Qu'est-ce que la DeFi, cette finance décentralisée prête à changer les règles du jeu ?

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(Crédits : Dado Ruvic)
OPINION. Pourquoi tout ce bruit sur la DeFi ? Ces technologies décentralisées introduites par la blockchain, les cryptomonnaies et les smart contracts changent les codes, les paradigmes, les opportunités, les responsabilités, les types d'investissements, les taux de rendements, mais aussi la gestion individuelle des taxes et des capitaux, et ce à grande échelle. Par Claire Desombre, consultante blockchain.

Lors d'un rendez-vous galant, on aborde rarement le sujet de la finance internationale ou des régulations bancaires car le sujet est peu glamour. Soyons honnêtes... mille clichés viennent à l'esprit, tels que des institutions opaques, incompréhensibles, coûteuses, lentes, contraignantes, obsolètes, kafkaïennes et pire encore.

Or, depuis quelques temps, un phénomène improbable rebat les cartes du jeu de la finance classique et on assiste en direct aux ulcères d'acteurs traditionnels, aux constatations hallucinés d'observateurs concupiscents, aux commentaires euphoriques de nouveaux gagnants de la cryptosphère, se voyant déjà millionnaires et super glamour.

Ce phénomène de la DeFi dans la cryptosphère fascine, dérange, intrigue mais aussi interroge sur la valeur et la légitimité des systèmes financiers actuels répartis dans le monde.

La DeFi, un O(F)Ni made in blockchain ?

La DeFi est l'acronyme de Finance + centralisée (en anglais : Decentralized Finance).
  • Le mot Finance fait référence aux outils financiers traditionnels et classiques existant depuis la nuit des temps, tel l'achat, la vente de devises, le transfert d'argent, les prêts, les crédits, le trading, les paris, les assurances. Sur ce point, rien de neuf sous le soleil.
  • Le mot « Décentralisé » fait référence au mode de fonctionnement basic des blockchains : chaque protocole est porté par une multitude de serveurs pour effectuer des transactions instantanées - synchronisées /non censurables / immuables / non rétractables -. Des transactions dont l'adresse des acteurs, les montants et les contrats sont visibles, transparents et auditables, par tout à chacun sur les explorateurs du Web. C'est notamment sur ces points, d'instantanéité, transparence, lecture et étude par n'importe qui, que le jeu prend une autre couleur.

Quelles sont les revendications de la DeFi ?

Les acteurs de la DeFi proposent de créer un système financier alternatif à l'industrie financière existante.

Des acteurs créent des nouvelles valeurs et typologies de services uniquement accessibles sur le Web 3.0 (celui de la blockchain, c'est à dire : des services décentralisés hébergés sur une multitude de noeuds sur la technologie blockchain) en combinant 1 ensemble hétéroclite de protocoles blockchain et 1 ensemble hétéroclite de services financiers existants reproduits. Le tout est mixé afin de créer un ensemble de nouvelles opportunités autour des outils financiers individuels et collectifs d'aujourd'hui uniquement accessible via ces technologies, et donc impossibles à répliquer dans le monde de la finance traditionnelle.

L'objectif de la DeFi - au-delà du lucre apparent et réel - est la création de valeurs financières, accessibles à tous, de façon décentralisée et sans intermédiaire, instantanée, transparente et logique, pour faire des transactions, pour créer et gérer son épargne, pour faire du trading, pour obtenir des rendements avec des outils et sur des valeurs financières non régulées par des organes centraux habituels.

Des chausse-trappes ou des paragraphes écrits en tout petit ?

La DeFi rien n'a rien de magique, car tout est géré par l'informatique. Ces outils financiers ne peuvent exister que grâce aux capacités de l'informatique, de sites Web, des cryptomonnaies, des blockchains, des smart contract (des petits programmes auto-exécutoires, c'est-à-dire programmées pour se déclencher automatiquement sur un événement prédéterminé, entre un émetteur et un destinataire ayant validé ce contrat sur la blockchain).

Mais comme tout est conçu grâce au code informatique, n'importe quel pseudo-codeur-de-génie peut générer une application et proposer à la vente n'importe quel type de produit en consultation libre sur le Web, avec duplicité ou en toute bonne foi sur ses services offerts.

Mais quelle est donc la révolution que la DeFi fomente ?

