La voiture personnelle aura disparu en 2050

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(Crédits : DR)
La mutualisation des usages va s'accélérer, et le moyen de transport star de ces dernières années se tarir. Par Cédric Brochier, DG de Vivastreet.com

La voiture est devenue l'ennemi numéro un des écologistes. Cependant, les transformations de son usage ne sont pas uniquement dues à l'évolution des consciences en matière de climat. Il y a quelques semaines, le gouvernement annonçait notamment la fin de l'avantage économique sur le diesel. La transition est déjà en marche. La commission Européenne estimait en 2013 que seul 17 % des parisiens utilisaient leurs voitures pour se déplacer.1 Le phénomène peut s'observer dans la
plupart des grandes villes françaises. Et si nous allions vers la fin de l'automobile personnelle ?

Le « tout voiture » n'est déjà plus d'actualité

Aujourd'hui, le « tout voiture » n'est déjà plus d'actualité, notamment dans les grandes villes. Nombreux sont ceux qui ne possèdent pas de véhicule personnel. On compte 4 franciliens sur 10 et le chiffre grimpe pour les parisiens qui sont 6 sur 10 à être piétons. Les chiffres varient selon le lieu de résidence. De même, nous roulons de moins en moins. Une tendance visible depuis 2013 puisque le nombre de kilomètres parcourus par les français chaque année diminue alors qu'il était en constante augmentation depuis la seconde guerre mondiale.

Si un coût de plus en plus dissuasif explique cette évolution, il n'en est pas le seul facteur. Le vieillissement de la population, l'urbanisation ainsi que les primes pour l'utilisation des transports en commun tendent à favoriser les alternatives.
Les années à venir verront sans doute la généralisation d'un nouvel usage de la voiture. Jusque là « personnelle », elle n'appartenait qu'à une seule personne. Achetée neuve ou d'occasion, son propriétaire l'utilisait avant de la revendre ou de la déposer à la casse.

Une rentabilisation optimale des véhicules

Dorénavant, la voiture n'appartiendra plus à une seule personne. Ce nouveau véhicule s'appelle « voiture autonome ». Contrairement à une automobile individuelle, celle-ci sera utilisable à tout moment, par une ou plusieurs personnes, sans jamais appartenir à aucun d'entre eux. Elle pourra être en libre service avec les Autolib par exemple, ou bien louée à la demande pour transporter des objets volumineux ou effectuer des trajets plus longs.

Une auto pourra également être achetée à plusieurs afin d'alléger le coût initial et de rentabiliser une utilisation plus raisonnée. Le succès du covoiturage a également changé la donne. Cette tendance vise à une rentabilisation optimale des véhicules. La Californie réserve même des voies spécialement pour les co-voitureurs sur ses autoroutes. Si ce phénomène n'est pas nouveau, il tend néanmoins à s'étendre en dehors des villes, et c'est là même que tient tout l'enjeu du véhicule autonome.

Un usage modéré

D'un point de vue idéologique, l'attachement à ce mode de déplacement sera plus nostalgique. Tout comme certains regrettent les déplacements à cheval, les voitures pourraient bien devenir des objets de collection. Exposées dans un garage, elles nesortiraient que le week-end pour le plaisir de leurs utilisateurs occasionnels.
D'ici 2030, le marché de la voiture autonome est estimé à 87 millions de dollars. Si les voyages en dehors des agglomérations s'effectueront sans doute plutôt en train, le véhicule autonome restera prévalant des villes.

La tendance est à un usage modéré. Ainsi, les automobiles seront moins nombreuses sur les routes mais transporteront plus de voyageurs à la fois. De même, le nombre de véhicules immobilisés sera plus restreint.
« Rien n'est permanent, sauf le changement » disait Héraclite d'Ephèse. En constante mutation, la société entière évolue dans ses pratiques et ses usages. Le domaine de l'automobile n'échappe pas à cette logique. Face aux constructeurs, les alternatives plus économiques et écologiques se multiplient : location, transport en commun ou encore autopartage.

(1) Transport research, rapport « innovation urban mobility » pour la commission européenne, 2013 Pour autant, cette transition vers d'autres modes de déplacement ne doit pas inquiéter mais s'intégrer petit à petit aux usages quotidiens. Fredrik Gertten, réalisateur du documentaire danois « Bikes vs Cars » qui se penche sur le retour en force du vélo dans les grandes villes, compare cette mutation à l'interdiction de la cigarette dans les lieux publics : « Personne ne voulait changer et pourtant
personne ne veut revenir à l'époque où l'on fumait dans les restaurants2. »

2 « Vélos contre voitures : un choix politique », blog transport du monde, 13/09/2015

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a écrit le 08/12/2015 à 17:10 :
Vivastreet aura disparu en 2050.

