de Las Palmas (Canaries). Il a bricolé puis repris la mer le lendemain soir, heureux d'avoir évité l'abandon. Mais très en retard.