"En privatisant les TER, nous allons économiser entre 15 % et 30 % par rapport à la SNCF" Jean Rottner, président de la région Grand-Est

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Selon Jean Rottner, avec la concurrence, les coûts d'investissement seront mieux maîtrisés et les lignes entretenues régulièrement, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec la SNCF.
Selon Jean Rottner, "avec la concurrence, les coûts d'investissement seront mieux maîtrisés et les lignes entretenues régulièrement, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec la SNCF". (Crédits : Stadler/Région Grand-Est)
Le marché du transport ferroviaire des voyageurs est désormais ouvert à la concurrence. Le Grand-Est fait partie des premières régions où des opérateurs alternatifs à la SNCF viendront, dès 2022, exploiter des TER. Jean Rottner, président (LR) du Conseil régional, dresse la liste des enjeux de cette privatisation.

LA TRIBUNE - La région Grand-Est va lancer en mars 2020 ses appels d'offres pour la mise en concurrence de plusieurs lignes TER. Etes-vous prêt ?

JEAN ROTTNER - Les appels d'offres vont être lancés à la date prévue. Nous attendrons les retours des plis fin 2020 pour une mise en place de la concurrence en 2022. Deux lignes régionales ont été retenues dès le printemps 2019 pour cette ouverture. Elles présentent des caractéristiques singulières. Vittel-Nancy est fermée depuis 2016. Nous allons la rouvrir sur un modèle de concurrence complètement intégrée : le matériel roulant, l'infrastructure et le personnel seront concernés. L'autre ligne, entre Épinal et Saint-Dié, est fermée depuis fin 2018. Emmanuel Macron s'est personnellement engagé pour sa réouverture. Le coût prévisionnel initial des travaux sur l'infrastructure se situait entre 30 millions et 35 millions d'euros, dont 12 millions d'euros à investir par la région. Finalement, on descend à 20 millions d'euros de travaux. Sur cette ligne, l'infrastructure restera la propriété de la SNCF.

Quel est le problème avec cette ligne ?

On sent qu'il y a encore des freins quand nous demandons à la SNCF d'ouvrir ses livres pour connaître l'état véritable des infrastructures. Épinal-Saint-Dié est intéressante parce qu'elle représente un lien direct à maintenir entre l'Alsace et la Lorraine, au-delà de son tunnel vosgien que nous avons déjà rénové. Il est important que l'embranchement entre Épinal et Strasbourg puisse se faire correctement, avec des enjeux de transport scolaire et des déplacements dans les bassins d'emploi traversés.

Quels seront vos critères pour le choix des soumissionnaires ? Quelles seront vos attentes sociales, techniques et de rentabilité ?

Nous allons obtenir des coûts de fonctionnement en baisse entre 15 et 30 % par rapport à la situation existante avec la SNCF. Nous y avons déjà travaillé par le passé avec Guillaume Pépy, l'ancien président de la SNCF, et mis en place un système de boîtes à idées, un vrai travail collaboratif. On peut envisager sur certaines lignes du matériel plus léger, des formes d'infrastructure différentes, renoncer éventuellement au ballast au profit d'une plateforme béton. C'est exactement ce que nous recherchons sur Vittel-Nancy. Il existe des industriels capables de nous proposer de telles solutions techniques.

Les collectivités et l'État ne seraient-ils plus en mesure de financer de tels travaux, seuls ?

Toutes nos lignes classées 7-9 par l'UIC, l'Union internationales des Chemins de Fer, sont potentiellement menacées. Elles présentent le trafic le plus faible, mais représentent entre 800 millions d'euros et 1 milliard d'euros de travaux à réaliser ! L'État n'est plus en mesure d'assumer. Sur ces lignes fragilisées, notre Région a déjà avancé la part de l'État pour un montant de 10 millions d'euros.

Lire aussi : TER et ouverture à la concurrence : ce qu'en attend la Région Sud

Comment entendez-vous gérer les aspects sociaux et les craintes des cheminots par rapport à ces privatisations ?

