Pourquoi l'Irlande devrait augmenter son impôt sur les sociétés
Éric Albert, correspondant à Londres
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C'est devenu le principal point d'accrochage entre l'Irlande et la France : la première demande que le taux punitif imposé par l'Union européenne à son plan de secours soit abaissé ; la seconde réplique qu'il n'en est pas question si l'Irlande n'augmente pas son impôt sur les sociétés. A 12,5%, celui-ci est l'un des plus bas de tous les pays de l'OCDE, et jugé comme du dumping fiscal par Paris. Depuis trois mois, le débat a plutôt tendance à s'envenimer. "Les négociations semblent bloquées", reconnaît Dermot Clohessy, un des dirigeants de l'Investment and Development Agency (IDA), l'agence d'investissements étrangers.
Pourquoi l'Irlande s'accroche-t-elle ainsi à son bas impôt sur les sociétés ? Après plus de trois années de récession, Dublin compte relancer son économie en misant tout sur les exportations, qui comptent pour un cinquième du PIB. Cet unique espoir, seule lueur au bout du tunnel, risquerait d'être annihilé en cas d'augmentation de l'impôt sur les sociétés. Pourtant, à écouter les grandes multinationales installées en Irlande, l'argument tient difficilement.
Gabarit de joueur de rugby, pas loin de deux mètres de haut, Ron Buchan n'est pas du genre à garder sa langue dans sa poche. Le patron d'Allianz Worldwide Care, une division du groupe allemand en charge des assurances santé internationales, estime que l'impôt sur les sociétés n'était "qu'un des facteurs" qui l'a incité à s'installer à Dublin en 1999. "Nous cherchions un pays où nous pouvions trouver des gens qui parlaient différentes langues et où nous pouvions avoir un contact direct avec le régulateur financier."
Louise Phelan, qui dirige les opérations de PayPal pour l'Europe, tient le même discours : "l'impôt sur les sociétés était un facteur très bas dans la liste des raisons (de notre installation en Irlande)." Elle cite de façon proéminente la qualité de la main-d'oeuvre ainsi que l'aide apportée par l'IDA, notamment dans la recherche et développement.
Éric Albert, correspondant à Londres