Gestion des eaux : le tribunal administratif de Poitiers annule la construction de six bassines

Jean-Philippe Déjean
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La décision prise le 4 juin par le tribunal administratif de Poitiers d'annuler deux arrêtés préfectoraux autorisant la création de six bassines au nord de la Charente-Maritime remet en avant l'imbroglio dans lequel se trouve la gestion de l'eau en Nouvelle-Aquitaine. Cette décision a été prise par le tribunal, suite à l'action de l'association Nature Environnement 17, qui entendait s'opposer ainsi à l'initiative du Syndicat mixte des réserves de substitution (Syres) de Charente-Maritime.
C'est ce dernier qui était aux commandes pour faire construire six de ces fameuses bassines : des retenues d'une capacité maximale de stockage représentant 1,6 million de m3 d'eau, pour approvisionner une dizaine d'exploitations agricoles. Le tribunal administratif a notamment jugé que ces retenues développaient un volume de stockage d'eau surdimensionné par rapport aux besoins mais aussi, et c'est déconcertant, que le Syres méconnaissait les règles du Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage).
Du pain bénit pour les élus écologistes du conseil régional, qui entendent dénoncer une forme de désinvolture.
Ces derniers déplorent que d'autres projets de bassines soient toujours en cours, dans la Sèvre niortaise et le Marais poitevin, menaçant "de bouleverser un écosystème fragile, remettant aussi en question les conditions d'exploitation de la mytiliculture et de l'ostréiculture en aval du fleuve".
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Le gros projet régional en matière de bassines reste cependant celui porté dans les Deux-Sèvres par Coop de l'eau 79, qui va aboutir à la construction de 16 bassines totalisant une capacité de stockage de 6,8 millions de m3 (Mm3). Du très lourd à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Tellement lourd qu'Alain Rousset, président de la Région, qui intervient dans le financement de ces bassines, a dû jouer le médiateur pour réduire les proportions de ce projet contesté par l'association citoyenne Bassines non merci ! C'est ainsi que le nombre de bassines a été ramené de 19 à 16, les prélèvements annuels de 8,6 Mm3 à 6,8 Mm3 et l'investissement global de 60 à 50 M€.
Jean-Philippe Déjean