2041 : la France sort du nucléaire avec quatre ans d'avance

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C’est avec 4 ans d’avance que s’entame la sortie française du nucléaire, initialement prévue en 2045.
"C’est avec 4 ans d’avance que s’entame la sortie française du nucléaire, initialement prévue en 2045." (Crédits : iStock)
#30ansLaTribune - La Tribune fête ses 30 ans. A cette occasion, sa rédaction imagine les 30 événements qui feront l'actualité jusqu'en 2045. Le 18 juin 2041, Cherbourg inaugure son 2.000e Système d'autonomie territoriale énergétique. Ce n'est que justice car c'est dans la métropole normande qu’est née en 2025 la plateforme BlockGrid, à l’origine du printemps des EnR et de l’infrastructure mondiale qui sous-tend la grande transition de l’économie verte.

Une - Energies renouvelables

Pour Charles-Yves Belem d'Erquoville (qui se fait appeler "Cyber"), c'est devenu une routine. Le très consensuel président de la fondation BlockGrid (20,8 milliards d'euros de donations en 2040, 70 000 d'employés), est à l'aise dans son rôle de leader mondial des technologies libres pour les Smart Grid, ces réseaux intelligents qui orchestrent le stockage et la production locale d'énergies renouvelables (EnR).

Aujourd'hui, "Cyber" inaugure à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) son 2.000e "Saté" (pour "Système d'autonomie territoriale énergétique"). Plus modeste que celui de Paris, Londres, New York, Tokyo ou Shanghai, ce Saté normand a une saveur particulière. Bien sûr, il alimente en électricité verte les 165.000 habitants de l'agglomération cotentine et produit l'hydrogène nécessaire aux 85.000 véhicules à pile à combustible qui y circulent. Mais il y a autre chose...

La fin du nucléaire

« C'est à un jet de pierre d'ici, à La Hague, que BlockGrid a su s'entendre avec le groupe EdenElec - fruit de la fusion, au milieu des années 2020, entre EdF, Areva, China Electric Power Equipment & Technology Co, GE, Suez et Google. Ce qui n'était qu'une fondation en mode start-up a su accompagner le leader mondial de l'industrie nucléaire dans sa mutation vers la fabrication d'équipements pour la production décentralisée d'EnR, souligne Gaspard Lange, maire de Cherbourg-en-Cotentin. Le symbole est fort car, en ce 18 juin 2041, c'est avec 4 ans d'avance que s'entame la sortie française du nucléaire, initialement prévue en 2045. » Bref, le modèle jacobin d'une production électrique basée sur l'atome vient d'être définitivement enterré.

« C'est ici également que le groupe EdenElec compte poursuivre le développement non seulement de nano, micro et macro générations d'éoliennes, hydroliennes, turbines et volants inertiels. Mais aussi de synchrotrons et de fours à sustentation électromagnétique pour rendre inertes les déchets radioactifs hérités du passé, en les brûlant à des températures voisines de celle du soleil », commente Anne-Laure Vergeron, pédégère d'EdenElec.

Prise de conscience

Il faut dire qu'il y a urgence en la matière. Trente ans après la catastrophe de Fukushima qui a pollué tout le Pacifique nord, ce dont on ne s'est rendu compte qu'au début des années 2020 lorsque les baleines et les dauphins y ont disparu, chacun garde en mémoire les terribles répercussions dues aux cinq accidents successifs de centrales nucléaires qui ont eu lieu durant les années 2025- 2027. D'abord en Russie et en Chine en raison de leur obsolescence. Puis au Moyen-Orient à cause d'attentats terroristes, suite aux guerres fratricides pour s'accaparer les gigantesques réserves pétrolières de la région. Au lendemain de la première explosion en Chine, en 2025, Charles-Yves Belem d'Erquoville, qui usait ses fonds de culotte en Khâgne sur les bancs du Lycée Alexis de Tocqueville de Cherbourg-en-Cotentin, crée sur Facebook la page BlockGrid. Objectif : répondre à un concours de la COP31 de Tokyo sur les initiatives des jeunes en faveur de la planète. « Je voulais juste susciter les réflexions écologiques ainsi que les actions politiques, économiques et surtout citoyennes en m'appuyant sur les Anonymous, les Hackers, les Makers et les start-up. Il a vite fallu que je crée ma propre usine numérique », se souvient-il.

