Chômage des jeunes : alerte rouge

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Mobilisation générale contre le chômage des jeunes. C'est la consigne donnée, avant la pause de l'été, par Nicolas Sarkozy. Tout le monde sur le pont. Des aides pour tout le monde aussi. Le gouvernement craint une rentrée noire...

Oui, et il n'a pas tort. La situation des jeunes est d'ores et déjà, en France comme dans les autres grands pays industriels,  inquiétante. Le nombre des 18-25 ans sans emploi a augmenté de 40% en un an. Dans cette tranche d'âge, le taux de chômage est deux fois plus élevé que dans le reste de la population. Bref, un jeune sur quatre, ou presque, est aujourd'hui à la recherche d'un emploi.

C'est le constat, dramatique, et tout indique qu'il devrait s'aggraver encore à la rentrée. Ce sont en effet, en septembre, des centaines de milliers de jeunes qui, diplômés ou non, vont arriver sur le marché du travail, un marché encombré par les victimes des plans sociaux en cours, des plans sociaux à venir encore. Une société qui n'offre rien à ses jeunes est une société menacée, une société en grave danger - on l'a souvent entendu. C'est plus vrai que jamais. Les violences, le désespoir qui s'expriment déjà, ici ou là, risquent de monter. Les jeunes n'ont aucune responsabilité dans la crise actuelle. Ils en sont pourtant les principales victimes...

D'où ce branle-bas de combat général du gouvernement...

Oui, l'Etat fait feu de tout bois. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont depuis longtemps oublié les critiques qu'ils faisaient aux emplois aidés. Sa politique, c'est aujourd'hui, plus que jamais, celle des subventions à l'emploi, des contrats aidés en tout genre, pour les jeunes en particulier. La panoplie est particulièrement colorée. Contrats d'apprentissage, de professionnalisation, d'initiative emploi, d'accompagnement à l'emploi... Des subventions pour le secteur public comme pour le privé, pour les entreprises, les mairies ou les associations...Il y en a pour tout le monde. L'objectif, au total c'est de parvenir à la signature, cette année de 330.000 contrats aidés - 100.000 de plus que l'an dernier. De quoi limiter la déferlante attendue...

Tout cela, ce ne sont que des contrats temporaires, c'est du provisoire...

Ce sont, c'est vrai, des contrats de un ou deux ans, en général. L'objectif, c'est de mettre le pied à l'étrier aux jeunes à la recherche d'un premier emploi, c'est de leur permettre d'entrer dans la vie active avec un boulot - même si ce boulot est mal payé, même s'il est provisoire, même s'il est lourdement subventionné. Tout cela, ce n'est pas en réalité une vraie politique de l'emploi. Là encore, comme avec les banques, comme avec l'automobile, on est en situation exceptionnelle. Il y a le feu à la maison. On inonde, pour l'éteindre. Ces mesures sont utiles, nécessaires, indispensables même. Elles ne régleront pas, à terme, le problème de l'emploi. Elles doivent aider à éteindre le feu. Là encore, on verra après, après la crise, comment on épongera l'inondation provoquée !

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