Nous écoutons les cheminots. Il faudra travailler avec eux. J'ai abordé le sujet avec Élisabeth Borne à l'époque où elle était ministre en charge des Transports. Pour l'instant, c'est compliqué. Quand on est cheminot, on peut être un jour conducteur en région et se retrouver le lendemain affecté sur un train en région parisienne. Les statuts doivent être respectés, mais les cheminots devraient pouvoir effectuer des aller-retours entre une ligne ouverte à la concurrence et une ligne SNCF. Ce modèle reste à inventer.

Lire aussi : En pleine grève SNCF, la région PACA vote l'ouverture à la concurrence des TER

Quel message politique pensez-vous faire passer avec cette vague d'ouvertures à la concurrence ?

Sans l'ouverture à la concurrence, la région n'aurait jamais réinvesti pour renouveler la ligne Épinal-Saint-Dié. Nous sommes l'une des seules régions de France à rouvrir des voies qui étaient fermées. Nous avons obligation de le faire. C'est de l'aménagement du territoire, un signe extrêmement fort vers les territoires ruraux. Avec la concurrence, les coûts d'investissement seront mieux maîtrisés et les lignes entretenues régulièrement, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec la SNCF.

Des opérateurs britanniques et asiatiques ont fait état de leur intérêt pour les lignes TER en France. Que penseriez-vous, en tant qu'homme politique français, si un groupe asiatique venait soumissionner sur des lignes du Grand-Est ?

Nous ne sommes pas leur marché prioritaire. Il y a suffisamment de groupes européens qui s'intéressent à nous. J'aurais vis-à-vis d'une entreprise asiatique quelques hésitations. Quoique les TGV japonais fonctionnent particulièrement bien... Mais ce ne serait pas mon premier choix.

Lire aussi : Concurrence ferroviaire : des entreprises déjà prêtes à défier la SNCF sur les TER

Qu'avez-vous appris de l'expérience britannique de privatisation des chemins de fer ?

Ce n'est pas forcément la meilleure. Je préfère me tourner vers l'Allemagne, qui a prouvé sa capacité de faire. À travers le fédéralisme, les entreprises ferroviaires allemandes répondent différemment à cette question de l'ouverture à la concurrence. Je n'ai pas de souci avec eux. Il y a déjà un intérêt, plus que des touches avec notre collectivité.

La demande de transport est forte sur les lignes transfrontalières. Les opérateurs des pays voisins sont intéressés par la France. Pourquoi les dessertes franco-allemandes ne sont-elles pas présentes dans votre premier appel d'offres ?

La convention TER actuelle ne nous permet pas de dépasser 10 % du réseau en ouverture à la concurrence. Avec ces lignes transfrontalières, on dépasserait ce seuil. L'étape suivante arrivera en 2023. Nous travaillons déjà localement avec la Rhénanie-Palatinat sur le débouché au-delà de Lauterbourg et Wissembourg, avec la Sarre et le Bade-Wurtemberg. Ce qui nous intéresse, c'est de faire vivre ou revivre des lignes franco-allemandes depuis Strasbourg vers Karlsruhe, depuis Metz vers Trèves ou Sarrebruck, ou entre Mulhouse et Mullheim. Pour y parvenir, la Région achète 30 trains Régiolis pour 375 millions d'euros. Nous les louons aux Allemands à hauteur de la densité de trains qui rouleront chez eux et du nombre de kilomètres parcourus sur 30 ans. C'est un bon accord qui permet en plus de soutenir Alstom, présent chez nous à Reichshoffen. Dans le creux de la vague de cet industriel local, on a répondu à une attente forte.

Lire aussi : Coup dur pour Alstom, la SNCF choisit l'espagnol CAF pour ses trains intercités

Et le Luxembourg, avec ses flux croissants de travailleurs frontaliers à transporter depuis la Lorraine ?

