Immigration : RN et LR se marquent à la culotte
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© LTD / Raphael Lafargue/ABACAPRESS.COM
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Fin janvier, la droite a le moral dans les chaussettes. Après un remaniement gouvernemental qui lui a coûté Rachida Dati, la dernière vedette des Républicains, le parti d'Éric Ciotti s'est fait censurer tous ses ajouts au projet de loi immigration par le Conseil constitutionnel. Le Rassemblement national, lui, pavoise. En décidant au dernier moment de soutenir le texte lors du vote ultime à l'Assemblée, Marine Le Pen a mis la pagaille en Macronie et éclipsé - au moins en partie - les travaux de LR.
Il faut donc se relever, et vite. François-Xavier Bellamy, tête de liste pour les élections européennes, en discute alors avec Bruno Retailleau, patron du groupe Les Républicains au Sénat. Les deux hommes sont proches. « Il ne faut pas qu'on reste scotchés », dit en substance le premier, évoquant le besoin d'exploiter, encore, le filon migratoire. Le référendum d'initiative partagée (RIP) est l'une des options pour y parvenir ; celui lancé par Reconquête en novembre a été un flop total, autant se réapproprier l'initiative. Le RN n'en a cure. « Le RIP, ça sert juste à récupérer les adresses mail, c'est une escroquerie, raille Marine Le Pen en petit comité. Les LR n'arriveront jamais à recueillir les signatures. »
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À défaut d'y parvenir, ses dirigeants ont hâte de franchir l'étape intermédiaire d'avril. C'est là qu'est prévue la date butoir où le Conseil constitutionnel - organe qualifié d'« idéologique » par Laurent Wauquiez - doit se prononcer sur la validité du texte des parlementaires de droite. Convaincus que la proposition de loi référendaire respecte bien les critères de l'article 11 de la Constitution, ils savent qu'ensuite la récolte des 4,7 millions de paraphes citoyens sera très difficile. Malgré tout, aux yeux de François-Xavier Bellamy, ce sera à la fois un fait de campagne et un levier de mobilisation militante jusqu'au scrutin du 9 juin.
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