Sitôt commencée, l’année du Rat de métal se grippe

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Les conséquences de la nouvelle épidémie sur l'économie chinoise et le tourisme mondial seront inévitables en 2020.
Les conséquences de la nouvelle épidémie sur l'économie chinoise et le tourisme mondial seront inévitables en 2020. (Crédits : Reuters)
VU DE CHINE. Nouveau défi imprévu, le coronavirus s’ajoute à la guerre commerciale sino-américaine qui dure depuis 2018. Par Chunylan Li, auteure du livre "Réussir sur le marché chinois" (*).

L'année du Rat de métal s'est ouverte le 25 janvier, au moment même où l'on tirait le signal d'alarme pour le coronavirus en Chine. Tout comme le Sras en 2003, les conséquences de la nouvelle épidémie sur l'économie chinoise et le tourisme mondial seront inévitables en 2020, même s'il est encore difficile de les quantifier pour l'instant.

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Ce nouveau défi imprévu, qui devra être dépassé par la persévérance humaine, s'ajoute à la guerre commerciale sino-américaine qui dure depuis plus de dix-huit mois déjà. Les deux puissances ont enfin signé un premier accord, dit « phase 1 » : les taxes douanières seront abaissées ou supprimées sur 280 milliards de dollars de produits chinois, et l'empire du Milieu s'engage à acheter 200 milliards de dollars de biens américains supplémentaires sur deux ans. En revanche, 25 % de droits de douane sont encore maintenus par Washington sur 250 milliards de produits chinois.

Pressions économiques

Cet accord s'inscrit dans un contexte de pressions économiques pour les deux parties : en 2019, le PIB chinois a progressé de 6,1 %, le plus bas depuis près de trente ans ; les exportations chinoises ont progressé de seulement 0,5 %, à comparer à + 9,9 % en 2018 (en dollars).

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Aux États-Unis, la croissance économique ralentit également, et l'impact des hausses de droits de douane sur le PIB américain a été estimé à 0,6 %. À court terme, cet accord permet de réduire les tensions commerciales entre les deux pays, de créer un meilleur environnement d'exportations en Chine et d'aider Trump à rassurer les agriculteurs et électeurs américains.

En revanche, il ne résout pas encore tous les problèmes de taxes douanières et dépendra aussi des éléments politiques ou économiques à moyen et à long terme. Son implémentation nécessitera beaucoup de temps et de discussions, ainsi qu'une meilleure compréhension et des adaptations mutuelles. Surtout, l'accord couvre également d'autres sujets compliqués : la propriété intellectuelle, le transfert de technologies, les services financiers, les questions de taux de change et de transparence, l'expansion du commerce...

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Nouvelle phase de relations

Au fond, cette « guerre » est non seulement économique, mais aussi technologique, géopolitique, voire idéologique ; avec la montée en puissance de la Chine, les divergences d'intérêts entre les deux pays deviennent inévitables. Comme l'a dit Donald Trump lui-même, en mai 2019, lors d'une interview publique : « La Chine ne deviendra pas numéro 1 mondial sous ma présidence. »

Cette phrase nous rappelle les sanctions et les interventions américaines contre l'économie japonaise dans les années 1980, dont les accords du Plaza. La Chine et les États-Unis sont déjà entrés dans une nouvelle phase de relations, où chacun va essayer de se construire un avantage stratégique sur l'autre. Désormais, la Chine est obligée d'approfondir ses réformes économiques et de renforcer ses capacités d'innovation. On peut toutefois espérer que les deux parties trouvent également quelques terrains d'entente à l'occasion de cette année du Rat, le premier signe du zodiaque chinois, qui symbolise l'intelligence et la vitalité.

