Chaque fois, c'est la même mécanique qui se met en place, la même histoire qui se reproduit. À Bélâbre, village de 960 âmes dans l'Indre, des militants d'extrême droite
tentent d'empêcher le projet d'installation d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile
(Cada), face à une maire esseulée. Il ne s'agit là que d'une réplique de ce qui s'était passé à l'automne 2022 à Callac, ce village des Côtes-d'Armor qui a dû abandonner le projet d'installation d'un centre similaire en raison d'une opposition structurée et très efficace des sphères identitaires. Puis c'est à Saint-Brevin-les-Pins, commune de bord de mer en Loire-Atlantique, que des militants d'extrême droite ont intimidé la population et menacé des élus locaux - le maire a vu sa voiture brûler devant son domicile avant de démissionner -, mais cette fois le Cada a bien fini par ouvrir.
Cette « méthode Callac », du nom de ce village traditionnellement de gauche devenu malgré lui l'emblème d'une guerre civilisationnelle, est autopsiée dans l'étude « De Callac à Crépol : les campagnes au cœur des batailles identitaires », menée par Raphaël Llorca, essayiste et expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, et Laurence de Nervaux, directrice du think tank Destin commun. Une méthode qui repose sur la stratégie de la métonymie, une figure de style qui consiste à montrer une partie pour