Pour la première fois, la Nouvelle-Aquitaine vote un budget en baisse

Pierre Cheminade

Photo d'illustration
Agence APPA

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« C'est un budget responsable et protecteur qui répond à une démarche humiliante de la part de l'Etat », pointe Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, en référence aux économies imposées par le projet de loi de finances pour 2025, pour l'instant mis en pause. « En 26 ans à ce poste, c'est la première fois que je présente un budget en baisse ! », regrette l'élu socialiste. Fixé à 3,3 milliards d'euros, le budget primitif de la collectivité pour 2025 acte en effet une baisse de 5,7 % par rapport aux 3,5 milliards d'euros votés pour 2024, ce qui était déjà un montant stable par rapport à 2023.
La Région préfère répartir l'effort entre les secteurs, plutôt que d'amputer drastiquement le budget d'un seul, comme l'ont fait les Pays-de-la-Loire avec la culture. Les investissements néo-aquitains sont globalement réduits de 16 % tandis que les dépenses de fonctionnement sont stables (-0,13 %). « On doit faire des efforts mais sans sacrifier nos priorités, nous avons épluché le budget ligne par ligne », explique Alain Rousset qui a été contraint de souscrire un emprunt d'équilibre de 412 millions d'euros face à une baisse de recettes de l'Etat de plus de 100 millions d'euros.
Au total, la région priorise quatre domaines d'actions qui concentrent 58 % des 938 millions d'euros de crédits d'investissement, soit 180 millions de moins qu'il y a un an. Il s'agit de la transition énergétique et de la mobilité durable, seules dépenses à être en hausse notamment pour l'achat de nouvelles rames TER, mais aussi des lycées et des infrastructures de transport.
Des investissements dans le ferroviaire seront maintenus, notamment la rénovation des gares de Limoges et Bayonne et la nouvelle gare de Talence-Médoquine qui ouvrira en Gironde en 2025. En revanche, « la capacité à lancer de nouvelles opérations est quasi nulle », reconnaît la collectivité, particulièrement pour « les opérations du contrat de plan Etat-région, qui vont au-delà de ses compétences ». Il est notamment prévu de réduire de 30 % les crédits de paiement pour les lignes ferroviaires.
« On ne déviera pas de nos engagements de notre feuille de route Néo Terra en faveur de l'environnement et des aides aux agriculteurs », complète Sandrine Derville, la vice-présidente en charge des finances. 490 millions d'euros seront également maintenus pour soutenir le développement économique. En revanche, l'Opéra national de Bordeaux devra se passer de 350.000 euros, soit environ 1,5 % de son budget. Du côté des recettes, la taxe sur les cartes grises passera de 45 à 53 euros dès le 1er janvier 2025.
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Tous les groupes d'opposition ont voté contre ce budget primitif pour 2025 qui est cependant qualifié « d'exercice d'équilibriste bien équilibré » par le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser). Ce dernier souligne que « les efforts restent partagés, évitant que des secteurs entiers ne soient sacrifiés » et « apprécie que le conseil régional continue de s'engager dans les services publics du quotidien ».
Pierre Cheminade