LA VILLE ET LE FLEUVE (3/5). La startup strasbourgeoise ULS, spécialisée dans le transport de marchandises, combine un pré-acheminement fluvial et une livraison à vélo. Une démarche en accord avec la volonté de la capitale alsacienne, qui redouble d'efforts pour limiter l'accès des véhicules thermiques dans son centre historique, renouant ainsi avec sa tradition ancestrale de la logistique fluviale.Tout a débuté en novembre 2020 avec une controverse inattendue sur les réseaux sociaux. Urban Logistic Solutions (ULS) avait remporté l'appel à projets des Voies navigables de France pour l'exploitation d'une base logistique située sur les quais de l'Ill, en plein centre de Strasbourg. Cette jeune entreprise locale, qui a mis au point une offre sur le fret urbain combiné en bateau et en vélo, assurait le transport de pavés destinés à un chantier de rénovation en centre ville. « On nous a accusés d'esclavagisme parce que nos livreurs tractaient derrière leurs vélos électriques des remorques de 180 kilos », se souvient Thomas Castan, fondateur d'ULS.
La solution apparaissait inédite, mais efficace. La polémique s'est effacée et la startup s'est rapidement développée : Avec 250.000 colis livrés, le pari de la logistique fluviale, associée à un service de livraison sur le dernier kilomètre à deux roues (avec une remorque), s'est avéré pertinent. « Les grandes villes veulent reconquérir leurs voies d'eau. En même temps, elles demandent des solutions industrielles et intégrées pour leur logistique », observe Thomas Castan.
25 minutes de bateau, douze minutes à vélo
Après trois ans et demi d'activité, le modèle d'ULS est rodé. Le groupage des colis s'effectue dans un entrepôt de 20.000 mètres carrés situé dans la zone d'activités du Port du Rhin, en périphérie de Strasbourg. Les colis sont triés et expédiés par lots, dans des caisses transportées par bateau. La barge (112 tonnes) propulsée au gaz liquide effectue en 25 minutes le trajet sur cinq kilomètres jusqu'au centre-ville.