OLIVIER LLUANSI - Le but de la mission qui m'a été confiée est de proposer des objectifs pour la réindustrialisation de notre pays. Quelle part de notre création de richesse l'industrie devrait-elle représenter en 2035 ? Toujours 10 %, 12 % ou même 15 % ? Et si l'on souhaite réindustrialiser, quels sont les leviers pour y parvenir, sachant que la part stagne depuis 2009, à l'un des niveaux les plus bas d'Europe ? Pour renverser la vapeur, je crois en la dimension territoriale, qui dispose d'un potentiel caché.
C'est tout le sens de « Territoires d'industrie », programme que j'ai eu la chance d'initier en 2019. L'originalité de la démarche est d'être « montante » : ce n'est pas l'État qui prescrit, mais les territoires qui portent leur ambition et leurs projets. « Territoires d'industrie » est ainsi devenue une « usine à projets » de réindustrialisation pour les PMI et les ETI. Dans ce cadre, j'étais déjà venu rencontrer les industriels du bassin de Lacq. J'avais alors découvert un territoire qui m'avait surpris par son dynamisme. Après plusieurs réunions avec des industriels à Paris en décembre, j'ai donc tenu à consacrer ma première visite à ce bassin, qui illustre à merveille le « virage vert » que notre industrie doit prendre. Je vais aller à la rencontre d'autres territoires, dont Belfort-Montbéliard (où est installé notamment Alstom, ndlr) et peut-être Laval, Troyes et la région lyonnaise, avant de rendre mes conclusions vers début avril.
2.000 projets identifiés d'ici 2027
Entre 2018 et 2022, près de 1.800 projets, des agrandissements de sites ou encore la création de formations, portés par des entreprises et collectivité locales ont été financés par le programme « Territoires d'industrie », soit 1,37 milliard d'euros d'argent public provenant essentiellement du Plan de relance. Pour la seconde phase du programme, annoncée en mai 2023 et courant jusqu'en 2027, plus de 2.000 projets ont déjà été identifiés.