Le Grand Paris a du mal à tenir ses promesses
César Armand
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Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy
Sipa
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Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy
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« Vos successeurs n'ont pas été au rendez-vous ! Ils ont réduit le Grand Paris à une strate administrative supplémentaire et à un grand métro certes indispensable mais qui
accumule les surcoûts et les retards. » Le 3 mai dernier, sous le sceau du dixième anniversaire du Grand Paris, la présidente du conseil régional d'Île-de-France Valérie Pécresse, qui rêve matin, midi et soir de supprimer la métropole du Grand Paris, interpelle son invité d'honneur : Nicolas Sarkozy. En réponse, ce dernier s'amuse de la situation : « Vous voyez la force du Grand Paris ? Même mon successeur n'a pas réussi à le défaire ! »
Certes avec la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), François Hollande a fait naître la métropole du Grand Paris en 2016, une institution de plus entre les départements et le conseil régional, mais en matière de gouvernance, l'actuel locataire de l'Élysée n'a pas non plus pris cet écueil à bras-le- corps. Pourtant, peu après son élection, Emmanuel Macron promettait de « simplifier
drastiquement les structures ». Devant le Sénat le 17 juillet 2017, il déclarait en effet que « l'idée du Grand Paris mérite mieux que ce que nous en avons collectivement fait ! » Force est de constater que deux ans se sont écoulés et que... le problème n'a toujours pas été résolu. Et pourtant, il continue d'annoncer qu'il va s'exprimer sur le sujet. Le 24 mai dernier, devant les architectes lauréats du Pritzker Price, il a promis d'y revenir « dans quelques semaines », en sortant « des débats institutionnels sans issue ».
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Quant au super-métro, nier « les surcoûts et les retards » évoqués par Valérie Pécresse
serait de la mauvaise foi. Il y a dix ans, le coût estimé s'élevait à 20 milliards d'euros, alors qu'actuellement, le chiffre de 35 milliards est avancé. Au minimum... La Société du Grand Paris, l'établissement public d'État chargé de construire le Grand Paris Express, bénéficie de prêts de la Banque européenne d'investissement et de la Caisse des dépôts, et reçoit bon an mal an 500 millions de recettes fiscales, sous forme de taxes payées par les entreprises et les contribuables franciliens, sans compter les nouvelles taxes votées fin 2018. Aujourd'hui comme il y a dix ans, Nicolas Sarkozy considère, pour sa part, que la question du coût est « mal posée » : « L'augmentation de la fréquentation des transports en commun mieux adaptés générera des rentrées supplémentaires et diminuera considérablement le coût de la pollution générée par le trafic automobile. »
César Armand