La solitude de Macron face au « jeu dangereux » de la Turquie et de l'OTAN

Marc Endeweld
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Erdogan lundi a bruxelles pour rencontrer michel et von der leyen
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Erdogan lundi a bruxelles pour rencontrer michel et von der leyen
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Entre la France et la Turquie, la tension monte. Jusqu'alors réfugié dans le silence, le président Emmanuel Macron s'est finalement résolu en début de semaine à hausser le ton à l'encontre de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Le chef de l'État a en effet dénoncé le « jeu dangereux que la Turquie joue en Libye ».
En clair, Paris juge « inacceptable » l'intervention militaire d'Erdogan auprès du gouvernement de Tripoli.
La réponse turque ne se fit pas attendre : Ankara a immédiatement jugé « inacceptable le soutien qu'apporte la France au maréchal Haftar », qualifié par le ministre des affaires étrangères turc de « voyou ». La Turquie s'est par ailleurs permise d'accuser la France de « porter atteinte à la sécurité de l'OTAN, à la sécurité de la Libye et de soutenir le dictateur-président égyptien Fattah al-Sissi ».
Des mots très durs, mais ce ne sont pas les seuls. Un peu plus tôt, le porte-parole du ministre des affaires étrangères avait carrément expliqué à la presse qu'Emmanuel Macron avait « perdu la tête » (en utilisant l'expression « eclipse of mind ») en s'opposant au soutien qu'apporte Ankara au gouvernement de Tripoli reconnu par l'ONU. Ce n'est pas la première fois que les autorités turques osent insulter le président français.
En novembre dernier, Recep Tayyip Erdogan avait réagi avec virulence à l'interview qu'avait donnée Emmanuel Macron à The Economist dans laquelle il avait critiqué l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre les Kurdes : « Il dit que l'OTAN est en train de vivre une situation de mort cérébrale, je m'adresse depuis la Turquie à Monsieur Macron, et je le redirai à l'OTAN, vous devriez d'abord vérifier si vous n'êtes pas en état de mort cérébrale. »
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Il y a une quinzaine de jours, cette guerre des mots s'est traduite très concrètement sur le terrain militaire. Le 10 juin, la frégate française Courbet, en mission pour le compte de l'OTAN, a voulu contrôler un cargo turc battant pavillon tanzanien soupçonné de vouloir livrer des armes en Libye (le pays est placé sous embargo officiellement). Mais le cargo a poursuivi sa route, protégé par deux frégates turques qui n'ont pas hésité à viser le Courbet par leur laser de conduite de tir. Pour le coup, c'est un acte de guerre inédit entre les forces militaires de deux membres de l'OTAN. La France a protesté, par l'intermédiaire de sa ministre des Armées, Florence Parly, lors d'une réunion de l'organisation atlantique à Bruxelles. De son côté, l'Elysée se contentait d'un communiqué de presse.
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