Ce que les politiques fiscales de la Rome antique ont à nous apprendre
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Statue du premier empereur romain, Auguste (né en 63 av. JC et mort en14 ap. J.-C.)
Reuters
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Statue du premier empereur romain, Auguste (né en 63 av. JC et mort en14 ap. J.-C.)
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L'histoire de la Rome antique fascine depuis des siècles. Comment une simple cité, constituée d'à peine quelques villages - les sept collines -, va, à partir de 750 avant J.-C., conquérir durant plusieurs siècles un immense territoire qui s'étendra de l'actuelle Angleterre jusqu'à l'Égypte, englobant tout le pourtour méditerranéen et une partie de l'Europe, avant de se disloquer en 476 après J.-C.? Jérôme France, professeur d'histoire ancienne à l'université Bordeaux-Montaigne, propose d'y répondre dans son livre "Tribut" (éd. Les Belles Lettres) (*) par une approche originale en se focalisant, comme l'indique le sous-titre, sur "une histoire fiscale de la conquête romaine".
L'ouvrage, érudit mais d'une lecture aisée, s'adresse à une large public d'autant que Jérôme France tire de son enquête des réflexions plus larges sur les caractéristiques générales de cette structure politique particulière qu'est un empire. Ainsi, au regard des volontés impériales à l'œuvre dans l'histoire du 16e au 20e siècle, "le moins que l'on puisse dire est que l'édification des empires coloniaux européens n'a pas vraiment contribué à édifier un monde plus stable", souligne l'auteur. De même, "les nazis n'ont su que piller sans retenue les pays qu'ils occupaient, asservir et affamer les populations, sans jamais se préoccuper de rallier à leur cause autre chose que des nervis tarés et des politiciens perdus", constate-t-il.
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Au contraire, Rome n'a eu de cesse d'intégrer les peuples conquis, "des milliers de communautés en fait, qui appartenaient à des milieux et à des cultures différents", rappelle Jérôme France. Pour cela, Rome accordait la possibilité de s'exprimer et de négocier, ce qui était "une forme mobilisatrice" qu'elle fondait sur la tradition et le modèle de la cité. Celui-ci perdurera malgré le passage de la royauté à la république puis à l'empire. Or, cette stabilité - relative - a été favorisée par la fiscalité. Elle "est de toutes les institutions civiques une de celles qui ont le mieux contribué à projeter ce modèle à travers l'extension universelle de l'empire", affirme Jérôme France.