Remaniement : quand la Sarkozie vote Macron (et vice-versa) !
Marc Endeweld
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C'est un SMS qui en dit long : Le soir du remaniement ministériel, Camille Pascal, plume de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, envoyait le message suivant à l'ancien de chef de l'Etat sur son téléphone : « Mais Monsieur le Président, vous êtes revenu ? » L'ancien conseiller n'était pas le seul sarkozyste à être d'humeur joyeuse après l'annonce de la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, de Roselyne Bachelot à la Culture, ou encore de l'avocat Éric Dupond-Moretti comme Garde des Sceaux.
Si ce dernier n'est pas un sarkozyste revendiqué et encarté (il ne s'est jamais engagé en politique jusqu'à aujourd'hui), il connaît beaucoup de gens dans l'entourage de l'ancien président : ce ténor du barreau est notamment le proche ami de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, et il a eu récemment comme client Patrick Balkany, ou même Alexandre Djouhri, l'intermédiaire de la droite française (entre 2018 et 2019). L'avocat désormais ministre va même jusqu'à jouer de cette proximité : lors de la passation de pouvoir place Vendôme, il a ainsi annoncé vouloir être « un Garde des Sceaux de sang-mêlé », une formule très sarkozyste... Nicolas Sarkozy ne s'était-il pas présenté lors de sa campagne présidentielle de 2007 comme un « petit Français de sang mêlé » ?
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Bien sûr, l'influence de Nicolas Sarkozy se faisait déjà ressentir avec la nomination à Matignon de Jean Castex, qui fut son secrétaire général adjoint à l'Elysée à la fin de son quinquennat. Quelques heures après sa nomination, le nouveau locataire de Matignon a d'ailleurs appelé l'ancien président, et ce dernier a fait savoir qu'il avait « beaucoup de respect, d'amitié et même d'affection » pour Jean Castex. Même la presse étrangère constate le poids de Nicolas Sarkozy dans ce qui reste de la macronie : mardi, El Pais titrait un de ses articles : « L'ombre de Sarkozy dans le gouvernement Macron. »
Opération réussie donc. Car au printemps, la sarkozie s'était positionnée avec force, et avait multiplié les signaux en direction d'Emmanuel Macron. En plein confinement, Nicolas Sarkozy s'était longuement entretenu avec lui au téléphone. Et certains supporters de l'ancien chef de l'Etat se mettaient à espérer sa nomination à Matignon, comme nous l'avions relaté alors : « C'est peu probable, mais le sujet a bien été évoqué », nous avait confirmé un macroniste de la première heure au moment où les tensions se multipliaient entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron. « Sarko a tout intérêt à se positionner, même pour Matignon, quand on pense à son agenda judiciaire à venir... », persiflait également un anti-sarkozyste de droite.
Marc Endeweld