Coup dur pour Alstom, la SNCF choisit l'espagnol CAF pour ses trains intercités

Photo d'illustration
Jean-Paul Pelissier

Photo d'illustration
Jean-Paul Pelissier
La décision de la SNCF va faire du bruit. Ce mercredi 18 septembre, la société ferroviaire a annoncé avoir choisi le constructeur ferroviaire espagnol Construcciónes y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) pour fournir 28 nouveaux trains destinés aux lignes Intercités Paris-Toulouse et Paris-Clermont, pour un montant de 800 millions d'euros.
L'enjeu va bien au-delà de ces 28 rames. Avec les 75 rames en option, ce sont plus de 100 trains qui sont en jeu. Un jackpot qui va passer sous le nez d'Alstom. La décision menace l'usine alsacienne de Reichschoffen et ses plus de 800 salariés, le site d'Alstom qui a le moins de visibilité aujourd'hui avec une production assurée jusqu'en 2021-2022. Comme l'avait déclaré il y a 10 jours La Tribune Henri Poupart-Lafarge, cette commande représentait 10 ans de production pour Reichschoffen.
En effet, après le fort renouvellement du parc de trains régionaux ces dernières années, Reichshoffen ne peut pas espérer de grosses commandes dans ce segment de marché pour compenser la perte du marché des trains intercités.
Alstom avait proposé deux options, une avec une plateforme classique, l'autre avec une plateforme TGV.
Le choix de la SNCF n'est pas une surprise. Mi-août, la lettre spécialisée Mobilettre avait éventé l'information. Face à ce scénario, les syndicats d'Alstom avaient alerté Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique qui chapeaute les transports.
À lire également
Les premiers trains de CAF doivent entrer en service en 2023, pour remplacer progressivement les vieux trains Corail. Elles pourront rouler jusqu'à 200 km/h "et proposeront un haut niveau de confort et d'équipement: sièges ergonomiques, accès autonome pour toutes les personnes à mobilité réduite depuis les quais et à l'intérieur du train, wifi, prises et ports USB, espaces pour dix vélos, espace logistique pour une restauration ambulante de qualité", a expliqué la SNCF. La commande doit permettre la création de quelque 250 emplois sur le site de Bagnères-de-Bigorre que possède CAF depuis 2008, selon la SNCF.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer