Faut-il mourir pour Taïwan ?
François Clemenceau
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Solidaire mais pas à n'importe quel prix et notamment le prix du sang. L'Amérique a considérablement évolué depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Surtout depuis la mise au pas de Hong Kong, la répression sans faille des Ouïgours et les provocations militaires chinoises de plus en plus répétées dans les eaux et les cieux proches de l'ancienne Formose. En novembre dernier, l'enquête annuelle sur les questions de défense de la Fondation présidentielle Ronald-Reagan indiquait que 77 % des Américains considéraient la Chine comme un « ennemi », un chiffre en augmentation de 22 points en cinq ans !
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Mais ils n'étaient plus que 46 % à vouloir défendre militairement l'île autonome par un envoi de troupes américaines s'il fallait protéger Taïwan des griffes de Pékin. Lorsqu'on précise alors aux personnes interrogées que Taïwan est une démocratie et le premier producteur mondial de semi-conducteurs, 52 % finissent par approuver une entrée en guerre des États-Unis et de ses soldats contre la Chine. Mourir pour Taïwan, avez-vous dit ? De quoi parle-t-on ? De sécuriser le détroit par lequel transite 40 % de la flotte mondiale de conteneurs ? De protéger la démocratie la plus vivante d'Asie ? D'endiguer la Chine au cas où elle ne s'arrêterait pas à Taïwan ?
François Clemenceau