Le Luxembourg n'est pas concerné pour l'instant. Des trains de 150 mètres de long viennent d'être achetés, pouvant embarquer plus de 1.000 personnes. On est à un cadencement toutes les 10 minutes et on va passer à toutes les 6 minutes. L'objectif est de passer à un fonctionnement de type RER. On agrandit les quais. Il y a la nécessité d'une troisième voie au niveau de Bettembourg, un étranglement. Je m'en suis entretenu avec Xavier Bettel, le premier ministre luxembourgeois.

La mise en place de la gratuité des transports en commun au Luxembourg aura-t-elle un impact sur votre région ?

La gratuité des transports, c'est un coût de 5 millions d'euros pour le Luxembourg. Chez nous, la gratuité n'est pas imaginable. Si on l'offrait dans les trains régionaux en provenance du Luxembourg, il faudrait l'offrir partout. Le compte TER Grand-Est s'établit actuellement à 430 millions d'euros. Avec la gratuité, on monterait à 600 millions d'euros en perdant la TVA. Cela nous coûterait donc 800 millions d'euros, une somme insupportable sur un budget de 3,2 milliards d'euros.

Propos recueillis par Olivier Mirguet.

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ZOOM

Protection sociale, finances : les inquiétudes des syndicats

Les syndicats locaux de cheminots observent d'un œil circonspect le projet de mise en concurrence de l'exploitation des dessertes ferroviaires dans leur région.

« Il est regrettable que le Grand Est se soit orienté aussi vite vers cette mise en concurrence, alors que notre région surclasse les autres en termes de qualité de service et de régularité », estime Régis Hoffmann, secrétaire général de la CFDT-Cheminots du Grand Est.

« En l'absence de convention collective ferroviaire, nous sommes inquiets pour les conditions de travail sur ces lignes ouvertes à la concurrence. Comment des opérateurs alternatifs tels que Keolis, Transdev ou les filiales de la Deutsche Bahn seraient-ils capables d'offrir aux cheminots ce que la SNCF n'est plus en mesure de faire en France ? », poursuit-il.

La CFDT déplore que la Région offre « une pépite » à la concurrence : l'axe Strasbourg-Molsheim, l'un des mieux desservis en Alsace avec près de 25 allers-retours quotidiens, « a fait l'objet d'investissements massifs et d'efforts de productivité de la part de la SNCF ».

À la CGT, on fustige « l'étranglement financier des Régions » qui ne seraient plus en mesure de payer pour la régénération des réseaux. « Les étrangers n'interviendront que sur des lignes rentables », prévient Mazouz Benlazeri, secrétaire régional de la CGT des cheminots à Strasbourg.

