Un sursis pour la Grèce et l'euro

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Par Valérie Segond, journaliste à La Tribune.

Le vote hier par les députés du Pasok du plan d'austérité sur cinq ans a donc permis d'éviter un spectaculaire défaut de la Grèce, ainsi que la contagion aux dettes publiques des autres pays en difficulté de la zone euro. Pour autant, si l'on a bien observé une détente sur les taux grecs ainsi qu'une remontée de l'euro, ce vote n'a pas changé fondamentalement le regard que portent les marchés sur la situation de la République hellénique. Pour eux, c'est clair : alors que les titres grecs à 10 ans s'échangent à 54% de leur valeur faciale, et que les assurances contre un défaut se vendent à prix d'or, il y a une très forte probabilité pour que la Grèce fasse défaut sur une dette trop importante pour la taille de son économie.

D'ailleurs, le débat sur l'opportunité pour Athènes de sortir de l'euro n'est plus diabolisé : il s'est installé chez les économistes. Quant au risque de contagion, il n'est pas écarté. Comme l'explique René Defossez chez Natixis, "si l'on accorde des conditions financières avantageuses à la Grèce pour l'aider à faire face, on voit mal l'Irlande et le Portugal accepter sans broncher les conditions que leur ont imposées il y a quelques mois leurs partenaires européens". Alors, tout cela sera-t-il sans effet sur une situation structurellement viciée de la Grèce comme de la zone euro ?

Sur ce point, deux lectures de l'avenir s'affrontent : d'un côté, les marchés qui considèrent que, faute d'avoir consenti à une restructuration franche et massive de la dette grecque, l'approche politique revient à reculer pour mieux sauter. De l'autre, les responsables politiques qui estiment qu'il n'est peut-être pas inutile de gagner quelques mois. Car si l'on finit d'ici l'automne par garantir le financement de la Grèce jusqu'en 2014, cela laissera à l'Europe le temps de construire une sortie de crise pérenne. Et avec un peu de chance, le retour de la croissance finira par stabiliser, puis alléger le fardeau grec. La croissance est bien l'inconnue majeure de cette équation insoluble. Hélas, les plans d'austérité tels que celui voté hier par le Parlement grec ne sont pas pour la favoriser.

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