La DeFi est un concept très ancien

La DeFi se compose d'outils qui sont connus depuis la nuit des temps pour :

  • faire des transactions, soit acheter ou vendre tous types d'articles avec tout types de devises
  • épargner et gérer son épargne avec des taux d'interêt (en anglais borrow / staking)
  • demander un crédit, avec des taux d'interêt, des hypothèques ou mises en garantie (loan - lend)
  • faire du trading, sur des actions, des produits dérivés, des devises, le forex
  • jouer à la loterie ou faire des paris
Donc rien de très nouveau à vrai dire !

Mais comme l'industrie bancaire et financière est une vieille grand-mère qui n'a pas été bousculée ni remise en question depuis des décennies voire des siècles, l'arrivée de la DeFi, avec ses règles, ses succès, sa popularité, son "show-off" et ses capacités financières effrayent ses habitudes feutrées et discrètes, ses règles de savoir-vivre dans un entre-soi très fermé, ses conventions collectivement admises, et ses protecteurs légaux.

Idem pour les acteurs traditionnels des gouvernements et du législatif qui se sentent démunis face à ces nouveaux acteurs intrinsèquement hors contrôle et régulation. En fait, ces institutions réagissent - mais après coup - en inventant des astuces légales et techniques pour se protéger et se garantir leurs taxations.

Rien de très neuf donc... alors pourquoi tout ce bruit sur la DeFi ?

Que de l'ancien, certes, sauf que ces technologies décentralisées introduites par la blockchain, la crypto et les smart contracts changent concomitamment les codes et les acteurs, les paradigmes et les opportunités, les responsabilités et les prises en main, les types d'investissements et les taux de rendements, et aussi la gestion individuelle des taxes et des capitaux, et ce à grande échelle.

Sous nos yeux est en train de se créer tout un nouvel écosystème alternatif à celui existant, avec de nouveaux types d'investissements, de gains et de pertes hors des contrôles des acteurs traditionnels et législatifs... et ce n'est que le commencement.

Les modes de fonctionnement des outils financiers mis à jour par la DeFi :

  • Le crédit ou l'emprunt fonctionne classiquement avec des taux d'interêt + le dépôt d'une garantie ou d'une hypothèque (en anglais loan - lend, collateral, escrow)

Comme le système DeFi est décentralisé et enregistré dans des smart contract, chaque crédit demandé sur une plateforme est nécessairement assorti d'un collatéral, c'est-à-dire d'une mise en dépôt d'un montant hypothéqué, alors mis sous séquestre dans un smart contract proposé par le site/l'application Web/ la DApp et consultable avant signature (taux du collatéral souvent positionné entre 100% et 150% de dépôt). Le collatéral permet de supprimer tout les tracas administratifs habituels : pas besoin de justifier d'un CDI avec période d'essai finie ou de montrer ses trois dernières fiches d'imposition, etc. (Collateral is Law ! : "le système du collatéral fait la loi!")

  • L'épargne fonctionne avec des taux de rémunération, des intérêts composés, une surprise (borrow en P2P / staking, sur le protocole blockchain lui-même)

Tout possesseur de crypto peut épargner et toucher une rémunération sur son livret A "made in DeFi". Il lui suffit de mettre en dépôt une quantité de devises sur lesquels il sera rémunéré en fonction des demandes du marché, et ce, proportionnellement à ses délais de mise en dépôt.

Les taux de rentabilité classique dans la DeFi oscillent fortement selon les plateformes/pools, les devises, les durées, le sérieux de la plateforme. Certaines plateformes peuvent indiquer du + 0,01% comme d'autres peuvent indiquer du +3.000% (+3.000% mais comment dire... comment est-ce possible ?) Généralement les intérêts composés commençant dès le lendemain du dépôt.

Ce qui donne un produit d'épargne qui se compose d'un taux sur le dépôt initial, des intérêts composés dès J+1, la surprise... c'est un % sur les frais de transactions émises au prorata de la valeur du dépôt. Si c'est pas mignon cette répartition !

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Ce type d'épargne avec mise sous séquestre à durée variable n'a rien de nouveau car c'est déjà ce que fait la banque avec notre argent, mais sans nous rémunérer ni verser un intérêt sur ces gains générés grâce à notre épargne collective. C'est pourquoi quand la DeFi propose la même chose mais en plus souple, en plus lucratif, et plus transparent, ça prend sens et (re)trouve immédiatement le public !