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Commentaires
a écrit le 02/01/2020 à 13:33 :
Dans tous les cas , ils devrais y avoir moins de greve , mais les opérateurs devrons de méfier des pouvoirs de nuisance , dès certain syndicatiste ...
a écrit le 26/12/2019 à 3:19 :
Citation "En privatisant les TER, nous allons économiser entre 15 % et 30 % par rapport à la SNCF"
On en reparlera après 2022 ! Véolia et consors on prétendu la même chose avec le Fret sncf il y a quelques années, ils ont bien vite déchanté, et arrêté cette expèrience!
a écrit le 24/12/2019 à 18:06 :
Perso, je m’en fous, je ne prends jamais le train, et particulièrement les TER.
Mais si on privatise la région grand est....
Réponse de le 25/12/2019 à 20:07 :
Merci. Votre commentaire est aussi utile que le mien. Nous avons tous les 2 des choses beaucoup plus intéressantes à faire dans la vie que cela. Faisons le :)
a écrit le 24/12/2019 à 15:49 :
Si le "prix de vente" était un problème pour les entreprises et leurs clients, ce n'est pas à des entreprises que nous achéterions tous nos produits (alimentation, vêtements, électro-ménager, véhicules, etc...) mais à des services publics. L'expérience de tous les jours montre que l'entreprise est plus performante que le secteur public... Même quand elle gère des services publics. Il faut que le secteur public arrête de la ramener au-dessus de ses moyens...
Réponse de le 25/12/2019 à 15:33 :
@Britannicus
"L'expérience de tous les jours montre que l'entreprise est plus performante que le secteur public". C'est complètement faux. Le premier contre-exemple qui me vient c'est France Télécom (4ème opérateur mondial à l'époque, même dans le top10 aujourd'hui).
Et on pourrait citer la privatisation du rail en Angleterre, ou la gestion de l'eau en France par les compagnies privées.
Mais quand on est idéologue, on s'arrange vite avec la réalité hein...
Réponse de le 26/12/2019 à 8:51 :
@Ingenieur : France Telecom, vous voulez parler de cette administration qui a tout fait pour freiner le développement d'internet pour tenter de faire durer la rente de la technologie obsolète du minitel ? Rappelons aussi qu'elle n'a lancé que très tardivement le triple play par rapport à Free par exemple... Ce n'est pas difficile d'être dans un top 10 quand on opère en situation de monopole sur un marché captif, et que de ce fait on peut rançonner ses clients. Moi je trouve que l'ouverture à la concurrence des télécoms a été une excellente chose en France. Et France Telecom-Orange ne s'en sort pas mal du tout.
a écrit le 24/12/2019 à 12:33 :
2 commentaires: pour avoir pris les trains anglais entre Birmingham et Crew je confirme, c'est une catastrophe. Train tres tres vieux et aucun respect des horaires. On arrive quand on peut. En allemagne, la privatisation s'est accompagnée d'un cahier des charges très strict et une subvention de 8% aux opérateurs privés pour leur garantir une rentabilité. La privatisation continue de couter aux citoyens. Ne pas oublier qu'un Vinci Veolia demandent un retour sur investissement de 20 % dans les appels d'offres. Cela se paie. Le bon modèle ferroviaire est la Suisse. Incroyable et sans privatisation.
Réponse de le 26/12/2019 à 8:42 :
Donc un bon modèle ferroviaire c'est un modèle ferroviaire avec un budget énorme (180 euros par habitant et par an en France contre 500 en Suisse)
a écrit le 24/12/2019 à 11:29 :
@bruno-hd : vous êtes un troll néolibéral ou pro-gvt non ?

Sinon c'est assez inquiétant.

Sur l'article, il prend l'exemple des trains allemands quand on lui parle de l'exemple Britannique.... Sauf que la France actuelle est bien plus proche de l'Angleterre néoolibérale que de la gestion prudente et germano-centrée de nos amis d'outre-rhin... Donc la privatisation conduira a des valises de cash, un abandon des infrastructures et un manque de contrôle des opérateurs à coup sur, soit in fine la meme chose que les autoroutes et le train britannique.
Et qd bien meme, ce Monsieur n'a sans doute jamais essayé de traverser l'Allemagne en train, notre système ferroviaire est bien meilleur, et c'est pour cela que des gens se battent...
Réponse de le 24/12/2019 à 13:02 :
bien meilleur ?
Une fois sur 2, j'ai un pb. La faute à pas de chance me direz-vous.
Réponse de le 24/12/2019 à 18:00 :
@Kwel

