Comment le surplus de l'épargne des ménages a contribué au "quoi qu'il en coûte"
Gaspard Gabriel (*)

Photo d'illustration
Mathieu Stern via Unsplash
Gaspard Gabriel (*)

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Selon les chiffres de la Banque de France, l'excès d'épargne des ménages accumulé pendant la pandémie s'élevait à 157 milliards d'euros fin juin 2021. L'Observatoire français des conjonctures économiques OFCE estime qu'il suffit que les Français dépensent 20% du surcroît de cette épargne pour gagner 1,7 point du PIB supplémentaire en 2022. Mais voilà, les Français n'ont pas confiance dans la conjoncture actuelle et malgré l'appel du gouvernement à dépenser cette épargne magique pour relancer l'économie, ils continuent à économiser.
Les ménages français ont déposé un excédent de 150 milliards d'euros sur leurs comptes courants à taux négatif. Les dépôts à vue et l'épargne rémunérées ont recueilli la majorité de "l'épargne Covid". De cette manne, l'épargne réglementée ne représente que 14,2 % du patrimoine épargné, soit un surplus de 22,72 milliards d'euros. Le livret A a capté l'essentiel des flux. Du livret A et du LDDS (livret de développement durable et solidaire), les banques collectrices gardent 40,50 % et la centralisation à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est en moyenne de 59,50 %. Des 59,50 % uniquement 57,84 % sont consacrés aux logements sociaux c'est un peu plus de 7 milliards d'euros.
Qu'est-ce que la banque a fait avec cette "épargne covid" ?
Est-ce un "Cercle vertueux" ou non ? Est-ce compliqué pour l'État de s'adresser directement aux citoyens pour financer l'économie ?
D'après Olivier Garnier Directeur général Banque de France "ce surplus d'épargne financière n'est pas stérile. Il a financé des prêts à l'économie". C'est un "cercle vertueux". Exemple, l'argent déposé sur les livrets rémunérés comme le Livret A et le LDDS, finance le logement social ou la politique de la ville. Avec une rémunération de 0,50 % et une inflation qui s'élèverai à 1,8 % en 2021 les épargnants perdront du pouvoir d'achat. Pour gérer ce livret, les banques encaissent 0,3 % de commission, avec un total des encours fin juin 2021 de 469,34 milliards d'euros et un taux de centralisation de 59,50 %. Tout ceci donne 838 millions d'euros à partager entre les banques en fonction des sommes centralisées par chacune, sans compter la commission de 0,4 % sur le LEP. La réalité peut être dure : l'argent que les ménages déposent sur leurs comptes courants, c'est de l'argent rémunéré à des taux négatifs. En effet, la majorité des banques facturent des frais de tenue de compte, ceci revient à appliquer un taux d'intérêt négatif de 2,4 % par an.
Il est étrange que l'État soit contraint de passer par des banques privées et mettre en place, avec l'aide de la BCE, une "déviation temporaire" alors que des solutions simples comme le Livret A existent et sont faciles à mettre en œuvre.
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L'alternative pour un réel "cercle vertueux" est la création des comptes d'épargnes réglementés à l'instar du livret A pour financer les secteurs en difficultés : un fonds écologique et social, un fonds pour la dépendance et le handicap, un fonds rural, un fonds pour soutenir les entreprises, etc. Chaque fonds doit être géré par un établissement de crédit public différent. 90% des fonds doivent être transférés à ces établissements de crédit. Ainsi en fonction de son objet social, l'établissement de crédit peut investir ou prêter avec un bon niveau de sécurité avec la participation de l'état, des communes, et tous les corps intermédiaires. Le conseil d'administration doit être obligatoirement paritaire. exemples : pour une relance durable, un livret d'épargne écologique et social et pour un livret entreprise responsable.
Gaspard Gabriel (*)