Les résidences seniors, grandes oubliées des politiques du grand âge ?

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Frédéric Walther, directeur général associé Aegide-Domitys.
Frédéric Walther, directeur général associé Aegide-Domitys. (Crédits : DR)
[OPINION] Dans la feuille de route de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, rien sur les résidences non médicalisées pour personnes âgées. Espérons qu'elles seront évoquées dans la concertation qui doit se tenir avant fin 2019. Par Frédéric Walther, directeur général associé Aegide-Domitys.

Le 30 mai 2018, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn présentait sa feuille de route pour « relever le défi du vieillissement à court et moyen terme ». Quelques jours plus tard, le 13 juin, le président de la république Emmanuel Macron évoquait la création d'un « nouveau risque », et la nécessité de « répondre à une nouvelle vulnérabilité sociale du grand âge ».

Cette prise de conscience est bienvenue. Les 75 ans ou plus, qui représentent déjà 9% de notre population, vont voir leur proportion dépasser les 12% en 2030 avant de doubler à l'horizon 2070. Même si l'échéance peut paraître lointaine, c'est dès maintenant qu'il faut s'y préparer.

Quelles sont les solutions envisagées ? D'un côté, le domicile traditionnel, globalement inadapté. Rappelons que moins d'un logement sur dix a fait l'objet de travaux d'adaptation chez les 65 ans ou plus. De l'autre, les Ehpad qui s'adressent à une population de plus en plus dépendante.

 Va-t-il falloir investir des milliards d'euros d'argent public ?

Or, que va-t-il se passer ? Au-delà du vieillissement, c'est l'augmentation drastique du nombre de personnes âgées autonomes qui va marquer ces prochaines décennies. Des personnes à la recherche de confort et de sécurité, mais aussi et peut-être surtout de lien social.

Alors, va-t-il falloir investir des milliards d'euros d'argent public dans la construction de nouveaux « lieux de vie » ? Va-t-il falloir lancer un grand plan de formation sur fonds publics ? Va-t-il falloir inventer un nouveau prélèvement pour financer cette politique ? Pour une fois, cessons de dramatiser l'enjeu et réjouissons-nous pour deux raisons.

Première bonne nouvelle, la solution existe déjà. Les résidences seniors, en proposant à des seniors autonomes un logement confortable et adapté, ainsi que des espaces de services (restaurant, piscine, bibliothèque...) en rez-de-chaussée, le tout avec une présence humaine en continu, répondent parfaitement à cette nouvelle demande qui s'exprime.

 N'aurait-on pas intérêt à favoriser l'investissement des particuliers ?

Deuxième bonne nouvelle, ces résidences se développent aujourd'hui partout sur le territoire grâce à l'investissement des institutionnels et l'épargne des particuliers. Au nombre de 600 aujourd'hui, ces résidences seniors pourraient être plus de 2.000 à l'horizon 2030.

Cette nouvelle forme d'habitat favorable au maintien des seniors dans l'autonomie (à travers une alimentation adaptée, des animations quotidiennes, une implantation au cœur de la ville...) se développe donc à partir de l'initiative privée. Mieux, ce secteur se structure et se professionnalise à un rythme soutenu, comme en témoigne la récente création du label de qualité VISEHA dédié aux résidences seniors.

Pourtant, les résidences seniors sont bel et bien absentes de la feuille de route d'Agnès Buzyn, qui semble n'envisager l'accompagnement du grand âge que sous l'angle médico-social. Quant à la création d'un nouveau produit d'assurance dépendance, arlésienne des discours politiques depuis de nombreuses années, n'aurait-on pas davantage intérêt à favoriser l'investissement des particuliers, notamment dans les résidences seniors ?

Une concertation devrait s'ouvrir en vue de l'adoption d'un ou plusieurs textes sur le vieillissement avant fin 2019. Cette fois-ci, n'oubliez pas les résidences seniors !

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a écrit le 02/07/2018 à 7:17 :
Sauf a lever de nouveaux impots, il n'existe pas de solution a moyen terme. Il y aura une assistance moyennant finance pour ceux qui possedent un patrimoine, et les autres pauvres (la majorite) condamnes a mourir dans la misere. Un remake de Zola puissance 10.
Les francais devraient prendre conscience de leur situation.
Réponse de le 02/07/2018 à 10:02 :
Faut pas exagerer, le gros des retraites actuels sont tout a fait capable de payer. Il suffit pour ca qu ils vendent leur residence principale vu qu ils n y habitent de toute facon plus. Evidement, ca fait disparaitre l heritage. Mais faut il mieux liquider l heritage de pepe ou taxer les jeunes afin de conserver une societe d heritiers ?
a écrit le 29/06/2018 à 18:07 :
"Première bonne nouvelle, la solution existe déjà. Les résidences seniors, en proposant à des seniors autonomes un logement confortable et adapté, ainsi que des espaces de services (restaurant, piscine, bibliothèque..."

Fourchettes tarifaires:

T1 ou studio : de 600 à 1 500 € pour environ 30 à 40 m²
T2 ou 2 pièces : de 800 à 2 600 € pour environ 45 à 55 m²
T3 ou 3 pièces : de 1 200 à 2 800 € pour environ 60 à 70 m²
Des coûts supplémentaires peuvent s’ajouter au loyer et au Pack Services. Par exemple les charges personnelles (eau, électricité, voir gaz selon le système installé).

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