  • Les transactions fonctionnent comme n'importe quel achat ou vente faites en CB/virement

Tout possesseur de devises fiat (devises souveraines des Etats ndlr) ou crypto peut acheter un article du moment qu'il s'acquitte du bon taux de TVA sur le produit.

La France n'ayant pas choisit de suivre les préconisations de l'Europe sur les cryptomonnaies - une devise comme une autre - mais ayant choisit d'ajouter une imposition (la Flat Taxe), elle génère cette taxe dès la transformation d'une crypto en monnaie locale.

C'est un peu un système de double peine car il y a la TVA sur le produit global et l'imposition de la flat taxe sur le porte-monnaie global.

Là où la cerise sur le gâteau est très intrusive : c'est que tout possesseur de crypto ayant payé sa baguette en crypto (donc avec une conversation en fiât, monnaie locale) devra alors déclarer la totalité de son portefeuille aux impôts pour s'acquitter de sa Flat Taxesur ce petit montant convertit !

  • Le trading sur les devises, les produits dérivés, le forex fonctionne pareil

Les taux et les prix des produits sont différents sur chaque pool sollicitée car chacune à sa quantité de liquidité disponible + des acheteurs/vendeurs. De façon instantanée sur une pool choisie ou un agrégateur de pools, les taux sont synchronisés et le trading se fait en indiquant ses ordres d'achat ou de vente.

NB : Une pool désigne un acteur qui accueille d'autres acteurs se réunissant ensemble sur un sujet commun. Dans ce cas précis, il s'agit de liquidité à prêter et de liquidité à emprunter, chaque pool va donc déterminer ses taux d'intérêt aux prêteurs/ aux emprunteurs selon son carnets d'ordre.

  • Les loteries et les paris

PoolTogether est une loterie sans perdant car tous les joueurs qui participent à cette loterie commencent par déposer dans un smart contract, un montant crypto pour une période fixe de un à sept jours ("weekly ou daily pool"). A l'issue de cette période, le smart contract rend à chacun son montant initial et ses intérêts composés, et l'application tire au sort une adresse gagnante qui empochera un gain supplémentaire issu des intérêts composés de la somme globale (NB : le sort proportionnel à la somme initiale mis en dépôt).

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À vrai dire, c'est une très bonne stratégie de communiquer sur "un loto sans perdant " pour alpaguer de nouveaux venus dans le système banal et déjà très chargé d'acteurs, sur une DApp (application décentralisée ndlr) d'épargne collective en mode Pool, avec une durée fixe et courte, avec des taux de rémunération et des intérêts composés, des plus classiques !

Quant aux paris classiques, des jeux de prédilection sur tels ou tels résultats tangibles, dès que l'info du pari est disponible sur le Web, elle remontée par un pool d'oracles, pour que le smart contract puisse effectuer sa tache de verser les montants mis sous séquestres aux vainqueurs. Augur est un protocole P2P de paris qui permet à quiconque de créer un pari, une prédiction, avec des prix d'ouverture et des récompenses enregistrés dans un smart contract.

N'importe qui peut faire des paris sportif avec des prédictions sur score, tel 4 buts PSG contre 2 OM. Après le match, les scores seront rendus officiellement publics, les oracles d'Augur sourceront et remonteront les scores officiels au smart contract, qui débloqueront automatiquement le versement de la somme convenue à l'adresse du/des vainqueurs du paris (directement vers les portemonnaies numériques), sans qu'ils n'aient eu besoin de solliciter ou vérifier le versement, car tous ces détails techniques ont été validés et enregistrés en amont par chaque partie de la prédiction.

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Aujourd'hui sans surprise les paris actuels portent sur... mais quel sera donc le nouveau président des Etats-Unis ?

Dès les résultats de l'élection publiés, les vainqueurs recevront automatiquement leur dépôt mis sous séquestre et leurs gains, c'est-à-dire les dépôts sous séquestre des acteurs déclarés comme perdant par les oracles ayant remonté les scores des élections.

Le détail qui tue : des taux d'intérêt hors norme !


Perplexe sur les taux d'intérêt avantageux, vertigineux et insolents de vitalité ?

En effet, si certaines promesses de taux hallucinants sont issues d'arnaques qui veulent attirer le Béotien naïf et crédule, beaucoup d'applications financières sérieuses de sites centralisés ou décentralisés sont justifiables simplement par le fait qu'ils proposent la mise à jour de vieux outils financiers hors les murs, sans agence physique ni bail, ni salarié-ni RH-ni charge patronale à payer, ni infra informatiques ou SI à maintenir, ni contrôles sur contrôles, ni chambre de compensation, ni... ni... bref tout un ensemble de charges variables et de frais fixes supprimés qui sont réinjectés dans les % de gains aux utilisateurs et à la communication.

Pour résumer : l'informatique, la blockchain, les smart contracts offrent une remise à jour de cette industrie institutionnelle avec une réduction drastique des délais et des coûts et surtout des augmentations de la sécurité (ce qu'on oublie souvent car la sécurité est éclipsée par les histoires de vols et arnaques effectués par des stratagèmes plus ou moins sophistiqués mais semant le doute et l'incompréhension sur la sécurité de l'ensemble cumulé).

Comment s'y retrouver et ne pas être embringué dans une arnaque?

Si en marchant dans la rue, je venais vous aborder - vous un inconnu- pour vous vendre la Lune ou la tour Eiffel... pensez-vous vraiment que vous me croiriez et me feriez un chèque en blanc comme ça ?

C'est de la pure folie. Alors pourquoi être moins raisonnable quand vous surfez sur le Web que lorsque vous marchez dans la rue ?

Dans l'informatique, le Web et donc la DeFi n'importe quel pseudo-codeur-de-génie peut générer une application centralisée/décentralisée avec ou non un token natif, et créer n'importe quel type de produit et le mettre sur le marché du Web en consultation libre avec un SEO donnant un bon référencement.

Certaines DApps (applications décentralisées) ont un véritable sous-jacent, un vrai produit et un réel marché, certaines sont des arnaques pures, d'autres sont plus spécieuses et utilisent le buzz viral pour proposer un produit super lucratif valable mais uniquement pour moins de 24 heures ou dont le but est de trouver toujours plus crédule que soi pour lui revendre ses actions sans être le dernier acheteur-dindon de la farce ! Genre Pyramide de Ponzi revisitée par Maddoff et mise sous "package Blockchain".

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Donc quand des sites inconnus promettent 3.000% de bénéfices/jour sur des produits financiers improbables, on pense à quoi ?

Promesses et gagnants de la DeFi

La DeFi arrive avec un lot de promesses qu'elle tient - ou ne tient pas - et toute une flopée d'avantages et d'inconvénients observables

Les avantages observables :

  • les taux du marché générés en temps réel par les acteurs actifs
  • la non-censure et non-manipulation par les institutions bancaires, institutionnelles, gouvernementales
  • le choix sur le broker et taux de frais
  • la gestion individuelle 7J/24H sur ses actifs
  • la visibilité et les audits de contrôles de n'importe qui sur n'importe quels contrats proposés et effectués
  • des prêts ou crédits acceptés ou refusés instantanément
  • des rendements versés instantanément et quotidiennement selon des règles transparentes
  • des dettes impossibles car un collatéral systématique
  • des accès sans discrimination ni restriction, autres que ceux des capitaux possédés (en réel ou en collatéral)

Les inconvénients :

  • ce qui est fait est fait... tout transfert est immuable. Il n'y a pas de retour en arrière possible
  • tout emprunt /crédit se fait avec un collatéral de crypto mise en dépôt. Si le crédit n'est pas remboursé ou la valeur de la devise est baissière, alors le collatéral mis en gage est consommé ou à recapitaliser, sans autre négociation possible
  • les hacks, bugs et failles de sécurité sur les smart contracts (audités et non audités) engendrent des pertes de fonds sans recours possible (sauf dans certains cas tels fork de The Dao, assurances de la plateformes et revirement altruiste de hackers pénitents. Si si !)
  • la liquidité peut être insuffisante au moment des retraits
  • les oracles peuvent être plus ou moins rapides et plus ou moins fiables
  • la responsabilité de gestion de ses adresses de portemonnaies (wallets) et de ses placements est exclusivement personnelle
  • les frais de transfert (gaz) peuvent exploser
  • les cumuls des frais de transfert et les potentiels hack/bug brisent le calcul du ROI anticipé sans la prédiction des frais et des pertes

La DeFi ce sont donc des outils basic plus ou moins décentralisés et à responsabilité individuelle tels :

  • 1 smartphone ou 1 ordi avec connexion Web
  • 1 portefeuille (= wallet avec clef privée et clef publique)

De type hot wallet : Argent sur téléphone offrant un accès direct aux tokens et DEX ou 1 cold wallet tel Ledger à connecter aux plateformes sur lesquelles se brancher (produit Français reconnu le plus sécurisé au monde)

  • des crypto (= achat en CB ou par virement sepa)

Tout achat de crypto/stablecoin en devises nationales se fait sur des plateformes centralisées de type Coinbase. com, Binance. com, Swissborg. com, Coinhouse. com (entreprise française, appelée anciennement la Maison du Bitcoin) avec KYC (déclaration d'identité de type CI/Passeport etc.)

