Automobile européenne : les leçons d’un fiasco
Lucie Robequain
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Retrouvez l'édito de Lucie Robequain, directrice des rédactions de « La Tribune ».
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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L'automobile européenne vit ses heures les plus sombres. Pas une semaine ne passe sans qu'un constructeur annonce une mauvaise nouvelle : là des fermetures d'usine (Volkswagen), ici des suppressions d'emplois (Valeo). Cette semaine n'a pas dérogé à la règle, avec une sévère correction des résultats chez Stellantis et l'abandon d'une activité historique chez Renault (la formule 1).
Certains en viennent à se demander si le Vieux Continent n'est pas en train de sacrifier l'un des seuls domaines d'excellence industrielle qui lui restent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en cinq ans, le nombre de voitures fabriquées en Europe a chuté de 20%.
Nombreux sont ceux qui en font porter la responsabilité à Bruxelles. Pourquoi diable sommes-nous les seuls à bannir la vente de voitures thermiques dans un horizon de dix ans ? L'urgence environnementale doit-elle vraiment prévaloir sur la préservation de l'emploi et de la croissance ?
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Si un reproche doit être fait à l'Europe, ce n'est pas d'afficher des objectifs ambitieux, mais de ne pas se donner les moyens d'y parvenir. L'électrification du parc automobile est possible, à condition de mener une stratégie industrielle qui soit à la fois offensive et prévisible. Or que voit-on en Europe ? Des plans de soutien qui font du « stop and go » en fonction de l'alternance politique et des contraintes budgétaires de chaque pays, et qui font fi de notre dépendance à la Chine pour les métaux critiques. Prenons le cas de la France : le bonus proposé pour l'achat d'un véhicule électrique n'a cessé de baisser au fil des ans. Compte tenu de l'état déplorable de nos finances publiques, il est fort probable que ce soit encore le cas dans le projet de budget 2025 présenté jeudi prochain.
Lucie Robequain