Bruno a tout fait RPR,UMP, maintenant LREM mais encore avec quelques doutes pour lui ,cela ne va pas assez loin encore un peu trop gauchiste le Macron.Je pense que c'est un retraité aujourd'hui ,mais il ne veut pas l'avouer.Il sévissait déjà sur le site de Libé en 2009, à l'époque ou l'on pouvait se créer des avatars avec un système de commentaires plus simple qu'aujourd'hui, je voyais déjà son pseudo à l'époque ,ce qu'on peut dire c'est qu'il ne change pas d'avis avec le temps. .
Réponse de le 24/12/2019 à 22:49 :
Commentaires de propagandiste...toujours la même soupe et toujours le même spectre pour alimenter la peur...mais pour eclairer votre lanterne...votre ancien monde c est fini. C est juste une question de temps....les lignes vont toutes etre ouvertes aux secteur privè...avec des belles lignes automatisées pour les metros (quand on voit l etat deplorable par ailleurs de ce service ignoble comparé à n importe quel autre metro au monde) ..alors arretez de coter tjrs l angleterre (le cas le plus defavorable pour defendre votre modele d un ancien monde exsangue qui coute une blinde aux contribuables avec ses deficits abyssaux (qui n existe que parce que les contribuables financent ces sociétés en faillites), qui alimentent tjrs plus la dette du pays. Essayez de voir un peu plus loin et de mettre les choses en perpectives ...??? L immense majorité des pays le secteur du transport est libéralisé Monsieur!! Mais en France il y a encore une generation de camarades qui s accrochent au collectivisme d etat avec pour corollaire 1 actif sur 4 dans la fonction publique, une dette publique de 57,8% du PIB, mais visiblement c est pas assez ...critique aux regards de certains bolchevique
Réponse de le 26/12/2019 à 8:58 :
Troll néo-libéral ? Non, libéral assumé, oui. Et désolé qu'il n'existe pas et n'ait jamais existé de véritable offre politique libérale en France, à des degrés divers tous les partis politiques en France sont économiquement interventionnistes. C'est ce qui explique certainement notre mauvaise santé économique chronique.
Réponse de le 26/12/2019 à 9:01 :
@lachose : quelle mémoire... quant à Libé, ils ont résolu le problème en ...supprimant les commentaires, faute de moyens pour les modérer sans doute.
a écrit le 24/12/2019 à 11:09 :
Qu'est ce qu'on va faire de tous les employés SNCF inoccupés lorsqu'il y aura concurrence?
a écrit le 24/12/2019 à 10:21 :
A propose de privatisation des lignes TER, la vantardise ***courte vue*** de Jean Rottner, président de la région Grand-Est, trouvera ses limites ;

Les opérateurs feront comme pour les autoroutes, des hausses injustifiées des prix des trajets,

de surcroit l'entretien des réseaux est défaillant depuis plus de 15 ans années et bien entendu, les risques d'accidents mortels iront croissants ;
Réponse de le 24/12/2019 à 11:11 :
La concession des autoroutes a été mal gérée, c'est un fait. A croire qu'il y ait eu de la corruption.
Le transport aérien est accessible au plus grand nombre sans qu'il y ait besoin de subventionner à 80% les trajets comme pour le train.
Le coût des communications cellulaires sont autrement plus abordables en France que dans les pays anglo-saxons.
Tant qu'il y aura un régulateur public, nous devrions être bénéficiaires.
a écrit le 24/12/2019 à 9:38 :
La concurrence arrive et le pouvoir de nuisance de la CGT va prendre fin.
Enfin!
a écrit le 24/12/2019 à 9:27 :
Le terme de "privatisation" est utilisé à tort dans tout l'article. Il y a longtemps en efet que la responsabilité des lignes ferroviaires d'intérêt régional (TER) a été transférée de l'Etat aux régions. Et elle y restera, c'est elles qui assureront le déficit vraisemblable. La seule nouveauté est que le prestataire qui "conduira les trains" pour le compte de la région ne sera désormais plus obligatoirement la SNCF, mais sera choisi parmi les soumissionnaires qualifiés sur la base du meilleur rapport qualité/prix. On sait que la SNCF, forte de son monopole, a "chargé la barque" pendant des décennies, réclamant des sommes ahurissantes, qui ne firent que tuer les petites lignes.
a écrit le 24/12/2019 à 9:19 :
"Avec la concurrence, les coûts d'investissement seront mieux maîtrisés et les lignes entretenues régulièrement"...Sauf que ni l'entretien des lignes ni les investissements d'infrastructure ne sont concernés par l'ouverture à la concurrence. Pire l'exemple du fret, (qui lui est ouvert à la concurrence) montre que les exploitants privés se moquent complètement de la pérennité du réseau : les dépassements de charge par essieu sont devenus la règle.
Idem pour sa réponse sur la nationalité des prétendants à l'exploitation : les règles sont claires qui empêchent de retoquer une offre sur des critères de préférence nationale !
a écrit le 24/12/2019 à 9:12 :
En tant que citoyen-contribuable qui ne prend jamais le train, je vois cette ouverture à la concurrence d'un très bon oeil. Le concept de solidarité nationale ne m'est pas étranger, et je suis parfaitement d'accord pour financer des services publics de qualité et qui servent à tous (écoles, crèches, hôpitaux etc). A cet égard, je suis parfaitement solidaire des professionels de santé et de leur mouvement de protestation: ils ont souvent des métiers très difficiles, des horaires très pénibles, ils se dépatouillent comme ils peuvent avec des moyens tjs plus limités. Et ils font grève EN TRAVAILLANT, juste avec un brassard "en grève" sur le bras. Ils méritent notre admiration, et nous serons tous amenés à les côtoyer tôt ou tard.

