Tandis que le gouvernement planche sur le financement des mobilités, les élus lorrains tentent le forcing pour obtenir l'aménagement sur 115 kilomètres d'une autoroute qui délesterait l'A31 existante entre Nancy et la frontière luxembourgeoise. Encouragés par le ministre des Transports Philippe Tabarot, ils refusent de jeter l'éponge.
L'autoroute A31 bis verra-t-elle le jour ? Trente ans après le lancement des premières études, aucun engin de chantier n'a été mobilisé pour construire cette infrastructure destinée à faciliter la mobilité, depuis la Lorraine, en direction de la frontière luxembourgeoise, de la Belgique et des Pays-Bas.
Avec 106.000 véhicules par jour sur son tronçon le plus chargé, à hauteur de Metz, l'A31 actuelle (Nancy-Metz-Thionville) est considérée comme un axe majeur pour les déplacements routiers dans le sillon mosellan. Portée à saturation, cette autoroute non concédée est limitée par son infrastructure insuffisante (deux fois deux voies) pour absorber le flux de poids lourds internationaux (10 à 11 % du trafic).
L'autoroute actuelle congestionnée
« L'actuelle A31, artère vitale pour les plus de 120 000 travailleurs frontaliers quotidiens et corridor européen majeur pour le fret, est structurellement saturée et vieillissante. Les conséquences directes sont nombreuses : embouteillages quotidiens, accidents fréquents et un réseau secondaire également congestionné », résume Belkhir Belhaddad, député (non inscrit, apparenté Ensemble !) de la Moselle.
Sur 115 kilomètres, le projet A31 Bis a été présenté par l'État comme « l'artère centrale de l'armature urbaine de la région Grand Est », entre le péage de Gye au sud de Toul (Meurthe-et-Moselle) et la frontière luxembourgeoise. L'itinéraire esquissé lors des débats publics et des concertations menées en 2014, en 2018 et en 2022 a été découpé en trois tronçons. Une section serait créée ex nihilo au sud. Le tronçon central existant (A31) entre Nancy et Metz serait optimisé avec une mise à trois voies. La traversée de Thionville (Moselle) serait facilitée, sur la partie la plus saturée de l'autoroute existante, par la création d'un contournement.
Pendant que le gouvernement s'interroge à Bercy sur le financement des mobilités, dans la conférence interministérielle « Ambition France Transports » sur les infrastructures routières, ferroviaires et fluviales, les élus lorrains exercent la pression pour faire aboutir l'A31 bis. Le budget prévisionnel s'établit entre 1,4 milliard d'euros et 1,9 milliard d'euros, selon les estimations établies par l'État en 2018.
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