  • 1 plateforme d'échange (DEX ou plateforme centralisée)

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Les crypto doivent rejoindre des places de marchés de type centralisées ou décentralisées (DEX) de type Uniswap.org, Compound.finance, Aave.com, ou Curve.fi (la seule plateforme d'échange a être dédié aux stablecoins et sans KYC (sans besoin de déclarer son identité), Instadapp.io

  • Une gestion des produits financiers

Une stratégie d'actions peut être faite en manuelle, en comparant les taux, les durées, les DEX ou automatique et déléguée avec des bots et des dashboard tel Zapper. fi, Instadapp. io

  • 1 choix de taux de rendement

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Les meilleurs taux des plateformes et des DEX sont remontées sur des interfaces qui agrègent les offres du marché, avec division des ordres et routages selon ROI sur durée/devise/marché, tel 1inch. exchange, Paraswap. io (la dernière société française ayant levée de 2,7 millions de dollars pour un produit DeFi)

Quels enjeux et répercutions de demain made in DeFi ?

Tous les secteurs de la finance traditionnelle peuvent être placés (et non remplacés) dans ce contexte de finance alternative. Depuis qu'il a émergé, l'écosystème se structure, les projets avancent, la capitalisation continue, les early adopters font des petits etc.

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NB: la DeFi (avec plus ou moins 7 milliards de dollars) représente une toute petite partie de l'écosystème global d'Ethereum capitalisé à plus de 47,8 milliards de dollars. Soit une micro goutte d'eau dans l'univers impitoyable de la finance internationale.

Certains acteurs sont déjà référencés comme sérieux, stables et avec les meilleures expériences utilisateurs.

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Mais face au souffle de ces vaillants hérauts agiles et plébiscités de la DeFi se postent et ripostent d'autres acteurs plus lourds, tel Goliath, telle la Commission européenne qui rédige des règlements, des directives et des lois.

Malgré tout, dans certains pays d'Europe de nombreux petits acteurs, tels des petits David, se fédèrent, veillent et réagissent pour que les règlements en cours d'écriture à la Commission ne soient pas aussi fermes ni fermés qu'elle le laisse entendre (en France l'ADAN et le Cabinet Kramer Levin).

En effet, les blockchains sont une réalité technologique et les crypto sont une réalité économique réelle à estimer dans le temps, notamment avec tous leurs enjeux économiques, politiques et financiers. Même si la DeFI n'est pas comprise des institutionnels, les opportunités de ces innovations sont telles qu'il faut les insérer dans le champs des réflexions de ces directives et lois, malgré toute mauvaise compréhension ou volonté de stabilité illusoire et temporaire.

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De fait, pendant que les États-Unis et la Crypto Valley made in Suisse viennent déjà d'entériner de nouveaux cas d'usages sur les applications et type d'investissements dans la DeFi, l'Europe s'ingénue à légiférer pour les contraindre.

Conséquences prévisibles : on peut craindre le pire car en s'opposant aux innovations et à leurs écosystèmes - créateurs de valeur et de flux financiers en provenance des investisseurs et des consommateurs -, les forces vives du futur (ressources humaines et financières) pourraient continuer de migrer ailleurs, sur des territoires plus favorables, hors d'Europe, pas forcement loin, juste à côté même, mais où l'on peut acheter ses tickets de train sur le quai ou payer ses impôts, en bitcoin, ou aller retirer du cash au ATM du quartier. (Suisse, Hollande, etc.)

Que le monde de la DeFi soit avec nous et suite aux prochains épisodes qui devraient être haletants.

- Ceci n'est pas ni un conseil ni un guide financier. -

Lire aussi >> Comment déclarer ses cryptomonnaies aux impôts ?

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Commentaires
a écrit le 06/10/2020 à 14:31 :
Bitcoin est une innovation majeure. Bitcoin est réelement décentralisé, ce qui le rend impermeable à toute forme d'attaques. L'annonce récente de l'entreprise publique MicroStrategy d'utiliser Bitcoin comme un remplacement des obligations est une nouvelle pierre à cet édifice.