En revanche, je ne trouve pas normal de financer des billets de train pour mes conitoyens qui l'utilisent. Et je trouve encore moins normal de financer des régimes spéciaux déficitaires totalement anachroniques, et d'avoir des grèves à répétition comme tout remerciement. Grèves qui impactent y compris ceux qui n'utilisent pas le train. Vivement donc que l'ouverture à la concurrence se généralise. Les utilisateurs vont apprendre à payer le vrai prix de leurs déplacements (mais ils auront sans doute des trains à l'heure et pas de grèves), et les conducteurs aux conditions du privé vont indirectement mettre la pression sur leurs collègues de la SNCF avec leur efficacité, leurs conditions du privé, et leur efficacité.
Réponse de le 24/12/2019 à 10:15 :
tout a fait d'accord. en fait je n'ai pas de voiture et j'en ai assez de payer l'entretien des routes. heureusement il y a les autoroutes, c'est un bon debut et il faut encourager ces initiatives. il est question de faire passer les nationales au prive quand on voit l'etat des routes aujourd'hui. je n'ai pas d'enfants non plus et la aussi, il serait temps que chacun prenne en charge ses depenses. le systeme des creches/ecoles/universites aux USA montre que ca marche bien et franchement je ne vois pas pourquoi je paierai pour ces gens. c'est un choix de vie. enfin c'est comme la retraite: mes parents sont morts et ils ne devaient rien a personne et aujourd'hui je devrais payer pour des etrangers qui n'ont pas ete capable d'economiser. la solidarite a bon dos parfois. alors oui, il faut en finir avec ce monopole digne d'un temps avant le Mur.
Réponse de le 24/12/2019 à 18:08 :
Et moi j’en ai marre de payer l’hôpital, je suis jamais malade.
Réponse de le 25/12/2019 à 10:35 :
Ego, je vous suis a 100%. j'economise au maximum pour que si un jour je dois aller dans une clinique privee, je puisse me payer une operation du type cancer et sa chimio par exemple. je dois me renseigner sur les tarifs. je suis epileptique et par deux fois je me suis reveille aux urgences. j'economise pour ca aussi. inversement, si demain j'ai un cancer lie a la pollution atmospherique, moi je trouve qu'il serait normal que j'intente un proces aux automobilistes et camioneurs. c'est eux qui polluent ou bien les agriculteurs parce qu'avec tous les pesticides... a eux de payer ma chimio.


