Les lauriers français de la campagne libyenne

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Par Valérie Segond, éditorialiste à La Tribune

La chute désormais attendue du colonel Kadhafi va-t-elle enfin laver l'image de la diplomatie française dans les pays arabes, des malheureux atermoiements en Tunisie et en Égypte, des tractations occultes entre la France et le dictateur menées par l'intermédiaire Ziad Takieddine, révélées par « Mediapart », ou encore l'humiliation de la présence des tentes libyennes, en 2007, dans les jardins de l'hôtel Marigny ? Certes, Nicolas Sarkozy, qui doit s'exprimer la semaine prochaine devant la conférence des ambassadeurs, ne va pas manquer de faire de la campagne libyenne une grande opération de com visant à le hisser, en France comme sur la scène internationale, en grand chef de guerre à plumes. Kadhafi ne pouvait mieux tomber... pour le candidat Sarkozy. Mais, comme on dit, c'est de bonne guerre. Que n'a-t-on entendu sur une campagne aérienne inefficace, sur un enlisement de la France et de l'Otan ! Le fait que le régime de Kadhafi tombe légitimera ex post la campagne lancée en avril, fût-elle bricolée à la va-vite et polluée par la diplomatie médiatique d'un BHL ou celle plus souterraine d'un Villepin. Il faut bien reconnaître que, après la sortie des États-Unis des opérations de combat, ce sont la France et le Royaume-Uni qui ont pris le leadership d'une opération qui fut techniquement et tactiquement bien menée. Les drapeaux français flottant à Benghazi étant là pour en témoigner. Car cinq mois pour parvenir aux objectifs occidentaux, objectifs fort ambitieux dès le départ même si non déclarés, ce n'est finalement pas si long pour un régime enraciné depuis 42 ans. Un succès diplomatique donc, même si l'essentiel, à savoir la création à Tripoli d'un État fort, laïque et démocratique pour un pays unifié, reste pour l'heure très problématique. Voilà qui sera le vrai grand chantier à venir, et le vrai test, de la nouvelle diplomatie française.

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Commentaires
a écrit le 24/08/2011 à 8:36 :
Bravo à la France et à notre président d'avoir pris la sage décision d'intervenir dans le conflit interne à la Lybie. Oui il fallait intervenir sinon ou seraient nos principes des droits de l'homme. Evidemment du temps des socialistes la politique du NINI n'aurait certes pas permis cette intervention. Il en faut du cran à un Président pour s'engager ainsi. Bravo à nos militaires qui ont su mettre à profit leur technique du vol à basse altitude, ce que ne sait pas faire l'aviation américaine. C'est pour cette raison que les LYbiens faisaient davantage confiance à la France pour les frappes ciblées.

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