Fruit emblématique du territoire, la châtaigne corse en convalescence
Jean-Marc Rafaelli
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En Corse, le châtaignier est un arbre culturel, hiératique, immémorial.
Reuters
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En Corse, le châtaignier est un arbre culturel, hiératique, immémorial.
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En Corse, le châtaignier est un arbre culturel, hiératique, immémorial. Au fil des siècles et des innombrables épisodes d'invasions, de conflits et de famine, c'était l'arbre nourricier, l'arbre à pain, grâce auquel on ne mourrait pas de faim. À une époque pas si lointaine, l'isolement des villages de montagne seulement desservis par des sentiers muletiers, faisait de la châtaigne la base de la nourriture quotidienne et un objet de troc dans la logique d'une vie autarcique.
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Les recettes traditionnelles, sucrées et salées très prisées en période de fêtes autour de la cheminée, ont mieux traversé les générations que les vergers castanéicoles. La Grande Guerre, l'exode rural des années soixante et les maladies qui ont prospéré avec la désertification des terres, ont tari cette source ancestrale de l'économie paysanne. Des 40.000 hectares de châtaigneraies qui cernaient les maisons de lauze d'une pèlerine ocre en automne, il ne reste que quelques milliers épars d'arbres abimés. Le châtaigner corse, caressé par les vents frondeurs du régionalisme, a toujours constitué un marqueur identitaire. Sa renaissance, sacralisée en 2006 avec l'obtention du label AOP, est stoppée net par l'arrivée du Cynips quatre ans plus tard, un insecte exterminateur venu de Chine qui commet des ravages irréversibles. La production de farine de châtaigne chute de 110 tonnes à 16 tonnes en l'espace de quelques années...
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