Un magnifique pamphlet 100% parisiano-boboïsant, qui n’a aucun intérêt à être relayé par la presse. Du jus de crâne pour se faire mousser auprès de l'intelligencia parisienne.
Affirmer ingénument que dans 35 ans la voiture sera remplacée par des réseaux de transports en commun ultra-performants et dignes de ce nom, desservant toutes les villes de France, ses banlieues et ses campagnes dans un inextricable réseau tentaculaire est une utopie post-soixantehuitarde.
Elle n’est pas sans rappeler curieusement la fin des années 60 où l’on pronostiquait (aussi sérieusement que l’auteur ne le fait) qu’en l’an 2000 nous aurions tous des véhicules volants individuels écologiques et non polluants.
Sa logorrhée n’est étayée par aucun argument concret, hormis quelques chiffres jetés au hasard tentant vainement de créditer à une analyse poussive une quelconque teneur scientifique.
Pour parvenir à mettre en place un tel réseau de transport en commun et desservir convenablement l’ensemble du territoire, il faudrait déjà multiplier la masse salariale des fonctionnaires affiliés aux transports publics par 10, voire par100, et quand on voit qu’il faut aujourd'hui plus de 20 ans pour mettre en oeuvre un projet de ligne TGV desservant Marseille à Nice (la fameuse LGV qui, rappelons-le a été récemment repoussée aux calendes grecques), on n’ose imaginer le temps que prendrait pour les politiques d’instaurer un réseau de transport en commun quadrillant tout l’hexagone de part en part.
De plus, le manque à gagner des TVA collectées sur les énergies fossiles entraîneraient irrémédiablement la faillite des états. Sans compter sur le chômage de masse qu’induirait l’abandon de la voiture en tant qu’objet de consommation (2,5 véhicule par ménage actuellement) au niveau des fabricants, équipementiers, ateliers de services, etc.
Rassurons-nous, les lobbies des producteurs de pétrole et autres constructeurs de voitures individuelles ont encore de belles années de eux. 35 ans, voire plus.
Cédric Brochier est étonnamment naïf, un peu comme son site (vivastreet) en totale désuétude face à son plus récent concurrent « leboncoin ».
Sûrement pour n’avoir pas su avoir la vision perspicace de l’avenir de son entreprise sur les deux à trois ans à venir, ni su prendre les bonnes décisions stratégiques en temps et en heure.
Alors quant à ses prédictions sur 35 ans... :)
a écrit le 03/12/2015 à 21:26 :
Peut-être que rive gauche ou rive droite, ce que raconte ce monsieur a probablement du sens, mais pour les campagnes (oui, Monsieur, ça existe des gens qui vivent à la campagne) qui constituent une bonne part du territoire, ça me semble hors sujet.
On se déplacera en véhicule électrique, car l'essentiel des déplacements est inférieur à 100km. Certains s'y sont déjà mis et en sont très satisfaits (quand la vieille Megane qui nous sert de 2ème voiture rendra l'âme, on fera pareil)
a écrit le 03/12/2015 à 19:54 :
Encore un de ces articles pro domo, dont La Tribune aime à se faire le lit. La "propriété" de la voiture pourra peut être évoluer, mais pas son usage. Je partage mon temps entre 2 endroits: un à la campagne (où l'usage d'un véhicule par personne est quasi indispensable; on n'imagine pas aller faire ses courses A vélo au supermarché... à 10 km), et Paris, où ma voiture est garée tout le temps de mon séjour. Auto'lib: pourquoi pas: mais essayez de les faire évoluer: par exemple en étant "abonné", mais ne payant le dit abonnement, uniquement les mois pendant lesquels des occurences d'utilisation auront été constatées: rien à faire: vous PAIEREZ 10EUR par mois, même si vous n'utilisez pas... Ceci dit, les transports en commun à Paris sont tels qu'on n'a AUCUNE excuse (hormis le confort douillet de son auto, à comparer à l'entassement) pour ne pas les utiliser. Et le transport intra muros, au lieu d'être bêtement interdit (à la Hidalgo) devrait n'être autorisé qu'aux véhicules non polluants. Reste que l'approche des "voitures autonomes" qu'on nous prédit (dont la régulation ne pourra se faire que par les pouvoirs publics), qu'est ce d'autre que des "trains" d'autos individuelles ? Bref, ce monsieur sera mort, que les autos lui perdureront...
a écrit le 03/12/2015 à 14:08 :
Il n y a pas que la voiture qui aura disparue en 2050 !!les prédicateurs ,les bobos de tous bords aussi !!et puis Paris n est pas toute la France !!comment fera t on dans en campagne pour se déplacer?!!Les Français aiment leur voiture et c 'est pas prêt de changer !!!!
a écrit le 01/12/2015 à 14:22 :
Pourquoi les voyages en dehors des agglomérations se feraient en train ? c'est là que la voiture restera toujours nécessaire. Or on imagine mal des autolibs en zone rurale tous les 500m. Au mieux il faudra attendre les voitures 100% autonomes qui seront programmées pour débarquer chez vous le matin et vous reprendre le soir sur votre lieu de travail.
a écrit le 30/11/2015 à 22:24 :
Je ne pense pas que la voiture personnelle va disparaitre...ok le pétrole va disparaitre, mais il y aura les voitures électriques et d'autres énergies . Donc pas d'accord.
a écrit le 30/11/2015 à 20:23 :
"la fin de l'avantage économique sur le diesel." avec une consommation faible (je fais moins de 4L sur longues routes), c'est intéressant même au prix de l'essence !
En Suède, taxe carbone, le gazole est moins cher (avantage économique ???) que l'essence, grâce au moins de carbone émis (meilleur rendement). Y a qu'en Suisse et GB que le prix est analogue.
Covoiturage, voitures à louer, autopartage, ... De nombreuses variantes sont apparues.
La motorisation, elle devrait être choisie selon l'usage : local (courses, enfants à l'école) : électrique, peu rouleur : essence, gros rouleur diesel.
a écrit le 30/11/2015 à 15:12 :
Cette antienne de la voiture vouée à disparaître, là, maintenant, tout de suite ou presque, revient souvent. "En 2050" disent aujourd'hui les uns. "En 2000" disaient hier les autres.

