Le football professionnel français est en crise, tout le monde le reconnait désormais.
Crise financière avec, pour les clubs, des revenus issus des droits de diffusion qui chuteront de 60% cette année ! Crise populaire avec la grogne des supporters dans les tribunes pour les horaires de match, les abonnements télé trop chers et les diffuseurs qui changent tous les deux ans. Crise démocratique enfin avec une élection à la présidence de la Ligue de Football Professionnel, particulièrement opaque et verrouillée, comme si le bilan et les projets de l'équipe en place ne pouvaient même pas être débattus.
Trois crises, trois symptômes d'un même mal : un football professionnel français en partie déconnecté, obsédé (logiquement) par sa compétitivité sportive face à des adversaires plus puissants, mais qui semble moins concerné par les évolutions des autres sports et de ses concurrents en matière de divertissement, les problématiques de violence et de discriminations, et même sa pérennité financière. Le foot français c'est 1 milliard d'euros de déficit chaque saison avant les transferts, ce fameux système consistant à vendre chaque année ses meilleurs joueurs, pour combler les trous issus des achats précédents... et pouvoir recommencer. Ce qui n'a pour finir pas beaucoup de sens, ni au niveau financier, ni du point de vue des supporters !
Au passage, même les Anglais et les Allemands, pourtant beaucoup plus riches, s'en sont rendus compte et commencent à mettre la pédale douce sur les millions dépensés dans les mutations de joueurs.