En Corse, Emmanuel Macron en tenue « girondine »
Jean-Marc Rafaelli
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Emmanuel Macron parlera autonomie mercredi matin devant l'Assemblée de Corse réunie en session extraordinaire.
STEPHANIE LECOCQ
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Emmanuel Macron parlera autonomie mercredi matin devant l'Assemblée de Corse réunie en session extraordinaire.
STEPHANIE LECOCQ
À ce jour, l'autonomie est à la Corse ce que le « Pacte girondin » est à Emmanuel Macron : une fiction fantasmée. La visite du Président de la République dans l'île mercredi et jeudi pourrait changer la donne sans pour autant la bouleverser car on imagine mal que la réalité puisse dépasser la fiction. Pourtant, le candidat à la présidentielle de 2017 avait fait de ce pacte le credo de sa campagne pour insuffler à la décentralisation un élan qu'elle n'a pas connu depuis 40 ans et l'avènement de François Mitterrand au pouvoir grâce auquel la Corse avait été dotée de son premier statut particulier dit « Defferre ».
Le 24 février dernier, au beau milieu du processus de dialogue, poussif et chaotique, entre les élus de la Corse et Gérald Darmanin, dûment mandaté par l'Élysée pour débroussailler le chemin censé mener à l'autonomie, Emmanuel Macron avait fait irruption Place Beauvau. Une intrusion inattendue mais appréciée de la délégation insulaire car le Président avait confirmé sa volonté d'inscrire la Corse dans la Constitution dans la perspective de la grande réforme des institutions qu'il espère, après déjà deux tentatives avortées, obtenir du Parlement réuni en Congrès à Versailles avant la fin de l'année 2024. La Corse bénéficierait ainsi d'une fenêtre de tir dans cette opération d'envergure de dépoussiérage institutionnel : participation citoyenne accrue, dévolution de nouveaux pouvoirs aux collectivités territoriales, dose de proportionnelle dans la désignation des députés, retour au cumul des mandats voire du septennat...
En Corse, l'autonomie n'est plus un sujet tabou. La large adhésion de la population a été confirmée par les urnes : lors du dernier scrutin régional, il y a deux ans, deux Corses sur trois ont voté pour une liste nationaliste tout en mettant un terme à la présence des indépendantistes à l'Assemblée de Corse. L'Association des Régions de France soutient la démarche. La droite et la majorité présidentielle consentent aussi au statut d'autonomie, à l'instar de Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale et figure de proue de l'opposition à Gilles Simeoni. Mais ce dernier n'a pas de blanc-seing. Même si les plus progressistes des conservateurs reconnaissent que toutes les îles de Méditerranée sont autonomes, ils mettent des garde-fous. Une ligne rouge. Gérald Darmanin l'avait tracée à l'orée des négociations : « Pas question de créer deux catégories de citoyens dans un même pays. »
Jean-Marc Rafaelli
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