Les enfants de Mandela à la peine
François Clemenceau
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Dire que la nation arc-en-ciel est à la croisée des chemins est une litote. En une génération, le Congrès national africain (ANC), qui dirigeait seul le pays depuis 1996 grâce à une majorité absolue renouvelée tous les cinq ans au Parlement, pourrait mercredi soir envisager d'entrer en coalition, s'il recueille moins de la moitié des suffrages aux élections législatives. L'usure du pouvoir ? Bien sûr, mais pas seulement. Comme le montre la dernière enquête d'opinion de l'institut Gallup sur place, l'approbation de l'activité du gouvernement a chuté de moitié depuis 2007 au sein de la population, très majoritairement noire. Il faut dire que les fondamentaux économiques sont des plus décevants. Si le chômage des 30-49 ans se situe à 25 %, celui des 15-29 ans est à 37 %, un record du monde selon la Banque mondiale et que l'ONU qualifie même de « bombe à retardement ».
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Certes, le niveau de vie moyen par habitant a doublé par rapport aux années 1990, mais 55 % de la population vit avec moins de 10 dollars par jour, ce qui fait de l'Afrique du Sud l'un des pays les plus inégalitaires du monde. La criminalité reste aussi un fléau. D'après les statistiques officielles de la police, bien que le taux de meurtres pour 100 000 habitants ait chuté de moitié depuis la fin de l'apartheid, il reste l'un des plus élevés de la planète, avec un meurtre toutes les vingt minutes, tandis que 130 viols par jour en moyenne sont répertoriés. Selon l'institut Gallup, un Sud-Africain sur trois envisagerait de quitter définitivement le pays s'il en avait la possibilité.
François Clemenceau