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(*) Fondatrice de la société de conseil FEIDA Consulting, et auteur de l'ouvrage "Réussir sur le marché chinois", coll. "Efficacité du manager", Ed° Eyrolles (2014), 248 pp.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2020 à 10:12 :
Si la Chine vous intéresse et si vous voulez mieux en connaître les réalités, il faut lire "Mémoires chinoises" de Jean Tuan, chez C.L.C. Editions, qui évoque le parcours de son père venue en France de Chine en 1929, leur incroyable séjour à Pékin en 1967 durant la révolution culturelle et l’évolution de la Chine dont l'auteur a été témoin depuis 1980. Marie Holzman, sinologue de renom, a préfacé le récit. Les derniers exemplaires sont disponibles via fnac.com et amazon.fr / Lecture à ne pas manquer...
a écrit le 04/02/2020 à 10:27 :
"Sitôt commencée, l’année du Rat de métal se grippe"

L’année du Rat de métal débute un nouveau cycle de douze ans.
a écrit le 04/02/2020 à 9:48 :
La Chine, parce qu'elle est une dictature et grâce à l'épidémie du Corona virus a désormais un moyen de mettre à mal les US.
Si elle décide de surenchérir sur la sécurité sanitaire pour ralentir sa production et ses livraisons de composants, l'économie américaine pourrait en pâtir fortement ...et Trump avec.
Par contre coup, le reste du Monde aussi. La récession attendue est pour cette année, la planète a trop la tête à l'envers.
Réponse de le 04/02/2020 à 10:59 :
Absolument. Un bon moyen de montrer que le monde est désormais dépendant de la Chine ...
Réponse de le 04/02/2020 à 12:33 :
A Valbel.
Ca fait plaisir de lire ce post. Y'a pas que des vociferateurs / la Tribune.
Réponse de le 04/02/2020 à 17:01 :
Et voilà Trump qui se prendrait un râteau comme il ne s'y attendait pas. Ils sont forts ces Chinois.
a écrit le 04/02/2020 à 9:02 :
"En revanche, 25 % de droits de douane sont encore maintenus par Washington sur 250 milliards de produits chinois."

La Chine peut être sûre que cette taxe va restée, elle ne fera pas les concessions suffisantes pour que celles-ci soient levées puisque l'oligarchie mondiale a énormément investi dans ce pays et le régime communiste chinois malgré tout doit beaucoup aux riches du monde, ce que font payer les américains en ce moment d'ailleurs puisqu'il y a les riches simples moutons suiveurs tels européens et les riches américains qui suivent la stratégie de l’État profond américain.

Les chinois ne sont pas tombés dans le piège puisque se disant qu'ils pourraient certainement éviter de se faire coincer à l'avenir du fait des juteuses marges bénéficiaires que ce pays à généré pour les paradis fiscaux de nos mégas riches.

Mais voilà, logique du dumping social oblige la chine se doit d'augmenter ses salaires afin d'engendrer sa propre croissance, faisant que la finance internationale actuellement, dopée à l'exploitation humaine, se rabat vers des pays à la main d'oeuvre encore moins cher, payant par exemple un travailleur bangladais 60 euros par mois pays qui visiblement lui ne cherche pas à générer de la croissance exploitant massivement ses habitants pour le fric.

Le capitalisme arrange fortement les oligarchies mondiales, mais pas les peuples, et ça les américains le savent bien, ils savent tellement s'appuyer sur cette cupidité aliénante des propriétaires de capitaux et d'outils de production qui de ce fait tacitement adoptent la règle du jeu américaine et c'est là que le piège se referme. Les citoyens du monde sont prisonniers de la bêtise crasse des possédants du monde qui verront toujours les américains les exploser car faisant les règles du jeu ne pouvant donc qu'en être les maîtres.

Le pays qui surpassera les états unis sera celui qui passera par dessus la cupidité de son oligarchie et avec leurs plus d'un millier de milliardaires la Chine s'est fortement alourdie de l'inertie des fous de l'argent, ils ne sont pas idiots les américains ils connaissent nos penseurs européens par cœur alors que nos propres dirigeants européens eux ne sont plus que des ignares cupides que l'on mène facilement à la baguette de ce fait.

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