Philippe Pouletty (Truffle Capital) à la Tribune des Décideurs : "Comment se finance l'économie de demain ? "

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Lundis 23 Juin à 12h30, nous recevions Philippe Pouletty, Directeur général de Truffle Capital, société de capital-investissement.

Médecin de formation, entrepreneur dans la santé puis investisseur depuis une douzaine d'année, Philippe Pouletty, le Directeur général de la société de capital-investissement Truffle Capital est multicasquettes. La "nationalisation partielle" d'Alstom le fait réagir sur l'état de l'industrie française :

Arnaud Montebourg a joué son rôle, il a fait monter les enchères. A ma connaissance une nationalisation, c'est à plus de 50%. A moins, on peut émettre un avis, mais on ne peut pas contrôler le futur. Cela souligne que le tissu industriel français a besoin d'être renouvelé et financé.

A propos de la faible utilisation de l'épargne française pour financer l'économie, Philippe Pouletty témoigne de son agacement :

Je demande la même réforme depuis 10 ans : qu'une fraction des stocks des assurances vie, qui représentent 1500 milliards d'euros au total je crois, soit dirigée vers entreprises qui vont renouveler le tissu industriel. Les jeunes  entreprises innovantes pourraient devenir très grosses très vite à condition qu'elles aient le carburant pour le faire. Il faut faire la typologie des entreprises susceptibles de se développer, celles qui fabriquent des produits à très forte valeur ajoutée car sans concurrence.

La France n'encourage pas assez les sociétés à se faire coter en bourse

Le directeur général de la société à investissements risqués regrette que la France n'encourage pas assez les sociétés à se coter en Bourse :

Les montants d'investissement qui vont vers des entreprises innovantes aux USA sont 4 à 6 fois plus fort qu'en France après PIB corrigé. Résultats : les plus belles startup françaises qui trouvent de l'argent à capital risque, se cotent parfois sur Euronext, mais ne trouvent plus de relais financier à un moment donné. Elles ne peuvent financer leur futur. Soit certaines vont au Nasdaq, mais c'est compliqué, cela veut dire que les centres de décisions s'orientent vers les Etats-Unis, soit elles sont vendues trop tôt au meilleur acheteur, souvent une société américaine ou japonaise.

Truffle Capital, préfère investir dans les PME innovantes pour leur capacité de développement :

On préfère les investissements risqués vers ceux qui propose de l'innovation de rupture. Si cela marche, on peut créer des entreprises qui changent la vie des gens. [...] Si vous avez la propriété intellectuelle,  vous dominez les brevets, vous pouvez dominer le marché contre des gros acteurs même si en étant une PME. Si le premier produit sorti ne marche pas, cela ne veut pas dire que l'entreprise est morte. Le deuxième ou le troisième produit pourra être une réussite en s'appuyant sur la plateforme technologique et la propriété intellectuelle développée par l'entreprise.

"Le blocage de la progression des OGM fait partie du populisme français"

La biotechnologie est l'un des gros secteurs dans lesquels Truffle Capital investit. Selon Philippe Pouletty, la recherche dans ce domaine souffre de quelques barrières :

Le blocage de la progression des OGM fait partie du populisme français et de l'inculture scientifique. Mais ce n'est pas le domaine le plus porteur de la biotechnologie française. 90% du secteur est dédié à la santé humaine. Nous sommes également freinés sur la recherche dans le domaine des cellules souches embryonnaire. Mais, plus positivement, de plus en plus en plus de particuliers s'intéressent à la biotech'. C'est banal de parler de l'entreprise Carmat, mais lorsqu'on explique aux gens qu'on va changer leur vie, qu'avec un implant vertébral on répare une vertèbre facturée, c'est très parlant.

 Voir ou revoir l'interview d'Olivier Zarrouati en intégralité
 

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