Danser jusqu'à ce que la lumière s'éteigne
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Bonne nouvelle, Emmanuel Macron sortirait enfin de sa déprime (passagère ?) évoquée par plusieurs médias depuis son échec à trouver une majorité autre que relative lors des Législatives. Ce 14 juillet, après deux mois de flottement, le président de la République a enfin revêtu le costume de chef de guerre pour s'adresser aux Français en renouant avec la tradition de l'interview télévisée, à laquelle il se refusait jusque-là. Offensif et pugnace sur l'affaire Uber -« ça m'en touche une sans bouger l'autre », a-t-il lancé à quelques journalistes empruntant une formule que même Jacques Chirac, son inventeur, n'a jamais prononcé publiquement-, a-t-on enfin retrouvé le président Macron à son meilleur ? Notre chroniqueur, Marc Endeweld, en doute un peu : il endosse le costume mais au-delà la com', il n'a guère de bonnes nouvelles à annoncer aux Français qui ont l'esprit aux vacances d'été. L'automne sera rude sur le front de la guerre avec Poutine, prévient-il pourtant, et pour l'hiver, ce sera dur. « Winter is coming » avertit Emmanuel Macron annonçant comme « probable » une coupure des fournitures de gaz russes en Europe.
La guerre pour nous, sera celle de la « sobriété », le mot de la fin de l'année, difficile à endosser pourtant, même par le président, tant sa signification reste floue y compris dans la communication gouvernementale. Lors d'un déjeuner chez Europlace, l'association de promotion de la place financière de Paris, la ministre de la sobriété énergétique, Agnès Pannier-Runacher, lui a préféré le mot, plus chic il est vrai, de « sufficiency » en anglais. De fait, comme on peut s'en douter, il ne suffira pas de baisser de 1°C ou 2°C la température de notre chauffage, ni d'acheter pulls et chaussettes si l'hiver est froid, pour nous sauver. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de nous passer de gaz russe, mais aussi d'affronter une situation inédite avec la mise à l'arrêt de nombre de nos réacteurs nucléaires pour maintenance et réparation. Résultat, la France se retrouve fort dépourvue et les Français peuvent s'attendre à payer beaucoup plus cher leur électricité et leur gaz, lorsque prendra inévitablement fin le bouclier énergétique.