"moi, JE" aime bien ce monde ou c'est chacun pour soi, ou je suis le responsable de ma vie, ou je suis en marche seul. j'aime bien lorsqu'on pousse un peu la reflexion et cette demagogie un peu plus loin que "c'est pas normal...". avec un peu de novlangue, tout passe. joyeux noel et pensez aux couts de vos futurs cancer. j'y pense, moi.
a écrit le 24/12/2019 à 7:19 :
Quelques erreurs de la part de ce politicien...
"L'État n'est plus en mesure d'assumer." : l'Etat peut assumer le coût de rénovation ! Il a bien assumé sa construction... C'est juste que la priorité est à l'austérité toute allemande ! Et il faut voir l'état des infrastructures Outre-Rhin...
Et il faut voir aussi ce que l'on nous soutire de l'UE pour financer les Croates, Polonais etc. au détriment de nos investissements...
"Je préfère me tourner vers l'Allemagne, qui a prouvé sa capacité de faire." : vous râlez des retards à répétition en France ? Alors ne prenez jamais le train TER en Allemagne !
Vous savez que vous allez partir et arriver mais vous ne savez pas à quelle heure... une catastrophe totale. La privatisation n'y a rien apporté de bon, comme au Royaume-Uni.

En gros, notre système est très bon mais ne fonctionne pas parce qu'il est sous-alimenté en argent. On vous dit que ça ne fonctionne plus et qu'il faut le changer parce que vous voyez bien que ça ne fonctionne plus. Alors on vous le privatise... et vous allez voir vos tarifs bondir de 30% tous les ans. Mais les allemands sont intelligents eux puisqu'ils ont déjà fait ce choix. Amen. Youpi tralala !!
Réponse de le 24/12/2019 à 8:36 :
" Il a bien assumé sa construction..." Ben non, c'est des sociétés privées qui ont construit le réseau. Et d'ailleurs j'ai retrouvé dans des vieux guides touristiques du début du XXè siècle des cartes du réseau de l'époque, où il apparait qu'à part les LGV bien sûr, l'essentiel du réseau actuel existait déjà (et était en fait bien plus dense et desservait bien plus d'endroits).
Réponse de le 24/12/2019 à 11:19 :
L'achat des trains et la gestion du traffic étaient du ressort du privé, par délégation.
La construction des lignes, des gares était largement financé par l'Etat et, comme aujourd'hui, il y avait des obligations de dessertes sinon nombre de lignes peu rentables auraient été fermées dès le 19ème siècle. Les compagnies privées payaient les concessions à l'Etat.
Réponse de le 25/12/2019 à 17:21 :
@Bruno_bd : selon votre second commentaire l'Etat a bien "largement financé"... je ne vois alors pas pourquoi le "ben non" du premier commentaire ;)
a écrit le 23/12/2019 à 23:02 :
Ne nous trompons pas de combat, la mise en concurrence et la destruction de la SNCF sont la conséquence directe de notre appartenance à l’Union européenne.

De nombreuses grèves sont à prévoir et tous les commentateurs habituels de la vie politique feront comme si cette réforme était une surprise et provenait de la seule volonté d’Emmanuel Macron. On va même nous dire que cela vient du rapport Spinetta qui n’est que la mise en scène médiatique pour le grand public. C’est se moquer du monde puisque c’est un long processus gravé dans le marbre par les traités européens et qui a été directement lancé depuis au moins 1991 par de nombreuses directives européennes.

Nous tâcherons ici d’expliquer les origines de cette mise en concurrence qui est la conséquence directe et inéluctable de notre appartenance à l’Union européenne (UE). Il y a deux grands volets explicatifs : les traités européens et les directives européennes.
La mise en concurrence des services publics et de la SNCF est gravée dans le marbre par les traités européens (articles 106 et 121 du TFUE)

Tous les Français informés grâce à l’Union populaire républicaine (UPR) savent que la libéralisation de l’ensemble des services publics est consubstantielle à notre appartenance à l’UE puisqu’elle est gravée dans le marbre par les traités européens qui ne peuvent se changer qu’à l’unanimité, sous l’empire de l’article 48 du traité sur l’Union européenne (TUE). Disons d’emblée que tous ceux qui vous proposent une autre Europe prennent par conséquent les Français pour des imbéciles. En l’occurrence, l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) impose de facto la mise en concurrence de tous nos services publics..

