Emmanuel Macron est-il en train de perdre la jeunesse ?

Marc Endeweld
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Photo d'illustration
JOHANNA GERON

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Quand Emmanuel Macron était ministre de l'Economie de François Hollande, il avait su séduire une partie de la jeunesse. Beaucoup d'éléments permettaient d'expliquer cette séduction qui s'étaient opérée auprès des plus jeunes des Français : son âge, son parcours fulgurant, sa distance à l'égard des partis politiques traditionnels, ses clins d'oeil à la vie politique américaine, et ses prises de position de l'époque tranchant avec les déclarations martiales d'un Manuel Valls ou d'un Nicolas Sarkozy. Au point que des jeunes lycéens et étudiants se faisaient photographier avec lui et postaient leurs photos sur les réseaux sociaux. Et pourtant, dès sa victoire de 2017, le désenchantement s'installa rapidement. À force de « en même temps », de « triangulation » avec l'extrême droite, Emmanuel Macron est peu à peu devenu aussi gris, triste, que ses congénères responsables politiques. De fait, au cours du précédent quinquennat, ce « séducteur de vieux » au coeur du pouvoir, pour reprendre les mots d'Alain Minc, est devenu le chouchou des retraités les plus aisés. Lui qui promettait d'être « disruptif » et annonçait vouloir travailler pour les « outsiders » a fini par se transformer en champion des rentiers.
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Son projet sur les retraites s'inscrit d'ailleurs dans cette optique conservatrice. Et si les macronistes essayent aujourd'hui de se rassurer sur le fait que Nicolas Sarkozy en son temps, en 2010, avait réussi à imposer sa « réforme » des retraites face à des syndicats remontés à bloc et des manifestations (déjà) importantes, ils oublient de prendre en compte une différence de taille : si la base sociale dont dispose Emmanuel Macron semble résister avec le temps, sa base politique semble déjà dissoute. En son temps, pour Nicolas Sarkozy, chef d'un parti de droite conquérant, et récemment élu, c'était toute le contraire : l'ancien président bénéficiait alors d'une base politique forte, transcendant toutes les classes sociales, sans pour autant disposer d'une base sociale solide (notamment parce qu'une partie des élites n'a jamais accepté son élection).
Marc Endeweld