Crédit : médiation oui, bureaucratie non

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Bien sûr, ce n'est jamais assez. Bien sûr, les banques auraient pu faire plus et mieux. Bien sûr, la plainte des patrons de PME s'estimant mal compris, peu aidés ou injustement traités par leur établissement financier, conserve tout de l'antienne. Mais pourquoi ne pas le reconnaître ? La Médiation du crédit, voulue par le chef de l'Etat, soutenue sans faillir par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, est une institution qui marche.

Les chiffres publiés, hier, sont là pour le confirmer. En moins d'un an, plus de 16.000 entreprises ont trouvé en René Ricol, le médiateur, quelqu'un à qui parler. Plus de 11.000 dossiers ont été traités et, dans deux cas sur trois, avec succès ! Au total, plus de 7.000 entreprises ont pu bénéficier du crédit dont elles avaient besoin pour amortir le choc de la crise. Difficile de dire si 148.000 emplois ont bien été sauvés ou préservés à cette occasion, comme l'assurent les services du médiateur. Mais quand bien même ce ne serait que la moitié, l'institution aurait fait la preuve de son utilité.

Les banquiers, en privé, ont parfois laissé percer un certain agacement. Voire un sentiment d'injustice, quand ils faisaient remarquer qu'ils ne pouvaient accorder plus de crédits qu'il ne leur en était demandé. Ou quand ils rappelaient, à juste titre, qu'ils ne devaient pas prendre des risques qu'on viendrait ensuite leur reprocher. Mais sans la Médiation, sans son rôle d'aiguillon permanent, habilement médiatisé par René Ricol et efficacement relayé par le gouvernement, jamais les banques ne se seraient autant efforcées de sensibiliser leurs réseaux de conseillers aux entreprises. Jamais elles ne se seraient senties obligées de rendre des comptes, comme toutes l'ont fait, sur le "financement de l'économie". Jamais, elles ne se seraient lancées dans une sorte de course à l'échalote, pour assurer que la croissance de leurs encours de crédit était égale ou supérieure aux objectifs fixés par Bercy.

Sans nouveau monstre réglementaire, sans loi, décret ou texte alambiqué, la pression permanente a payé. L'émulation a été saine. La peur du gendarme de l'Elysée aussi. Avec la Médiation, Nicolas Sarkozy a trouvé une application concrète de ce "volontarisme" en politique dont il s'est fait le chantre. Dans une semaine, les missions du médiateur ayant été prorogées, René Ricol passera la main à Gérard Rameix.

L'utilité de la mesure ne fait aucun doute, le nombre des saisines étant reparti à la hausse depuis début septembre. A charge pour la jeune institution de ne pas se transformer d'aiguillon en? administration.

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