Campagne printanière à Mortagne-au-Perche
Mathilde Giard
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La maison du parc du Perche et son manoir du XVe (à droite).
© LTD / David Commenchal/CDT 61
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La maison du parc du Perche et son manoir du XVe (à droite).
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Peut-être son marché sera-t-il l'un des 24 lauréats annoncés dans le journal de 13 heures de TF1 de demain ? Mortagne-au-Perche, dans l'Orne, fait partie des communes sélectionnées pour représenter la Basse-Normandie au concours du plus beau marché. La carte postale de son centre-ville couvert d'étals le samedi matin donne des envies de week-end au vert : une place en pente douce bordée par une église gothique, des terrasses où les habitués ont plaisir à se retrouver autour d'un verre de vin, des produits du terroir à foison...
Émeline Aubry, finaliste des championnats du monde de pâté en croûte, y vend ses créations à base de porc de Bayeux, Rolls-Royce des races rustiques. Le nec plus ultra de la charcuterie, au prix d'environ 15 euros la tranche. « Je les travaille comme un mendiant au chocolat, avec des fruits secs et des pistaches », vante-t-elle. Son prochain défi : le trophée du meilleur boudin noir, spécialité de cette bourgade de 4 000 habitants qui assume sa ruralité décomplexée.
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Cheveux châtains coupés court et regard vif, cette quadra fait partie des « accourus », ainsi que l'on surnomme les citadins attirés par cette campagne normande à deux heures de la capitale, devenue un repaire chic. « Ma résidence secondaire est désormais ma maison principale », confirme-t-elle. Dans l'une des petites rues piétonnes, « un antiquaire et une photographe dans le Perche », tel qu'écrit sur leur devanture, présentent leurs derniers trésors : une commode japonaise et des natures mortes évoquant des tableaux de Chardin. « L'ambiance a changé en trente ans : aujourd'hui, ce territoire pétillé de culture, bon terreau pour les artistes entre concerts et expositions », apprécient Sylvain Cheriau et Carol Descordes, anciens Parisiens fascinés par les ciels changeants de leur fief d'adoption sous influence océanique, la mer n'étant pas si loin.
Mathilde Giard