Grand Paris : l’urgence d’agir

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TRIBUNE. Au moment où un nouveau sommet réunit les acteurs du Grand Paris, dix ans après la loi du Grand Paris, où en sommes-nous ? La Métropole du Grand Paris est la métropole française où les inégalités sociales, économiques, culturelles et éducatives sont les plus marquées et s'accentuent. Par les député(e)s LREM d'Ile-de-France.

Nous sommes du Val-de-Marne, de Paris, de l'Essonne, de Seine-Saint-Denis, du Val-d'Oise, de Seine-et-Marne, des Hauts-de-Seine, des Yvelines. Nous sommes franciliens, nous sommes grand-parisiens. Ce territoire où nous vivons, que nous aimons, nous y sommes attachés et nous voulons qu'il évolue pour améliorer le cadre de vie de tous ses habitants.

Les enjeux sont connus depuis longtemps : résorber les inégalités territoriales, lutter contre les pollutions et réussir la transition écologique, développer nos transports en commun dans toutes les parties de la métropole, construire et rénover les logements, renforcer l'attractivité économique, etc. C'est pour cette raison que la construction du Grand Paris Express a été lancée il y a dix ans. C'est pour cette raison que la Métropole du Grand Paris a été créée.

Tenter de mettre fin à l'inaction

Aujourd'hui, au moment où un nouveau sommet réunit les acteurs du Grand Paris, dix ans après la loi du Grand Paris, où en sommes-nous ? La Métropole du Grand Paris est la métropole française où les inégalités sociales, économiques, culturelles et éducatives sont les plus marquées et s'accentuent, où la pollution dégrade le plus la qualité de vie et la santé des habitants, où la crise du logement n'a jamais été aussi forte, où la construction du Grand Paris Express prend du retard. D'ailleurs, la Métropole et la région perdent de plus en plus d'habitants. Le tableau que nous dressons est sombre ? Certes, mais il est lucide. La métropole du Grand Paris est aujourd'hui un territoire où la vie au quotidien est une épreuve pour beaucoup d'habitants et dont l'attractivité ne cesse de s'affaiblir. Si nous prenons aujourd'hui la plume, c'est pour tenter de mettre fin à l'inaction.

Le plan de relance que nous mettons en œuvre actuellement doit nous permettre d'accélérer les investissements, notamment dans les transports en commun, la rénovation thermique des bâtiments, la construction de logements, le développement des modes de déplacements plus propres comme le vélo. L'ile de France représente un formidable terrain pour construire un marché du travail plus durable avec des filières professionnelles et des métiers d'avenir. Pour y parvenir, nous avons aussi des questions d'organisation territoriale à régler. Notre région capitale est un enchevêtrement de collectivités et d'institutions qui rend difficile la mise en place de politiques publiques efficaces. Nul ne sait qui a compétence sur quel sujet, qui est responsable de la mise en place de quelles politiques. La métropole est-elle en mesure de travailler dans les mois qui viennent pour l'intérêt général, de sortir du compromis mou pour porter une réelle vision et des politiques fortes ? On ne peut plus attendre.

Sortir de l'impasse institutionnelle

Il nous faut aujourd'hui sortir de l'impasse institutionnelle. Les réponses ne viendront pas d'ailleurs. C'est à nous, élus franciliens, de nous saisir du sujet, comme cela a été fait dans d'autres territoires. Dans l'immédiat, il nous faut clarifier les circuits de redistributions fiscales entre les territoires et revenir au droit commun en transformant les établissements publics territoriaux, en renforçant le bloc communal : c'est le bon échelon pour la mise en place de politiques publiques de proximité.

Dans un second temps, nous devrons nous poser la question de la clarification des compétences entre la région, les départements et le bloc communal. Cela sera l'occasion de revoir aussi la gouvernance démocratique de notre territoire : nous sommes nombreux à penser que demain les élus départementaux et régionaux pourraient être les mêmes, dans l'esprit de la réforme du « conseiller territorial » pour plus de cohérence. Tout ne se fera pas en quelques jours. Cela prendra même du temps. Mais à l'heure où notre territoire est confronté à des défis majeurs, nous ne pouvons pas continuer à accepter la situation de blocage et d'illisibilité démocratique dans laquelle nous sommes en Île-de-France. A nous toutes et tous de nous saisir du sujet et de construire l'avenir de notre Région du Grand Paris.

Liste des signataires

Pacôme Rupin, député de Paris

Guillaume Gouffier-Cha, député du Val-de-Marne

Laurent Saint-Martin, député du Val-de-Marne

Francis Chouat, député de l'Essonne

Marie Guévenoux, députée de l'Essonne

Jean-Jacques Bridey, député du Val-de-Marne

Anne-Christine Lang, députée de Paris

Jacques Maire, député des Hauts-de-Seine

Michèle Peyron, députée de Seine-et-Marne

Stéphanie Atger, députée de l'Essonne

Didier Baichère, député des Yvelines

Aurore Bergé, députée des Yvelines

Céline Calvez, députée des Hauts-de-Seine

Christine Hennion, députée des Hauts-de-Seine

Bénédicte Pételle, députée des Hauts-de-Seine

Patrice Anato, député de Seine-Saint-Denis

Stéphane Testé, député de Seine-Saint-Denis

Gilles Le Gendre, député de Paris

Jacques Marilossian, député des Hauts-de-Seine

Laetitia Avia, députée de Paris

Marie Silin, députée de Paris

Jean-François M Baye, député du Val-de-Marne

Frédéric Descrozaille, député du Val-de-Marne

Florence Provendier, députée des Hauts-de-Seine

Sylvain Maillard, député de Paris

Fiona Lazaar, députée du Val-d'Oise

Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine

Natalia Pouzyreff, députée des Yvelines

Marie-Pierre Rixain, députée de l'Essonne

Naïma Moutchou, députée du Val-d'Oise

Hugues Renson, député de Paris

Benjamin Griveaux, député de Paris

Marie Lebec, députée des Yvelines

Zivka Park, députée du Val-d'Oise

Stéphanie Do, députée de Seine-et-Marne

Rodrigue Kokuendo, député de Seine-et-Marne

Guillaume Vuilletet, député du Val-d'Oise

Yael Braun-Pivet, députée des Yvelines

Laetitia Romeiro-Dias, députée de l'Essonne

Pierre Person, député de Paris

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Commentaires
a écrit le 06/10/2020 à 9:16 :
Si l'échelon communal est pour vous le "bon échelon", il nécessite aussi des mesures pour pallier aux dysfonctionnements récurrents.
Le Canard Enchaîné, le magazine Capital et d'autres informent régulièrement les contribuables des abus des roitelets locaux, qui engagent des dépenses somptuaires pour des projets disproportionnés, et parfois alors que le même équipement existe à quelques kilomètres, au détriment des contribuables.
Cela aussi doit changer. Ce qui est ainsi gaspillé nuit aux bien-être des contribuables et à l'attribuation plus adéquate de ces fonds
a écrit le 28/09/2020 à 11:27 :
En France tout est noyaute, tous les secteurs.
Les corps quels qu'ils soient ne s'occupent que de leurs propre prebendes en savonnant si possible au maximum.
C'est un moyen-age. Le grand paris restera une grande plaisanterie. Morte nee.
a écrit le 28/09/2020 à 8:34 :
Malins les LREM, ils font leurs promesses après les élections, c'est plus sûr. Enfin "malins"... impasse politique totale d'abord et avant tout. Enfin quand on voit ce que nous coûtent les députés pour qu'au final ils se mettent à 40 pour écrire une promesse électorale nous autres par contre ne pouvons que conclure à votre inutilité totale.

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