Et comme d' habitude on fait miroiter les avantages d' exploitation à bas coûts et on se réveille avec au mieux des pannes voire des trains "déraillés".
Les anglais avec B Johnson notre brexiteur en chef qui doit nous inspirer s' empressent quant à eux de remettre une grande ligne au public..
Réponse de le 24/12/2019 à 8:47 :
Oui oui, on sait, les invasions de sauterelles, les épidémies de grippe et de gastro-entérite sont aussi la conséquence directe de notre appartenance à l'Union européenne. Quant au Royaume-Uni, il est un peu présomptueux d'anticiper ce qui peut s'y produire, moi je suis persuadé que l'appauvrissement général que le brexit va provoquer (sauf si BoJo opte pour un simili-brexit... après tout c'est surtout un expert en enfumage) empêchera tout projet d'envergure. N'oubliez jamais que si le Royaume-Uni s'est finalement résigné à adhérer à l'UE, c'est parce que son économie était à la ramasse pour cause de délitement des relations économiques avec le Commonwealth. Si les constructeurs japonais (Nissan, Toyota, Honda) ont installé des usines au Royaume-Uni, c'est parce que ça leur ouvrait les portes du marché européen. Idem, si Tata, le géant indien, a investi dans Jaguar et Land Rover. Franchement, j'ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas quel avantage économique le Royaume-Uni peut tirer du Brexit. Ni même en termes de souveraineté si c'est pour devenir un satellite des Etats Unis façon Porto Rico.
a écrit le 23/12/2019 à 19:24 :
je ne vois pas comment un opérateur pourrait proposer des prix inférieurs de 15 à 30%?
Sauf à brader les salaires ce qui provoquera forcement des difficultés de recrutement. Avec un statut soit disant mirobolant la SNCF a déjà des difficultés à recruter des conducteurs. Et tout dépend du niveau de service qui sera demandé par la région.
Le réseau restant la propriété de la SNCF, la région devra payer des péages pour l'utiliser. Comme pour la SNCF actuellement, la région devra financer le matériel roulant. Au final quel sera la rentabilité dégagée par ces lignes? J'espère qu'ils ont fait de bonnes études de marché. Mais au vu du manque de compétence dans le transport ferroviaire dans les régions, j'ai un doute. Si ces deux lignes sont tombées en désuétude c'est que la rentabilité ne devait pas être terrible.
Mais ce monsieur dit également un certain nombre de contre-vérités. "Quand on est cheminot, on peut être un jour conducteur en région et se retrouver le lendemain affecté sur un train en région parisienne" C'est faux. Un conducteur est embauché dans une région (s'il veut en changer il doit demander une mutation) et il est affecté à une activité, TER, FRET, TGV etc... dans un dépôt.
Réponse de le 24/12/2019 à 8:51 :
"Sauf à brader les salaires"... ou en n'ayant pas à financer le très coûteux régime spécial, peut-être ? Quant aux conducteurs, je pense que les opérateurs recruteront par priorité des ex-conducteurs SNCF en cumul emploi-retraite qui connaissent le job et qui, partis à 52 ans, peuvent encore travailler une quinzaine d'années.
a écrit le 23/12/2019 à 18:08 :
Pour moi, c'est une fausse solution. D'abord parce que ce qui coûte le plus cher, c'est l'entretien des rails. C'est comme avec la privatisation du gaz et de l'électricité : Ça n'a strictement rien apporté au consommateur. Certains services ne sont pas fait pour être privatisés.
Réponse de le 24/12/2019 à 8:55 :
Pour le gaz les opérateurs alternatifs ont quand même des tarifs de marché moins élevés que le tarif administré... même si du fait des taxes faramineuses ça se ressent assez peu sur la facture finale. Quant à l'électricité, c'est vrai que l'intérêt est limité... mais uniquement parce qu'EDF arrive à produire à prix imbattable grâce au parc nucléaire.

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