Autonomie de la Corse : le FLNC reprend du service et savonne la planche
Jean-Marc Rafaelli
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Gilles Simeoni et Emmanuel Macron lors du déplacement en Corse du chef de l'Etat il y a 10 jours.
Reuters
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Gilles Simeoni et Emmanuel Macron lors du déplacement en Corse du chef de l'Etat il y a 10 jours.
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Le processus engagé avec Emmanuel Macron pour doter la Corse d'un statut d'autonomie a des bâtons (de dynamite) dans les roues. Le FLNC, qui avait déposé les armes en 2014 après 40 ans de lutte armée et quelque 10.000 attentats à son tableau noir, a repris du service. Il vient de revendiquer vingt-sept plasticages perpétrés dans la nuit du 8 octobre disséminés sur tout le territoire insulaire et dirigés contre des cibles choisies pour frapper les esprits : des résidences secondaires, des logements locatifs en construction (en partie accessibles à la défiscalisation) et une agence immobilière. Une riposte explosive au refus de l'État de satisfaire une parmi les revendications phares des nationalistes : l'instauration d'un « statut de résident » pour n'autoriser l'acquisition d'un bien qu'au terme de cinq années de résidence alors que, selon l'Insee, la Corse est la région métropolitaine qui affiche le plus fort taux de croissance démographique, de l'ordre de 1,1 % par an. Un phénomène à rapprocher de la vague spéculative exponentielle qui fait flamber les prix du foncier et de l'immobilier au détriment des Corses, notamment des jeunes, qui ont toutes les peines du monde à se loger.
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Bien sûr, la population rejette en bloc la violence clandestine, mais il n'en demeure pas moins que dans l'imaginaire collectif insulaire le FLNC a été un rempart contre la bétonisation du littoral et que les bombes ont été plus efficaces que les contrôles de la légalité de l'État ou les recours devant le tribunal administratif de Bastia, détenteur du record national du nombre de litiges en matière d'urbanisme. En même temps, cette série d'attentats post-visite présidentielle peut se concevoir comme un énième rapport de force face à un Président de la République qui, dans son discours à l'Assemblée de Corse le 28 septembre dernier, n'a pas accédé aux deux grandes revendications originelles des nationalistes : la reconnaissance du Peuple corse et l'officialisation de la langue corse. En quelque sorte, la « nuit bleue » contre les « lignes rouges ».
Jean-Marc Rafaelli