Cette "prédiction" paraît frappée au coing du bon sens, et pourtant, il est fort probable que la voiture particulière n'aura en rien disparu en 2050, voire qu'au contraire, elle aura accru son emprise. Certes, elle ne peut que perdre son intérêt dans les métropoles, mais c'est là que le bât de la "réflexion" blesse, car ce sont peut-être les métropoles - paradoxalement - qui sont appelées à perdre du terrain face à une répartition moins dense de la population qu'Internet, et d'autres phénomènes mal cernés aujourd'hui, favoriseront. Pour le moment, l'hystérésis de l'accroissement des métropoles masque la marginalisation inéluctable de ce phénomène nocif. Les grands devins ne font donc que prolonger des courbes, sans essayer de discerner les points d'inflexion.

Le phénomène d'agglutinement stupide de populations croissantes sur des zones urbaines déjà saturées s'estompera assez rapidement, puis s'interrompra. Cette saturation non pensée, dont ne s'accommodent que les plus aisés, est le problème, et non ses conséquences (les embouteillages). Et comme d'habitude, les politiques s'attaqueront d'abord aux conséquences (les embouteillages, donc la voiture), en ignorant le problème : la concentration de populations sur des espaces limités. Au-delà de certains seuils, la densité génère pollution, mal-vivre, problèmes de santé, de sécurité, de stress, dégrade les rapports sociaux, sans compter l'inflation immobilière. Les embouteillages ne sont qu'un symptôme du mal profond qu'engendre la densité urbaine. Supprimer la voiture pour supprimer les embouteillages sans s'attaquer à la densité urbaine revient à passer à côté du sujet.

Bref, le fait que les métropoles chassent inexorablement la voiture particulière constitue davantage une inquiétude pour les premières que pour cette dernière.
Réponse de le 30/11/2015 à 18:08 :
Le changement de tendance qui voudrait que la population se concentre de plus en plus dans des villes, voir des mégacités comme je l'ai lu sur ce même site il y a quelques jours viendra de la digitalisation grandissante de l'économie qui épargnera aux salariés deux heures de trajet par jour pour aller bosser .
Si vous faites votre travail à Nemours plutôt que dans une tour à la Défense inutile de s'entasser à Paris ou dans la proche banlieue et là la bagnole aura toujours son utilité ......mais nos grands penseurs formatés ne peuvent même pas l'imaginer !!!
Réponse de le 01/12/2015 à 11:56 :
+10000

Le problème avec tous ces soit disant penseur c'est qu'à 99,999% ceux sont des bobos parisiens

Ouvrez les yeux, il n'y a pas que Paris

Réponse de le 03/12/2015 à 12:01 :
Il n'est pas question de la disparition de la voiture, mais de la voiture personnelle.
Avec l'automatisation croissante des véhicules, avoir sa propre voiture pourrait devenir un luxe.
Une voiture actuelle est inutilisée 99% du temps. Une voiture autonome peu, en théorie, multiplier les courses, h24 ou presque, sans avoir à supporter la masse salariale du chauffeur, et de là réduire fortement le coût réel du trajet.
Un opérateur avec une flotte suffisante de véhicules autonomes pourrait proposer un service de "taxi" avec un niveau de service sensiblement equivalent à la voiture personnelle, à coup moindre.
Y compris dans des zones à relativement faible densité de population (peut-être pas en Lozère cela-dit).
Réponse de le 08/12/2015 à 17:19 :
C'est ça! Va en parler aux chauffeurs de taxi, tu verras, je pense qu'ils vont bien t'expliquer comment ça marche les flottes de taxi sauvages! LOL

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