Le projet de loi sur l’immigration ? Un nouveau test pour le camp des modérés
Bruno Jeudy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Bruno Jeudy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Ils parlent d'une même voix et c'est déjà tout un programme. L'appel commun dans La Tribune Dimanche signé par deux anciens Premiers ministres est un événement dans ce moment de fortes tensions. L'homme de droite Édouard Philippe et celui de la gauche républicaine Bernard Cazeneuve affichent leurs « idées claires » dans ces « temps obscurs ». En 2017, les deux Normands se sont succédé à Matignon. L'un venait d'accompagner François Hollande dans son chemin de croix. L'autre franchissait le Rubicon, passant de la droite à Emmanuel Macron.
À lire également
Aujourd'hui, ils s'inquiètent pour leur pays par-delà leurs ambitions présidentielles parallèles. Le camp des modérés se ressaisit. Il est temps car la scène politique vire à l'émiettement et à la radicalisation. Avec en toile de fond l'interminable débat sur le projet de loi immigration. Encalminé depuis des mois au Sénat, il reprend demain son parcours parlementaire. Avec une immense incertitude sur l'issue de ce texte clé pour l'avenir d'Élisabeth Borne à Matignon et pour celui du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Depuis des mois, la majorité et la droite tentent en vain de s'accorder. La surenchère des uns et les calculs politiques des autres empêchent jusqu'à présent tout rapprochement. Au fil de sa présidence, Emmanuel Macron a pris conscience de l'importance de cette préoccupation majeure des Français. Sa première loi (votée sous Gérard Collomb) n'a servi à rien. Les flux migratoires restent incontrôlés. L'espoir porté en 2022 pendant la présidence française de l'Union européenne avec le « pacte migratoire » a fait long feu faute d'accord entre les Vingt-Sept.
Bruno Jeudy