L'Europe est notre force

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En vue des élections des députés au parlement européen, Hervé Morin, ministre de la Défense, justifie les raisons de la constitution de listes communes du mouvement qu'il préside, le Nouveau Centre, avec l'UMP. Elles peuvent se formuler en trois temps : la nécessité de refaire de cette élection un enjeu politique majeur, qui puisse constituer une réponse réelle à la crise et un exemple à suivre pour le monde.

La campagne des élections européennes est ouverte. à moins de cent jours du scrutin, les partis politiques achèvent la constitution de leurs listes. Au Nouveau Centre, nous avons fait le choix de l?union avec nos partenaires de l?UMP, parce que la crise économique rend plus que jamais nécessaire le rassemblement de la majorité.

Pour nous, centristes, l?Europe n?est pas seulement une construction, c?est un socle de valeurs communes que notre famille politique a portées à travers l?histoire : la liberté, l?humanisme, les solidarités, le désir et la volonté de paix. Au cours de la campagne, le Nouveau Centre entend porter trois messages.

Le premier, c?est qu?il faut remettre de la politique en Europe. Voilà trente ans cette année que les députés européens sont élus directement par les citoyens. Le parlement européen est le seul exemple au monde d?une assemblée transnationale dotée du pouvoir de fabriquer des lois contraignantes. Cela devrait faire des élections européennes un rendez-vous démocratique majeur. Elles restent pourtant un rendez-vous manqué.

L?abstention massive a une explication : l?absence d?enjeu politique. Qu?ils veulent une Europe plus sociale, plus libérale ou plus conservatrice, les électeurs ont en effet le sentiment que leur vote, quel qu?il soit, ne changera rien aux destinées de l?Europe. Pour remettre de la politique en Europe, il faut avoir le courage de renoncer à un consensus qui paralyse la démocratie. L?Europe a besoin de clivage. Elle a besoin d?une majorité et d?une opposition comme cela existe dans nos démocraties nationales.

Les citoyens doivent pouvoir connaître le nom du futur président de la Commission selon le résultat des élections. Cela contribuera à européaniser un scrutin qui n?est encore que la juxtaposition de vingt-sept élections nationales. Portons ainsi l?idée que les élections européennes soient organisées partout le même jour dans le cadre de listes véritablement européennes avec des programmes élaborés en commun par les partis politiques européens.

Notre second message est que, dans la conjoncture économique actuelle, les citoyens ne demandent pas tant une Europe qui les protège qu?une Europe qui répare ce que la crise est en train de détruire. Réparer, c?est d?abord instaurer des règles de gouvernance européenne dans différents domaines que sont notamment la régulation des marchés financiers, le contrôle des agences de notation et la lutte contre les paradis fiscaux ; car l?Europe doit bien sûr porter, dans l?économie de marché, l?idée de la morale et de l?éthique.

Une Europe qui répare, c?est également une Europe qui cesse d?ériger la concurrence en dogme, voire en idéologie. Il faut adapter les règles de la concurrence pour permettre à la fois le maintien de services publics et la constitution de grands groupes européens. Aider l?industrie, c?est aussi protéger les emplois et les salariés. Car qui comprendrait que l?Europe reste inactive devant des plans sociaux dévastateurs à l?échelle européenne ? Nous proposons que l?Union se dote d?un fonds structurel socio-économique pour venir en aide directement aux secteurs économiques et aux salariés les plus fragilisés par la crise.

Le troisième message que nous entendons porter, c?est celui d?une Europe capable de projeter son modèle sur la planète. L?Europe, c?est le plus beau contrat collectif au monde. Notre projet est différent de celui des états-Unis, comme il est bien entendu différent du modèle chinois, indien ou brésilien. Il est le meilleur pour l?homme. Nous sommes porteurs d?une vision solidaire et coopérative de l?organisation du monde qui nous place à l?avant-garde sur de nombreux fronts : la lutte contre le changement climatique, avec une diplomatie environnementale qui a déjà permis de faire bouger les lignes, la promotion de la diversité culturelle et linguistique, la reconnaissance de normes sociales internationales, le dialogue des cultures et des civilisations.

Alors que la refondation du capitalisme est en marche, le sommet du G20 de Londres a été une occasion inespérée pour l?Europe de promouvoir ses valeurs. Le modèle de la compétition entre les états doit s?effacer au profit d?un modèle coopératif reposant sur le respect de la norme et du droit. C?est ce que nous avons construit avec l?Union européenne et pour le monde. Ce n?est pas une question de bon sens, c?est une question d?existence car il en va de la survie de l?humanité sur le long terme.

L?évolution du monde rend plus que jamais nécessaire l?émergence d?une véritable puissance publique européenne. Mais ayons l?honnêteté de reconnaître qu?il n?existe pas d?ambition fédérale à vingt-spet. C?est pourquoi il nous faut inventer de nouvelles formes de coopération pour surmonter les blocages et les lenteurs d?une Union élargie. On ne fera pas l?Europe des cinquante prochaines années comme nous l?avons faite depuis un demi-siècle. Il ne s?agit pas de renier les pères fondateurs mais de faire preuve de pragmatisme pour franchir une nouvelle étape de l?intégration européenne.

Tôt ou tard, les Etats qui en ont la volonté politique devront conclure entre eux un nouveau traité avec l?ambition de construire une Europe politique responsable et influente.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est bien beau tout ca mais la réalité est tout autre...Et c'est pas avec une sotte comme Manon Fouquet qu'on va faire quelque chose de l'Europe
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
excellente tribune
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci M. Morin de porter haut les valeurs du Nouveau Centre en rappelant l'importance de l'Europe pour les militants de votre parti. "L'Europe est notre force !", donc nous sommes tous partants pour soutenir nos candidats dont Damien Abad !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci M. Morin de porter haut les valeurs du Nouveau Centre en rappelant l'importance de l'Europe pour les militants de votre parti. "L'Europe est notre force !", donc nous sommes tous partants pour soutenir nos candidats dont Damien Abad !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour défendre l'Europe, pour que l'Europe soit forte, il faut des jeunes au Parlement Européen Moi je vote Damien Abad!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'Europe est certes notre force mais SEUL DAMIEN ABAD peut porter avec FORCE ce projet européen pas une inconnue sorti de nulle part!!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il faut une Europe plus forte pour concurrencer les Etats-Unis et la Chine, un Parlement avec plus de pouvoirs afin d'avoir une Europe plus démocratique.
Ajourd'hui, personne ou presque ne connaît son député européen, son action au quotidien. L'Europe a besoin de politiques communes comme sur l'énergie par exemple.
Elle a également besoin de renouvellement, de parlementaires plus jeunes.

Pour qu'il y ait des changements, Il faut mettre en avant d'autres personnalités politiques que celles que l'on connaît déja. Trop souvent, les partis politiques ont désigné des recalés aux élections locales, des personnes peu intéressées par l'Europe ne pensant qu'à une chose : revenir sur la scène nationale à la moindre occasion.

L'Europe a besoin de politiques qui l'aiment, qui iront jusqu'au bout de leur mandat, qui s'engageront à rendre compte de leurs actions, à contribuer à améliorer son fonctionnement, à s'investir au quotidien.

Pour cela, Damien Abad, tête de liste Nouveau Centre dans la région Sud-Ouest sur la liste de Dominique Baudis, mérite d'être éligible.
Comme ch'ti Vince, je vote aussi pour Damien Abad!

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