Dans le monde entier, le tsunami des manifestations du Printemps des EnR déferle violemment, laissant les États pantois. BlockGrid en devient le symbole, le catalyseur, l'infrastructure de communication, l'outil d'ingénierie sociale soutenu par des dizaines de milliers de Hackers qui ''zombisent'' des centaines de Data Centers et lancent des millions de cyberattaques. Slogan : « Exit le pétrole et ses guerres. Exit le nucléaire et ses catastrophes ! » En France, les médias martèlent : « 500.000 habitants éclairés et chauffés aux EnR, c'est 13% de la facture pétrolière en moins. »

Face à la désorganisation des États, à l'effondrement des Bourses et aux exactions policières, l'Organisation des nations unies (ONU) se voit alors contrainte d'étendre, le 27 mai 2027, son Conseil de sécurité, jusqu'ici limité à 15 pays, aux 196 États de la planète et aux représentations cyber-citoyennes du BlockGrid.

L'instance onusienne crée alors les Casques Verts, qui a pour mission d'accélérer la sortie du pétrole et du nucléaire. Et de mettre en place la transition énergétique ainsi que l'inertage des déchets radio-actifs. Elle s'adresse à BlockGrid, devenue fondation, afin de disposer de l'infrastructure par laquelle le chaos est arrivé. En lui demandant de structurer cette démarche avec un réseau social, une place de marché électronique pour lancer les projets et un superviseur pour le pilotage des Smart Grids d'EnR. Rapidement, BlockGrid compte près de 3 milliards de membres. Un tiers de la population mondiale !

Mix énergétique EnR

« Comment, dans une tour de La Défense ou de Manhattan, une équipe pourrait-elle imaginer toutes les solutions locales du mix énergétique 100 % renouvelable ? Personne n'est mieux placé que des acteurs qui s'y trouvent, reprend Cyber. Dans le nord, plus de 50 % du mix EnR sont d'origine éolienne, comme ici à Cherbourg. Ce qui convient pour électrolyser de l'eau et stocker l'électricité sous forme d'hydrogène gazeux ou solide. Dans le sud, certains utiliseront des fours solaires pour ensuite stocker l'électricité dans des batteries. D'autres vont traiter les déchets végétaux pour fabriquer du méthane vert qui sera injecté dans les réseaux de stations services ou de chauffage... »

« Au plan technologique, il est assez simple de fournir un mix énergétique EnR robuste et fiable par rapport aux aléas météorologiques. Entre les batteries électriques, le stockage sous forme gazeuse, les piles à combustible à hydrogène, les stations de transfert par pompage... On sait réguler et fournir les quantités d'énergie demandées à chaque heure, toute l'année, ajoute Sorj Brain, PDG de Google qui vient de racheter le groupe IBM, fournisseur de solutions prédictives pour le pilotage en temps réel des Smart Grid. La grande difficulté, qu'a contournée BlockGrid, c'est d'avoir proposé une plateforme transparente et libre qui permet à tous les acteurs, surtout les citoyens, de s'asseoir à la table des négociations. » Avec un argument de poids : 3 milliards de membres qui refusent qu'on décide à leur place. A l'instar de ''Cyber'', il y a quinze ans, ici, à Cherbourg, l'homme par qui la transition verte mondiale a commencé. Et qui a rendu possible le vieux rêve de Jeremy Rifkin, le théoricien de la Troisième révolution industrielle et écologique.

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a écrit le 24/12/2015 à 12:15 :
L'échauffement progressif de la planète a bouleversé la climatologie de l'Europe, entraînant des phénomènes de crues violentes.

