Les conséquences de la politique Trump 2.0 sur l'économie européenne.
Gabriel Gaspard

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Le nouveau président des États-Unis a affirmé que les droits de douane, essentiellement des taxes à l'importation, créeront davantage d'emplois dans les industries, diminueront le déficit public, baisseront l'inflation et permettront au gouvernement de réduire les impôts. Une telle démarche ne va-elle pas impacter fortement l'économie américaine ? La BCE s'inquiète, l'Europe doit-elle avoir peur ?
Les droits de douanes injustifiés sont en réalité préjudiciables pour les États-Unis et l'Europe. Les produits deviendront plus chers pour les Américains et moins chers en Europe. Si l'UE réplique par des droits de douanes sur certains produits importés par les États-Unis, il y aura un impact négatif sur les entreprises locales européennes. En réalité, c'est mieux de trouver un accord tarifaire dans l'intérêts des deux parties. L'Europe a déjà une quarantaine d'accords commerciaux signés sur tous les continents. Un nouvel accord doit être signé avec les États-Unis en espérant qu'il ne subisse pas le même sort que le TTIP/TAFTA. En effet, durant le premier mandat de Donald Trump, l'accord avait échoué en raison de l'opposition de l'opinion publique européenne et celle de Trump qui ne voulait plus de libre-échange.
De plus, les droits de douanes :
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Les droits de douanes sont comme des horloges : de temps en temps, il faut savoir les arrêter, les nettoyer, les lubrifier et les mettre à l'heure exacte.
La réélection de Donald Trump sera favorable aux entreprises avec des mesures de réduction d'impôts et de déréglementations, notamment dans le secteur de la finance. Le futur président vise à éliminer certains points de Bâle III. Pour les banques et les sociétés financières, il permettra de réduire les exigences de leurs fonds propres et d'évaluer leurs propres risques. Les banques pourront s'engager plus facilement dans les fusions-acquisitions. Le résultat sera une plus grande concentration du marché dans les mains des grandes banques américaines.
La règle d'exigence d'un taux de couverture de liquidité (LCR) impose aux banques américaines, à l'international, de détenir suffisamment de trésorerie pour couvrir 100% des risques tels que des taux plus élevés, etc. La remise en cause de cette exigence de Bâle III peut provoquer en Europe à une nouvelle crise financière à l'image de la crise de 2008.
La nouvelle administration Trump est prête à ébranler les réglementations. Quels organismes seront les plus touchés ?
La FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), agence indépendante du gouvernement des États-Unis, a été créée en 1933 à la suite de la Grande Dépression. Sa principale mission est d'assurer la stabilité du système bancaire américain et de protéger les dépôts des particuliers (250 000 dollars) dans les banques membres. Ses revenus proviennent des primes d'assurance sur les dépôts détenus par les banques et associations d'épargne assurées etc. La future équipe gouvernementale devrait alors réexaminer certaines pratiques de la FDIC en ce qui concerne la résolution des défaillances bancaires.
L'OCC (Bureau du contrôleur de la monnaie), nommé par le président, est financé par les banques elles-mêmes qui doivent payer des frais d'examen et de traitement. Il dispose de nombreux pouvoirs dont ceux de refuser les demandes de création de nouvelles succursales bancaires, de révoquer les directeurs de banque et même de prendre des mesures de contrôle à l'encontre des banques. Avec la préférence de la nouvelle équipe gouvernementale pour les cryptoactifs et les technologies émergentes, un changement certain sera opéré en termes d'approche politique ou de supervision.
Le Bureau de protection des consommateurs en matière financière CFPB, chargé de protéger les consommateurs du secteur financier, sera la cible du président élu Trump. Il pourrait utiliser la loi sur la révision du Congrès pour revenir sur certaines règles publiées par le CFPB. Avant même son arrivé à la Maison-Blanche, le milliardaire Elon Musk, chargé de simplifier la bureaucratie américaine dans la prochaine administration Trump, a appelé à "supprimer le CFPB".
Avec la réélection de Donald Trump, l'Ukraine devra peut-être bientôt s'adapter à une réduction spectaculaire du soutien américain. Cette réélection met en lumière l'aide militaire et financière que l'Ukraine pourrait attendre de l'Union européenne.
L'Europe est endettée jusqu'en 2058. Pour aider l'Ukraine, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont approuvé à l'unanimité une aide de 50 milliards d'euros. Cette aide passera dans le budget pluriannuel européen 2021-2027. L'Union européenne a mis sur pied un plan de relance Covid-19 de 806,9 milliards d'euros, 750 milliards d'euros au prix de 2018 (NextGenerationEU). Ce plan octroie des subventions (338 milliards d'euros) et des prêts pour soutenir les réformes et les investissements (385 milliards d'euros) dans les États membres de l'UE. Ils ont décidé de s'endetter en commun et de rembourser cet emprunt de 2028 à 2058.
Depuis février 2022, le début de la guerre d'agression menée par la Russie, l'UE et ses États membres ont fourni environ 124 milliards d'euros pour venir en aide à l'Ukraine et à sa population (environ 277 euros par habitants). Pendant cette même période, le Congrès américain a mis à disposition de l'Ukraine 183 milliards de dollars (environ 517 euros par habitants). Si la guerre continue, malgré le plan Trump pour arrêter le conflit et si les États-Unis arrêtent l'aide à l'Ukraine, l'Europe doit emprunter environ 330 milliards d'euros pour soutenir l'Ukraine en 2025-2026.
L'accroissement des incertitudes macro financières avec des marchés financiers américains qui vont encore dominer le monde l'an prochain. Dans une économie américaine pro-business et dirigée par un Président MAGA (Make America Great Again), faut-il suivre la suggestion de la Présidente de la Banque centrale européenne : acheter américain pour éviter une guerre avec Trump ?
Avec l'élection de Donald Trump, il a un accroissement des incertitudes macro-financières et géopolitiques, les perspectives européennes seront affaiblies avec une capacité interne amoindrie à réagir. Il est admis que pendant cette présidence, l'Europe ne sera pas une grande puissance au sens d'un ensemble politico-militaire capable de faire jeu égal avec les États-Unis.
L'Europe doit se réunir rapidement, se muscler et mobiliser son épargne. « En travaillant ensemble et en réunissant nos richesses, nous pouvons accomplir de grandes choses » Ronald Reagan.
Gabriel Gaspard