Ethereum n'est pas Bitcoin; Ethereum n'est pas décentralisé; L'utilisation du terme DeFi sur ce systeme n'est que du marketing. Un rappel des SPOFs (Single point of failure) de ce système:
*L'oracle, qui est une entreprise fournissant les données, et controllant ces même données.
*L'entreprise contrôlant le DeFi.
*Ethereum lui même controllé par Vitalik.
Réponse de le 08/10/2020 à 9:10 :
En effet cela pose un doute solide sur l'ethereum du coup. C'est qu'il y a plus que dans la finance qu'ils ont des idées nos mégas riches, il vaut mieux se méfier.
a écrit le 06/10/2020 à 11:13 :
Bravo pour l'article.
Je crois quil faudrait mieux expliquer les cas d'usage possibles et plus fréquents du crédit demandé sur une plateforme, qui est "nécessairement assorti d'un collatéral, c'est-à-dire d'une mise en dépôt d'un montant hypothéqué".
En particulier si en général le collatéral est d'habitude en stablecoin (valeur fixée à un dollar ou un euro) ou en bitcoin et si on utilise le plus souvent le pret pour acheter une cryptomonnaie qui n'est pas une stablecoin ou un bitcoin. En tout cas il me semble qu'il n'y aurait aucune raison par exemple de démander un crédit en bitcoin en mettant en garantie le meme collateral en bitcoin!
a écrit le 06/10/2020 à 9:38 :
J'ai du créer un compte donc pour commenter car je ne commente jamais .. Mais la, bravo pour l'article!! Depuis un moment je suis les évolutions de la DeFi, et même si cela ne remplacera pas le système actuel, cela met au moins en concurrence et laisse surtout le choix aux gens d'utiliser un système alternatif. Les protocoles sont encore jeunes et sans doute pas encore assez mature pour être vraiment utilisé en masse, mais d'ici quelques années je pense que certains projets auront tirés leur épingle du jeu.

Après c'est comme toute nouvelle technologie, le "change management" ne se fait pas en un jour, il faudra encore quelques années avant que ces technologies ne soient reconnus et utilisés par le grand public.

Donc vraiment bon article, félicitation!
a écrit le 06/10/2020 à 9:19 :
Toujours la petite musique de Michelet: "Quand l’État est défaillant, les sorcières apparaissent". Nous avons fait l'UE en principe pour être mieux armé. Hélas je crains que la balance penche de plus en plus vers les paradis fiscaux et les très gros revenus. Respirons, les bonus des managers se maintiennent en 2020.
a écrit le 06/10/2020 à 8:58 :
Waouh !

Merci beaucoup vu la richesse et densité de cet article vous avez du au moins tuer trois ou quatre trolls ! Un sacré boulot, chapeau c'est tout simplement parfait c'est exactement comme cela qu'il fallait faire vu le sujet, bravo.

"l'industrie bancaire et financière est une vieille grand-mère qui n'a pas été bousculée ni remise en question depuis des décennies voire des siècles"

Une belle image, pour ma part je ne peux pas m'empêcher de le rappeler sans les insulter, ce qui est maladroit certes mais qui fait du bien quand même hein avec tout le mal qu'ils nous font. J'ai lu également "les gros matous de la finance" qui leur va bien également.

"pendant que les États-Unis et la Crypto Valley made in Suisse viennent déjà d'entériner de nouveaux cas d'usages sur les applications et type d'investissements dans la DeFi, l'Europe s'ingénue à légiférer pour les contraindre"

Voilà pourquoi nous sommes condamnés au déclin, tandis que les américains anticipent le futur, la finance européenne elle le freine des deux pieds, et ça fait une éternité que cela dure, forcément, pour gagner une course, freiner sans arrêt est peu recommandé !

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 06/10/2020 à 8:32 :
oui oui
vous avez un million d'euros, vous epargnez en blockchain, votre disque dur crash, voila vous venez de perdre un million a cause d'un peripherique a 80 euros
pareil pour votre maison
pareil sur l'hypotheque du bien caution du pret que vous avez fait ( et la la contrepartie arrete de vous payer)
la technologie, c'est bien, les papiers, c'est mieux
cela dit pour faire un virement a l'international, le bitcoin, c'est bien ( pour les petits montants)

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