Dans la semaine du 12 novembre 2025, un épisode pluvieux exceptionnel s'abat sur l'Europe de l'ouest et centrale. Le Rhin déborde et la vague de crue dépasse les 8 mètres. Elle emporte les installations de surface de Fessenheim et paralyse le fonctionnement des dispositifs de refroidissement de secours. La zone restera noyée et marécageuse pendant une semaine, empêchant les secours d'intervenir efficacement. Le coeur en surchauffe fond et détruit l'enveloppe.

A Cattenom, la Moselle en crue emporte les pylones, les réacteurs sont arrétés car devenu inutiles.

Un scénario proche a touché toutes les centrales du 1/4 NE du pays, entraînant la fermeture temporaire de la moitié, ce qui a plongé le pays dans le chaos et la confusion, aucun plan de secours n'ayant prévu la paralysie des territoires voisins.

30 jours plus tard, la situation commence à peine a être sous contrôle. Les 2 réacteurs de Fessenheim restent inapprochables et déversent des matériaux radioactif qui refluent lentement vers le lit du Rhin, contaminant tout sur leur passage. Les pays riverains sont accablés, ils menacent de se pourvoir en justice et réclament 1945 milliard d'Euro de compensation préalable.

Fessenhein aurait du être fermé à la mise en production de l'EPR de flamanville initialement prévue en 2018. Suite à de nouveaux retards et à un lobbying intense, la fermeture avait été repoussés à 2030.
L'implantation de Fessenhein, décidée en 1967avait été réalisée selon des données climatiques remontant reflétant le climat existant pendant les 50 années précédant sa construction et les prévisions de crues décennales ou centennales sont devenues totalement caduques, c'est le cas pour toutes les installations conçues avant les années 80...

Suite à cela, le pays traumatisé à exigé l'arrêt immédiat des centrales. Ce qui fut d'autant plus facile à réalisé que le coût de l’énergie nucléaire, grévé par l'entretien ruineux d'un parc ancien etait devenu prohibitif.

Voilà la VRAIE histoire de la sortie du nucléaire.
a écrit le 23/12/2015 à 23:39 :
La France n'abandonnera jamais le nucléaire pour des raisons évidents à savoir l'indépendance énergétique au niveau industriel, la conquête spatiale qui s'appuiera sur des technologies nucléaires, la prochaine révolution du nucléaire s'appuiera sur l'helium 3 qui est un isotope présent en abondance sur la lune et non radioactif, le nucléaire permet également d'encaisser plus facilement le choc de la sortie du pétrole et permettra toujours de lisser le prix parfois délirant des énergies renouvelables.
Bref je ne sais pas comment ce scénario a été pensé mais il ne correspond en rien aux projections des analystes en anticipation technologique et futurologues (oui ce sont de vrais métiers confidentiels menés par des scientifiques de très haut vol au service des états et entreprises et leurs visages sont inconnus du publique) et encore moins aux projets en cours dans l'industrie, le spatiale et la robotique.
a écrit le 23/12/2015 à 19:14 :
Remplacez votre boule de cristal d'occasion, la France ne lâchera jamais le nucléaire.
pourquoi ? Parce que le nucléaire garantie à la France d'être dans les 5 premières nations pour la conquête spatiale, la colonisation des autres planètes, l’exploitation du système solaire.
Oui, la maitrise du nucléaire de nouvelle génération (énergie plasma) est nécessaire pour établir dans le futur des bases spatiales habitables.
Monsieur le journaliste vous avez une vison très limité de l'énergie, essayez de vous informez sur ce qui existera dans le futur et non d'écrire sur ce que veut les bobos qui vivent dans leur bulle.
L'avenir de l'être humain est de conquérir le cosmos.
a écrit le 23/12/2015 à 17:33 :
mauvaise science fiction : les moyens de stockage des EnR sont ruineux et pas si verts que ça : l'industrie des batteries et l'une des plus polluantes qui soit. VOyez la catstrophe de l'EnergieWende allemande ....Et EDF veut remplacer (à raison) plus de 50 réacteurs nucléaires d'ici 2040
a écrit le 23/12/2015 à 12:42 :
Enfin une prospective (crédible?) positive. Merci LT. Mais on peut toujours tirer des plans sur la comète, l'avenir reste inconnu.

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