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Le président des bonnes nouvelles !

Photo de Philippe Mabille

Philippe Mabille

Publié le 26 septembre 2013 à 16:58 - Mis à jour le 26 septembre 2013 à 17:46

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Les bonnes nouvelles commencent à arriver dans les indices de conjoncture. C'est ce qu'attendait depuis son élection François Hollande pour crédibiliser son pari sur la baisse du chômage et le retour de la croissance. Le risque, c'est que cette hirondelle d'automne vienne dissuader le gouvernement de poursuivre les efforts de redressement du pays et détourne la majorité de la priorité au désendettement.

Chacun connaît la formule célèbre et élégante de Jacques Chirac : « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. » François Hollande, dont le principal défaut est de partager avec Jacques Chirac une même propension à ne rien faire qui bouscule un vieux pays jugé trop fragile pour être réformé en profondeur, pourrait néanmoins retourner à l'avenir la formule à son avantage.

Les bonnes nouvelles aussi peuvent voler en escadrille

Car les bonnes nouvelles, aussi, parfois, ça peut voler en escadrille ! Cette maxime est même le principe d'action de François Hollande depuis son arrivée à l'Élysée. Longtemps accusé de tergiverser, de tourner autour du pot et de ne rien décider, le président a fait de l'optimisme sa religion pour tenter de ranimer la confiance des Français. Gérer une séquence où les bonnes nouvelles se succéderaient les unes aux autres est devenu le nouvel alpha et oméga de sa communication. Et le président compte bien en tirer les fruits dans sa cote de popularité au fur et à mesure que l'opinion se convaincra que la situation s'améliore vraiment.

Difficile de voir beaucoup de bonnes nouvelles dans la photographie de la situation actuelle, direz-vous ! Une croissance faiblarde, des déficits encore abyssaux qui alimentent une dette qui va bientôt dépasser les 2000 milliards d'euros, un taux de chômage record et un pouvoir d'achat en berne, grevé par l'accumulation des hausses d'impôts sur les ménages et les entreprises, qui n'en peuvent plus. La France est loin d'être tirée d'affaire, c'est vrai. Et pourtant, si l'on regarde la dynamique en cours, il y a bien quelques meilleures nouvelles en germe qui pourraient renverser lentement le pessimisme ambiant.

Il n'est pas interdit d'avoir de la chance

Prenons l'inversion de la courbe du chômage à la fin de cette année, pari risqué fait par le chef de l'État il y a un an alors que rien ne le forçait à le prendre. Tout indique, vu l'ampleur des moyens budgétaires mis sur la politique des emplois aidés (près de 9% de hausse de ce budget en 2014), que poussé par une modeste, mais réelle, amélioration de la conjoncture, il ne sera pas loin d'être tenu, sinon à la fin de 2013, du moins dès les premiers mois de 2014. Bien sûr, on pourra toujours regretter que ce ne soient pas de vrais emplois marchands, affirmer que la stabilisation du chômage à haut niveau ne soit qu'artifice. Mais qui pourra se plaindre qu'il y ait moins de jeunes inscrits à Pôle emploi en 2014 qu'en 2013 ? Il n'est pas interdit à François Hollande d'espérer avoir de la chance, quitte à l'aider un peu en manipulant habilement les statistiques, comme l'en accuse l'opposition.

À cette première bonne nouvelle pourraient s'en ajouter d'autres. Depuis quelques jours, elles s'accumulent même : nouvelle amélioration du climat des affaires en septembre, poursuite du redressement progressif de la confiance des ménages, baisse de 50.000, certes très étonnante voire mystérieuse, du nombre des demandeurs d'emploi en août, les petits cailloux de la reprise commencent à dessiner un chemin.

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Même si elle reste incertaine, la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 (0,9 %, après 0,1 % en 2013) semble prudente pour qui veut bien croire que le cycle économique est en train de redevenir plus favorable dans les pays riches. Après cinq ans de crise et deux récessions successives (en 2009 et début 2013), la France n'a aucune raison de rester à l'écart d'une reprise de la croissance occidentale.

Le retour de la "cagnotte fiscale" en 2014

Tout l'enjeu est de convaincre les ménages et les entreprises que ce rebond est pérenne, pour libérer la consommation et surtout l'investissement, en panne. D'où le discours sur la pause fiscale, même si les couacs se multiplient sur sa date d'application : 2014 pour Hollande, 2015 selon son Premier ministre, qui dit « assumer avoir été obligé d'augmenter les impôts ». Le premier tient un discours de volonté, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité... Ayrault joue le rôle plus austère et ingrat du « père la rigueur », chargé de rappeler les Français aux réalités. Et la « pause » si l'on comprend bien Bernard Cazeneuve, s'entend bien pour la durée du quinquennat, priorité au désendettement oblige. Certains impôts baisseront peut être à l'avenir, mais ce sera pour être remplacés par d'autres, comme la fiscalité écologique naissante.

Si le retour de la croissance se confirme, de toute façon, la polémique sur la pause fiscale finira par passer au second plan. Car les bonnes nouvelles sur lesquelles pourra communiquer le gouvernement vont alors se succéder. La prévision de croissance, assez prudente, pourra progressivement être revue à la hausse, les recettes fiscales et sociales se redresseront, accélérant du coup la réduction des déficits, selon un scénario vertueux qui n'est pas sans rappeler celui des années 1999-2000. À l'époque, le gouvernement avait même été surpris par la rapidité du rebond, au point que Jacques Chirac avait piégé Lionel Jospin en l'accusant de dissimuler une « cagnotte fiscale ». Cagnotte dilapidée par le second dans une baisse d'un point du taux de TVA.

Un scénario fiction ?

Faut-il croire à ce scénario fiction ? Bien entendu, 2014 ne sera pas l'an 2000. À l'époque, la croissance mondiale dépassait les 5 % et le potentiel de la France était encore estimé à 2,5 %, là où aujourd'hui les économistes le voient plafonner au mieux à 1,5 %. Mais l'histoire a montré qu'il ne faut jamais oublier le cycle économique, y compris et surtout dans l'action politique. « It's the economy, stupid », comme l'avait dit l'un des conseillers de Bill Clinton pour expliquer la victoire du président démocrate en 1992.

À lire également

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Le reproche que l'on peut faire au « président-des-bonnes-nouvelles » n'est pas d'être trop volontariste. C'est son droit et son devoir que de croire en la réussite de sa politique. Non, le risque est surtout qu'il se contente de gérer l'amélioration de la situation économique comme un conseiller général de Corrèze. Le gouvernement vient de communiquer triomphalement sur le caractère historique du budget 2014, qui fait baisser pour la première fois la dépense publique de 1,5 milliard d'euros. Mais ce résultat ne vient pas de choix forts et courageux sur le périmètre de la dépense publique. Les économies sont saupoudrées un peu partout, pour faire le moins de mal possible. Ce ne sera pas suffisant pour replacer la France sur la bonne trajectoire. Voilà ce que l'on attend encore de François Hollande. Pas d'essayer de faire croire que les impôts baissent en 2014, alors qu'ils augmentent.

Philippe Mabille

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