« C'était un injuste paradoxe. » Dans les mots du maire de Soulac-sur-Mer, il y a beaucoup de soulagement à tourner la page d'un bâtiment, Le Signal, qui faisait de la commune la plus au nord de la Gironde un symbole de l'érosion côtière en France. Une anomalie construite en 1967 et avancée sur le front de mer qui, pour l'édile, gâchait un peu le paysage de ses grandes plages atlantiques. C'est aussi l'emblème d'une époque d'ouverture du tourisme populaire de masse. La démolition de l'immeuble de 78 appartements donnant sur l'océan a été lancée, pour de bon, ce vendredi 3 février avec les premiers coups de pelle. Elle s'effectuera jusqu'en mai, avant le programme de reconstitution de la dune fin 2023.
Un symbole d'autant plus paradoxal que Soulac-sur-Mer, située non loin de l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, n'a jamais porté l'esprit d'une station balnéaire d'envergure. « La mentalité de Soulac c'est celle d'une petite cité de vacances familiale », confie une habitante. Hormis l'implantation du Signal, qui devait d'ailleurs préfigurer la construction d'une dizaine de bâtiments du genre sur le front de mer dans les années 1960-70, la ville n'a jamais compté de grande infrastructure balnéaire pour accueillir en masse les touristes. Le projet baptisé Soulac 2000 par le maire de l'époque n'a jamais vu le jour.