Remaniement: un chef d'œuvre de «en même temps», à droite toute !
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France: la composition du gouvernement sera annoncee a 19h00, dit elysee
Charles Platiau
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France: la composition du gouvernement sera annoncee a 19h00, dit elysee
Charles Platiau
Une parfaite synthèse macroniste, un chef d'œuvre de « en même temps » poussé presque jusqu'à l'extrême : le nouveau gouvernement Castex propose un casting détonnant pour conduire l'acte III du quinquennat d'Emmanuel Macron. Il associe la stabilité, avec la promotion rassurante de ministres sortants (Le Drian, Blanquer, Le Maire, Parly), et la prise de risque, avec l'entrée de personnalités connues pour leurs convictions, Barbara Pompili à l'écologie et Eric Dupond-Moretti à la Justice. Des choix par lesquels Emmanuel Macron se met lui-même en danger, comme pour démontrer qu'il est vraiment prêt à « se réinventer ».
Le casting donne cependant des signes clairs sur les priorités du nouveau gouvernement. L'Europe et les Affaires étrangères toujours sous la conduite de Jean-Yves Le Drian, longtemps pressenti pour Matignon ; un grand ministère de l'Ecologie avec Barbara Pompili qui aura sous sa tutelle des Transports avec Jean-Baptiste Djebbari et du Logement avec Emmanuelle Wargon ; la relance avec Bruno Le Maire qui garde les rênes de Bercy et devra tenir avec Olivier Dussopt les comptes publics ; l'emploi et l'insertion, avec Elisabeth Borne, qui remplace Muriel Pénicaud pour affronter l'explosion des plans sociaux et adapter les réformes des retraites et de l'assurance-chômage.
Les autres changements de l'exécutif sont plus anecdotiques mais braquent les projecteurs sur les priorités d'un gouvernement plus resserré : Jacqueline Gourault conserve la décentralisation en ligne avec l'affirmation pro-territoires de Jean Castex ; Gérald Darmanin remplace un Castaner démonétisé à l'Intérieur pour retisser les liens avec les forces de l'ordre mais aussi la citoyenneté avec Marlène Schiappa ; Olivier Véran qui a réussi la gestion de la crise sanitaire conserve la Santé avec 7 milliards d'euros à investir dans l'hôpital et le portefeuille de la solidarité qui lui permettra de mener aussi le chantier de la dépendance.
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L'exercice du remaniement était délicat : pas facile de faire oublier un Edouard Philippe renvoyé dans la bonne ville du Havre, au sommet de sa popularité, pour le remplacer par un quasi-inconnu. Jean Castex, « l'énarque des champs », qui se présente comme un « gaulliste social » dit vouloir gouverner sans rechercher "la lumière", mais avec "efficacité". Une chose est sûre : le centre de gravité du macronisme penche encore plus vers la droite qui détient presque tous les postes clefs du pouvoir : Jean Castex à Matignon, Gérald Darmanin à l'Intérieur, Jean-Michel Blanquer à l'Education et Bruno Le Maire à Bercy, les hommes forts d'Emmanuel Macron sont là pour étouffer l'espace politique du centre-droit, sans laisser d'air à LR. Avec Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé devenue l'égérie des plateaux-télé, on dirait presque un gouvernement Sarkozy-bis !