Bercy, l’équipe reconduite

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On  parle beaucoup, avec ce remaniement, des petits nouveaux, de ceux qui bougent. Il y a aussi ceux qui restent à leur poste. C'est le cas des ministres de Bercy, de Christine Lagarde et de son équipe. Ils sont confirmés pour leurs bons résultats...

Non, sûrement pas. Alors, c'est vrai, pendant que tout bouge, rien ne change à Bercy. Pour l'économie, pas de grands chambardements, pas de nouveaux gadgets non plus. Au contraire, c'est la continuité qui domine. Sur les sept ministres de Bercy - deux finalement disparaissent, l'un, Luc Chatel, l'Industrie, qui va à l'Education, l'autre, André Santini, la Fonction publique, qui disparaît complètement. Le reste, l'essentiel, Christine Lagarde, Eric Woerth, Laurent Wauquiez, Hervé Novelli et Anne-Marie Idrac, ils sont confirmés, ils sortent même confortés de ce remaniement.

Alors, même si Nicolas Sarkozy voulait instaurer une culture du résultat, ce n'est bien sûr pas pour leurs résultats qu'ils sont renouvelés. L'économie - le job de Christine Lagarde ? L'année va s'achever sur la croissance la plus faible des 50 dernières années. Les comptes - le travail de Woerth ? Ils n'ont jamais été aussi mauvais. L'emploi - la mission de Wauquiez ? Il ne s'est jamais dégradé aussi vite. Idem pour le commerce extérieur, d'Anne-Marie Idrac. Tout cela, ce n'est pas totalement de leur faute. La crise financière, la crise mondiale y est pour beaucoup...

De toutes façons, il ne devait pas y avoir beaucoup de candidats pour ces postes ?

C'est peut-être l'une des raisons de cette stabilité à Bercy ! Il y en a d'autres. L'équipe, dans son ensemble, a toujours été extrêmement loyale à l'égard du président, plus que loyale, très dévouée, on dira. Ca compte. L'équipe a fait son apprentissage. Ce n'est pas toujours facile. Bercy, ce sont des dossiers souvent très techniques. Bercy, c'est aussi beaucoup un ministère de la parole. Il faut savoir parler avec les marchés, les banquiers, les syndicats, avec les Américains, les Européens d'autres encore. Tout cela, ça s'apprend. Depuis deux ans, Lagarde et son équipe ont, dans ces domaines, bien progressé. C'eut été dommage de changer en cours de route.

Une même équipe, ça veut dire une même politique économique ?

Oui. Celle définie à l'Elysée. Celle présentée lundi à Versailles. Et on l'a compris, il n'est pas question d'en changer. On ne change pas une équipe qui marche, qui marche au doigt et à l'œil surtout !

Et puis, ces dernières années, Bercy avait vu défiler, en onze ans, dix locataires successifs ! Avec un bail d'un an même pas, le ministre avait à peine eu le temps de prendre connaissance des dossiers qu'il était déjà sur le départ ! Cette instabilité permanente, à l'économie, c'était le pouvoir assuré des bureaucrates de Bercy sur les politiques, c'était aussi et surtout le discrédit de la France dans les instances européennes. Alors, un pôle de stabilité, à Bercy, dans une période aussi agitée, ce n'est pas nécessairement mauvais, c'est même plutôt une bonne nouvelle !

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