Alerte rouge sur le billet vert

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Le dollar à l'encan, titre ce matin « La Tribune ». La devise américaine est en chute libre. Conséquence : l'euro monte. Il vaut aujourd'hui presque 1,50 dollar, son plus haut depuis un an. Cette baisse du dollar, ça commence à devenir inquiétant...

Ca pourrait le devenir.

Alors, les faits. C'est vrai. Depuis plusieurs mois, le dollar glisse, perd de sa valeur. Au total, face à l'ensemble des devises du monde, il a globalement perdu 15% depuis le début de l'année. Il n'est pas encore à son plancher historique, de juillet 2008. Il n'en est plus très loin.

Alors, comme en toutes choses, il y a dans cette glissade du dollar pour nous, pour les Français, pour l'économie française dans son ensemble du bon et du mauvais.

Du bon. Le dollar faible, ça va vous permettre d'aller passer quelques jours à New-York ou Las Vegas pour pas cher - vous pourrez aller dans un hôtel un peu plus chic, un peu plus étoilé pour le même prix. Ca nous permet d'acheter notre pétrole, toutes nos matières premières à un prix plus raisonnable, d'atténuer les effets de la hausse des cours actuels. Ca permet enfin aux entreprises françaises de se développer aux Etats-Unis dans de meilleures conditions.

Ca, c'est le bon. Mais il y a du mauvais, bien sûr. Le dollar faible, l'euro fort, c'est un handicap, un gros handicap pour nos industriels. Ils sont chers, plus chers que ceux qui produisent en dollar. Dans l'aéronautique, l'automobile, l'agro-alimentaire, le luxe et ailleurs, les entreprises françaises ont plus de mal à vendre leurs produits à l'étranger.

Au total, la chute actuelle du dollar, c'est quand même un mauvais point pour les Européens ?

Au niveau actuel, non, pas encore.

Le problème, c'est si cette glissade dégénère, si elle devient vrai plongeon. C'est la grande crainte du moment. Et elle n'est pas infondée.

Sur le tremplin, il y a bien des gens tentés de pousser le dollar à la chute, de le faire tomber. Il y a en particulier les Russes et les Chinois qui en ont marre de la suprématie du dollar. Il y a les pays du Golfe qui en ont marre de dépendre, avec leur pétrole libellé en dollars, de la politique monétaire américaine. Et puis il y a tous ceux qui doutent désormais de la solidité de l'économie américaine, qui s'inquiètent de sa dette en particulier.   De fait, dans les réserves des banques centrales du monde, le dollar reste dominant. Il pèse de moins en moins.

Les Américains eux-mêmes ne sont pas mécontents de la baisse du dollar ?

Là, c'est la grande question. Les officiels américains disent bien sûr que l'Amérique a intérêt, qu'elle veut un dollar fort. De la langue de bois dure, très dure !

La réalité est différente. Pour sortir de la crise, les Américains peuvent avoir intérêt à un dollar faible. L'arme monétaire, eux, ils ont toujours su l'utiliser à leur profit, à bon escient. Un dollar faible, ça peut leur permettre aujourd'hui d'importer de la croissance, d'exporter du chômage. S'adressant au reste du monde, un secrétaire au Trésor américain disait, dans les années 70 déjà, que « le dollar, c'est notre monnaie, c'est votre problème ». La formule reste d'actualité !

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