L'eau : un droit pour chacun, un défi pour tous

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Michel Temer, Président de la République fédérative du Brésil.
Michel Temer, Président de la République fédérative du Brésil. (Crédits : Reuters Ueslei Marcelino)
Quelque 2 milliards de personnes dans le monde ne disposent pas d'un accès à une source d'eau salubre. Garantir l'accès à l'eau est un des plus grands défis de notre époque. C'est pourquoi se réunit cette semaine à Brasilia le 8e Forum mondial de l'eau, auquel sont attendus plus de 40.000 participants de plus de 160 pays. Par Michel Temer, Président de la République fédérative du Brésil.

L'accès à l'eau potable et aux systèmes d'assainissement de base est un droit ; c'est l'un des objectifs de développement durable de l'ONU ; c'est une condition nécessaire à la vie humaine. Et pourtant, près de 2 milliards de personnes dans le monde n'ont pas de source d'eau salubre à disposition dans leur domicile ; et près 2,3 milliards de personnes manquent d'installations sanitaires de base. Environ 260 millions d'individus - soit plus que la population du Brésil - sont à plus de 30 minutes à pied d'un point d'eau. Garantir l'accès à l'eau est l'un des plus grands défis de notre époque.

Si le Brésil possède 12% des réserves mondiales en eau douce, il n'est pas à l'abri des problèmes liés à l'eau. Certaines de ses grandes villes font face à des pénuries d'approvisionnement. Le manque inacceptable de réseaux d'assainissement persiste dans le pays. Et nous ne connaissons que trop bien la souffrance que causent les sécheresses aux populations du Nordeste.

C'est dans le but de trouver des réponses à ces questions urgentes que nous accueillons cette semaine à Brasilia le 8e Forum mondial de l'eau, auquel sont attendus plus de 40 000 participants de plus de 160 pays. Nous recevrons des chefs d'État et de gouvernement, des gouverneurs et des maires, des parlementaires et des juges, des représentants d'organisations internationales et du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile. Cette diversité d'acteurs donne à ce forum une grande richesse.

Le choix du Brésil comme hôte du plus grand événement international sur les ressources en eau ne surprendra pas. Depuis longtemps déjà, nous sommes engagés à l'échelle mondiale sur ce sujet : nous avons organisé en 1992 le Sommet de Rio, conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement, puis la Conférence des Nations unies sur le développement durable 2012, dite Rio+20 - rencontres où a été reconnue l'étroite relation qui existe entre la durabilité des ressources hydriques et le développement. Plus récemment, nous avons été l'un des premiers pays à ratifier l'Accord de Paris, qui aborde l'une des principales menaces au droit à l'eau : les changements climatiques.

Eau et assainissement vont de pair avec environnement

Ce traditionnel rôle de protagoniste sur la scène internationale s'appuie sur des mesures concrètes sur le plan intérieur. Le Brésil sait que l'eau et l'assainissement vont de pair avec la protection de l'environnement - et nous avons fait de la sécurité de l'eau un pilier de nos politiques pour l'écologie. Dans le but de préserver nos cours d'eau, nous avons mis en œuvre le programme Plantadores de Rios (« planteurs de rivières », NdT), qui utilise des outils numériques pour préserver nos sources et nos Aires de protection permanente.

Nous avons également beaucoup avancé en matière de protection de nos forêts. Nous avons agrandi des zones de conservation forestière. Nous avons inversé la courbe de la déforestation en Amazonie qui, à notre arrivée au gouvernement, était en hausse. Et nous sommes sur le point de créer deux vastes zones de conservation de la biodiversité marine. C'est comme cela, en protégeant nos écosystèmes, que nous protégeons nos sources d'eau. Avoir de l'eau disponible est essentiel, mais ne suffit pas. Il faut qu'elle arrive à ceux qui en ont besoin.

Trouver des solutions communes aux problèmes mondiaux

C'est à cela que sert la transposition du fleuve São Francisco. C'est un projet ancien que nous allons bientôt conclure, au bénéfice de 12 millions de « nordestins ». Nous avons déjà achevé l'axe qui portera l'eau aux États du Pernambuco et de la Paraíba, et nous sommes dans la phase finale du tronçon qui arrivera à celui du Ceará. En mettant en œuvre cet ouvrage grandiose, nous n'avons pas négligé la question de la durabilité : nous avons lancé le programme Novo Chico, consacré à la revitalisation du São Francisco.

Notre attention se porte également sur l'assainissement, domaine où il reste beaucoup à faire. Nous sommes sur le point de finir un projet de loi visant à moderniser notre cadre réglementaire en matière d'assainissement et à promouvoir de nouveaux investissements. Ce qui nous motive c'est l'objectif de l'universalisation de ce service de base.

Voilà le Brésil qui accueille le Forum mondial de l'eau : un Brésil à la recherche de solutions communes aux problèmes mondiaux. Un Brésil qui fait et continuera à faire sa part dans la protection de notre ressource naturelle la plus précieuse.

Par Michel Temer,
Président de la République fédérative du Brésil

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Commentaires
a écrit le 24/03/2018 à 22:38 :
Curieux : mon commentaire sur l'eau au Chili n'a pas été publié ! Je peux savoir pourquoi ?
a écrit le 22/03/2018 à 11:58 :
et le gouvernement français s'apprête en catimini à privatiser les infrastructures hydro-électriques qui feront exploser le prix de l'eau, sans la moindre prise de position de M. Hulot
a écrit le 22/03/2018 à 5:34 :
Dans la decennie 90, j'habitais a Moorea ( Polynesie). Le fare ou je logeais etait connecte a la riviere qui descendait des sommets, bien sur imbuvable car contenant un max des bestioles indesirables. SdB, toilettes et cuisine etaient alimentees ainsi. Les jours de pluie, l'eau coulait marron. Seuls les hotels etaient epargnes par cette calamite puisque possedants leurs stations autonomes. Rassurez-vous, nous sommes en 2018 et rien n'a change. Une tres belle image de marque pour le tourisme et c'est en France.
a écrit le 21/03/2018 à 19:42 :
Ce qui est curieux, c'est que l'on achemine du pétrole depuis n'importe quels points de la planète, mais pour l'eau, qui représente 70 % de la surface de la même planète on est pas foutu de prévoir des usines de dessalage et de tuyaux pour amener l'eau où elle doit arriver. Voire creuser de puits au bon endroit. L'ONU, à part se plaindre fait quoi ?

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